Top 5 des rattrapages séries 2013 de whisperintherain

Top 5 des rattrapages séries 2013 de whisperintherain

Oyez, oyez, après la contribution de décembre de notre camarade Guillaume Nicolas, c’est au tour de whisperintherain (@MrRainWhisper sur twitter) du blog Whispertoascreen d’être notre invité du mois au Daily Mars. Sériephile trentenaire, il rêve depuis 18 ans de se marier avec Julianna Margulies. Si vous ne feuilletez que nos pages, vous le connaissez pourtant déjà puisqu’il est un des membres actifs du podcast « Rien à voir » partagé chez nous depuis son lancement. whisper a décidé de nous faire partager ses découvertes 2013 en terme de rattrapage.

Par whisperintherain

Si comme moi, vous êtes plutôt du genre à vous éparpiller en papillonnant de série en série, vous avez forcément dû en laisser certaines de côté sur le bord de la route au fil des saisons, en vous disant que vous finiriez bien par trouver le temps un jour ou l’autre de vous y replonger. Les années passent, les coffrets DVD s’accumulent sur vos étagères et les fichiers s’entassent sur vos disques durs à tel point que vous finissez par vous retrouver dans le rôle du Lapin Blanc serinant « Je suis en retard, je suis en retard, je suis en retard » alors que certaines séries pourtant chères à votre cœur d’artichaut sériephile ferment boutique, que vos acteurs de prédilection changent de crèmerie et que le long chemin vers le Pays des Merveilles voit fleurir de plus en plus de spoilers concernant les œuvres qui ne vous ont pas attendu pour suivre leur parcours, comme tant d’obstacles dans votre course contre le temps.

Et puis arrivent enfin ces moments de grâce (généralement en janvier de chaque année, à l’instant propice des bonnes résolutions) où vous vous octroyez le luxe de faire du ménage dans votre planning surchargé en décidant de laisser choir pour de bon des nouveautés qui n’ont pas su vous convaincre et se présente alors à vous l’occasion rêvée de retourner vers d’anciennes amours ou d’enfin jeter un œil à ces séries dont on vous a dit le plus grand bien mais que vous aviez fini par ranger dans la catégorie « peut-être sur mon lit de mort, si j’ai le temps » devant l’improbabilité grandissante que vous puissiez vous pencher sur leur cas dans cette vie.

Mon année 2013 fut donc jalonnée de retours en arrière et de découvertes tardives. Avant d’enchaîner sur le programme 2014, je vous propose donc de découvrir ci-dessous les séances de rattrapage les plus marquantes de l’année écoulée.

1. PARKS AND RECREATION – Saisons 3 à 5

Je suis plutôt porté de manière générale vers les séries dramatiques, mais la joyeuse bande de Leslie Knope a ensoleillé mon mois d’août. En pleine trêve estivale, je cherchais une comédie qui pourrait succéder à Modern Family, Community et Raising Hope qui s’étaient chargées de me divertir pendant les périodes creuses de 2012. J’avais déjà entamé le visionnage de Parks and Recreation, mais les 2 premières saisons, sans pour autant me déplaire, ne m’avaient pas rendu particulièrement fan de tout ce petit monde. Et soudain, le coup de génie : exit le terne Mark Brendanawicz, objet inexpliqué du désir de Leslie et entrée en piste d’un duo de choc, Ben Wyatt et Chris Traeger, qui parviennent à s’imposer en contrepoids efficaces aux personnages de Leslie et de Ron Swanson, relançant ainsi à mes yeux à la fois la dynamique du groupe et l’intérêt de la série. Le chassé-croisé amoureux entre Leslie et Ben achèvera de me conquérir et de me rallier à la cause de cette comédie délicieusement loufoque et profondément attachante.

 

2. FRIDAY NIGHT LIGHTS – Saison 1

C’est bien simple, il s’agit de mon coup de cœur dramatique de l’année ! Et pourtant, que j’ai eu du mal à m’y mettre ! Prompt au mal de mer, j’avais au fil des années déjà tenté le visionnage du pilote à plusieurs reprises, mais sa réalisation me donnait irrémédiablement le tournis et je l’interrompais de ce fait systématiquement avant d’être parvenu au bout. Je ne sais pas si je me suis endurci en 2013, mais ma détermination à voir cette série tant appréciée de la communauté sériephile aura porté ses fruits ! Je me suis finalement fait assez rapidement à cette réalisation, véritable marque de fabrique d’une série rare, dont j’ai eu tôt fait de m’attacher aux personnages, pour la simple raison qu’ils sont remarquablement tridimensionnels. Ce que j’entends par là, c’est qu’on apprend au fil des épisodes à les accepter tels qu’ils sont, avec leurs qualités et leurs défauts parce qu’il flotte dans l’air de Dillon un entêtant parfum d’authenticité.

Personne n’est tout à fait blanc ou noir et le maître mot est l’empathie parce qu’on comprend les motivations de chacun et que la série refuse de nous laisser porter des jugements à l’emporte-pièce sur leurs actions les plus répréhensibles. L’infidélité de Lyla ou l’utilisation des stéroïdes par Smash nous les auraient probablement rendus antipathiques dans une série plus manichéenne, mais Friday Night Lights a l’intelligence de laisser ses personnages s’égarer pour mieux apprendre de leurs erreurs et aller de l’avant. La finesse de l’écriture et la qualité de l’interprétation – mêlant visages familiers (ah, Connie Britton !), nouvelles têtes et acteurs locaux – m’ont clairement conquis et il me tarde d’ores et déjà de me plonger dans la suite !

 

3. EVERWOOD – Saison 2

Everwood et moi, c’est l’histoire d’un amour contrarié par des forces externes. Après une diffusion déplorable de la première saison uniquement par France 2 et d’à peine un petit peu plus par France 3 (on a eu le droit au premier de la saison 2 en cadeau bonus avant déprogrammation…), l’édition DVD (en zone 1 uniquement) au ralenti ne m’a pas franchement aidé à rester à jour. Ajoutez à cela le temps de faire un peu de tri dans mes visionnages, et me voici visionnant la saison 2 près d’une décennie après la première (que j’ai revue entretemps, quand même, hein, faut pas déconner !). Une saison qui n’a de cesse de rappeler que The WB était une chaîne capable du meilleur comme du pire (il n’y a pas à chercher bien loin, dans sa grille, Everwood était associée à cette abomination suprême de l’histoire de la télévision moderne qu’est à mes yeux 7 à la maison).

Greg Berlanti et son équipe de scénaristes parviennent à viser juste avec cette saison qui s’ouvre par une tragédie et explore un angle souvent négligé par les productions dont le public visé est majoritairement adolescent : la dépression nerveuse d’Amy, conséquence directe d’un travail de deuil qu’elle ne parvient à faire m’a tenu en haleine et accessoirement permis de réaffirmer le potentiel dramatique d’Emily VanCamp, malheureusement moins bien exploité ces temps-ci dans Revenge. Outre les émois amoureux d’Ephram avec la jolie Madison, je retiendrai aussi particulièrement l’émouvante composition de Marcia Cross dans le rôle de Linda Abbott, sœur expatriée d’Harold qui pose ses valises dans le village le temps d’une romance avec Andy compliquée par sa séropositivité.

 

4. UGLY BETTY – Saison 1

Le coup classique du rendez-vous manqué. Quand Ugly Betty débarqua sur les écrans américains en 2006, précédée par les échos positifs sur la telenovela dont elle est adaptée, je n’étais pas en mesure de commencer à la suivre. J’avais bien la ferme intention de la tester tôt ou tard, mais voilà, d’autres séries sont passées avant, vous connaissez le refrain… Bref, c’est un peu par un heureux hasard que j’ai enfin découvert la série en 2013. Une erreur d’article sur une commande passée en ligne précisément, qui a fait que je me suis retrouvé avec la quatrième saison de la série en lieu et place de ce que j’avais commandé. J’aurais pu demander l’échange, mais j’ai décidé de prendre ça comme un signe du destin et une fois l’article que je voulais à la base acquis chez un autre vendeur (non parce que, j’ai eu du bol d’avoir Ugly Betty, aussi bien je me serais retrouvé avec Gossip Girl ou Dieu sait quelle horreur, donc j’ai changé de fournisseur), j’ai fait l’acquisition des trois premières saisons pour mon anniversaire qui approchait, et hop ! Me voilà parti à la découverte de l’univers impitoyable, géométrique et coloré de Mode.

Ce qui m’a le plus agréablement surpris dans la série, que je pensais à la base plus proche de la comédie pure, ce sont ses aspects dramatiques. Le coup de maître de cette première saison à mon humble avis, c’est d’être parvenu à la fois à épouser et à contourner les codes de la telenovela (entre autres grâce à ces quelques scènes particulièrement réussies qui parodient et rendent hommage au genre à la fois) pour trouver son équilibre entre humour et émotion. Les acteurs sont au diapason, d’America Ferrera, que j’espère vite retrouver dans un rôle de premier plan (et de préférence dans autre chose que le SœurThérèse.com à la sauce américaine en cours de développement) à Vanessa Williams, hilarante en harpie avide de pouvoir, en passant par Judith Light, que c’est toujours un plaisir de retrouver.

 

5. X FILES : AUX FRONTIERES DU RÉEL – Saison 1

Oh ça va hein, inutile de nier, je vous vois faire les yeux ronds dans le fond ! Quoi ? Moi, un adolescent des années 90, je n’avais pas encore vu X Files ? Eh bien, si je viens vous en parler, c’est que cette grossière erreur est désormais réparée ! Bon alors, je sais, vous allez me demander comment c’est possible. Tout simplement, dans mes jeunes années, non seulement, je n’étais pas particulièrement porté sur les genres fantastique et SF mais en plus, j’avais déjà et j’ai d’ailleurs toujours une forte prédilection pour le feuilletonnant, ce qui n’était pas, aux débuts tout du moins, l’une des composantes les plus fortes de la série. Ajoutez à cela mon aversion quasi-systématique pour tout ce qui jouit d’une popularité surdimensionnée en un temps record, et il était plus ou moins garanti que si je venais à regarder la série un jour, ce ne serait pas pendant mon adolescence.

Et puis, en 2013, X Files a eu vingt ans et j’ai décidé qu’il était peut-être enfin temps que j’approfondisse un peu la question au-delà des deux ou trois épisodes que j’avais subis lors de soirées chez des inconditionnels. Si la série figure dans ce top, vous vous doutez bien que c’est parce que l’expérience a fonctionné. Pas forcément à 100% car il y a un peu trop de stand-alone à mon goût pour le moment, mais j’ai trouvé la saison rondement menée et le fait que le season finale s’achève de la même façon que le pilote très bien pensé. La progression de Mulder et Scully vers la vérité s’annonce longue et laborieuse, mais le duo fonctionne bien et certains épisodes sont particulièrement réussis, notamment les deux huis-clos où l’on peut voir des visages devenus familiers depuis tels que Felicity Huffman, Xander Berkeley, Jason Beghe ou Titus Welliver ou encore le sublime épisode avec Brad Dourif dans lequel Scully perd son père et est troublée par un condamné à mort qui prétend pouvoir communiquer avec les défunts (c’est autre chose que cette dinde de Jennifer Love Hewitt, je vous le dis tout de suite).

 

Voilà ce à quoi a ressemblé en partie mon année 2013, en espérant que 2014 soit aussi riche en découvertes et en bonnes surprises. Bonne année et bons rattrapages à tous !

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