Top des fins d’animés les plus réussies (Battle !)

Top des fins d’animés les plus réussies (Battle !)

En parallèle de la semaine dernière, où le Daily Mars vous proposait sa vision des fins d’animés les plus ratées, on vous propose cette fois-çi son pendant inverse avec les fins les plus sublimes et les plus abouties auxquelles vos serviteurs aient pu assister. Une battle ultra amical, car les séries de l’un comme de l’autre méritent toutes leur place selon nous, mais comme on ne pouvait se résoudre à mettre les mêmes, le choix fut plus large que prévu!

 

Le top de Mathieu

 

samurai-champloo5 – Samurai Champloo

En mélangeant culture hip-hop et chambara, Shinichiro Watanabe a eu une idée assez tarée et a réussi à la mener à bien de A à Z. Après un paquet d’épisodes hallucinants, drôles et presque cultes, la quête de Fuu, Jin et Mugen touche à sa fin. Leur recherche du samouraï qui sent le tournesol trouve une magnifique conclusion à la fois contemplative et lyrique. En totale cohérence avec le reste de la série, elle parvient malgré tout à nous surprendre. Jin a droit à son combat final contre Kariya, dit «La Main de Dieu» et là encore, on reste ébahis par la maîtrise tant sur la forme que sur le fond. Bref, c’est riche, épique, émouvant et complètement réussi!

 

Paranoia_Agent4 – Paranoïa Agent

Treize petits épisodes totalement schizophrènes pour un titre très dense et absolument incroyable! Satoshi Kon oblige, la série traite de la mince frontière entre réalité et rêve et celle-ci finit par totalement disparaître dans les derniers épisodes de Paranoïa Agent. Ici encore, le final est parfaitement cohérent même si pour le coup, il est plutôt radical et comme toujours, déroutant. Les personnages se laissent totalement déborder par leurs pensées qui se matérialisent et la série se termine dans une orgie de surréalisme. Cette fin rappelle d’ailleurs celle du film que le réalisateur sortira par la suite, le très onirique Paprika. Il est d’ailleurs difficile de dissocier ses différents travaux, tant ils rentrent dans une thématique commune et complémentaire. En tout cas, les derniers épisodes de Paranoïa Agent sont renversants et en tout points remarquables.

 

Serial_Experiments_Lain_DVD_vol_13 – Serial Experiment Lain

Comment ne pas parler de la petite bombe cybernético-onirique de la fin des 90’s?! Cette série prouve une nouvelle fois que les plus courtes sont les meilleures et pour les animes, apparemment le nombre treize porte bonheur. Du début à la fin de Lain, on se trouve dans une situation inconfortable et plus on traverse les «layers» (nom donné aux épisodes), plus le trouble grandit. Entre introspection (à la Evangelion), trip sci-fi 2,0 et questionnement théologique, le final de Serial Experiment Lain balance un discours jusqu’au-boutiste en érigeant les nouvelles technologies comme un prolongement de l’évolution humaine. Mais ce qui surprend, c’est surtout le discours beaucoup plus humaniste et altruiste qui surgit en sous-texte. Au milieu des écrans, des câbles et des OS, sommeille un cœur qui bat.

 

Cowboy-Bebop-42 – Cowboy Bebop

Doit-on vraiment présenter Cowboy Bebop?! Derrière ce mash-up entre science-fiction et western, on retrouve une nouvelle fois l’inépuisable Shinichiro Watanabe, pour sa première série. Autant les aventures de Spike, Jet et compagnie ont pu être assez légères, voir loufoques, autant la fin de la série ne rigole plus vraiment. Le passé de Spike refait surface et ses démons finissent par le rattraper. Son ultime face-à-face avec son ancien compagnon d’arme, Vicious est mis en scène avec une réelle maestria et le sort de Spike restera un très grand moment de la japanimation. En optant pour une fin fermée, Watanabe clôture sa série avec une grande classe. A la fois minimaliste, crépusculaire et tellement évocatrice, la dernière image du dernier épisode restera longtemps dans les esprits! See you, space cowboy…

 

3176461-code-geass-lelouch-as-zero-anime-34428535-1680-10501 – Code Geass

Avec Code Geass, le studio Sunrise signe l’un des meilleurs animes des années 2000. Cinquante épisodes sur deux saisons très denses, remplies de nombreux personnages qui aboutissent à un final ambitieux, flamboyant et parfaitement maîtrisé. Déjà, la fin de la première saison est d’une incroyable efficacité à travers son excitant cliffhanger (Lelouch vs Suzaku) mais rien ne nous prépare à une telle conclusion. Lelouch, personnage totalement fascinant, a toujours eu une longueur d’avance sur tout les éléments et le prouve une ultime fois. Le spectateur est pris aux tripes et est carrément emporter par la mise en scène. La musique accompagne magnifiquement ce dénouement tellement baroque dans sa démarche. La fin de Code Geass fait encore parler d’elle aujourd’hui et ce n’est pas pour rien…!

 

 

Le top de Pierre-Alexandre

 

5 -Tengen Toppa Gurren lagann

gurrenlagann-3Un anime puissant et fulgurant comme il y en a peu que l’on rencontre, Tengen Toppa Gurren Laggan est de ceux là! Ne daignant pas s’alourdir d’une thématique lourde ou de double sens, il n’a pour volonté que de raconter une très bonne histoire, ne serait que de s’appuyer sur un modus operandi extrêmement simple : « Vouloir, c’est pouvoir! » Et croyez moi, de la volonté puissamment orchestrée, il y en a à revendre dans chaque combat auquel on assiste, suintant, coulant, explosant par tous les pores dans l’un des meilleurs genres de ce que le Nekketsu peut vous offrir !
Vous n’aimez pas les mecha? Pas grave. Le nouvel univers de la Gainax saura vous convaincre, dynamitant les clichés les plus usités pour servir le récit au travers d’une drôlerie, parfois espiègle, parfois totalement dingue, sachant aussi servir de la gravité franche et nécessaire là où on le l’attend pas, en témoigne l’une des morts les plus marquantes dans la japanimation avec la disparition du génial Kamina.
Gurren Lagann, c’est avant tout une œuvre spectaculaire, dantesque, qui confine au firmament dans son final gargantuesque et généreux, hyper shonen dans son extrême, à l’échelle de la toute puissance d’une galaxie sous fond de Rap-Opéra! Rien que ça! Raw Raw Fight The Power !!!

 

 

 

4 – FullMetal Alchemist Brotherhood

Fmab-posterLa première itération de FMA, même si elle avait été une franche réussite (basé sur uniquement sept mangas, un véritable tour de force pour 51 épisodes!), avait laissé une majorité de spectateurs sur un sentiment en demi-teinte avec une fin très ouverte sur les destin des frères Elric. Et ce n’était pas le médiocre scénario du film conclusif Conqueror of Shamballa qui permit de rattraper l’ensemble. Heureusement, une fois le que le manga fut quasiment terminé, une autre série fut lancée pour coller totalement au travail de son auteur ! Et quelle série ! Difficile de rester de marbre devant la qualité globale de cette nouvelle version, tant un travail de haute volée absolument magnifique fut effectué à nouveau sur le travail de Harakawa (L’évolution du design des personnages au fur et à mesure de la série est à ce sujet absolument fabuleuse). Mais surtout, quel point final absolument épique et intelligent fut apporté sur sa conclusion! Tout en finesse, l’anime nous mène vers la fin de l’épopée fraternel de nos deux alchimistes, finalement rapiécé corps et âme pour moins l’un d’entre eux, en respectant le principe d’équivalence dans sa forme la plus stricte et la plus radicale qu’il soit…avec le sacrifice définitif de la capacité d’Edward à utiliser l’alchimie! Une idée absolument géniale, formidablement bien pensée, dans lequel le dernier soupçon d’arrogance du fullmetal alchemist disparaît dès lors, lui permettant en sauvant son frère, de mûrir définitivement en déclarant sa flamme à Winry et de commencer un nouveau voyage en solitaire en tant que simple être humain. Une narration exemplaire, certes dont le travail de base doit beaucoup au manga bien entendu, mais quand on voit le nombre d’adaptations moyennes ou ratés qui existent à l’heure actuelle, on ne peut que se réjouir qu’une telle plus-value de qualité pour sa base de papier lui rende tellement justice, et, osons le dire, la transcendant même avec une mise en scène de si haute volée dans sa conclusion.

3 – Fushigi no Umi no Nadia

covernadiaEn accouchant d’une création une fois de plus indispensable dans le monde de l’animation, (et ce, derrière Honneamise et Gunbuster s’il vous plait !), le studio Gainax marque d’une pierre blanche et absolument définitive son territoire grâce à une autre manière de raconter les histoires. Humaniste, universelle, poignante, drôle, et parfois terrifiante, Nadia cache sous ses relents sympathique de récit aventureux une narration intelligente à plus d’un titre, abordant des thèmes parfois rudes avec maestria et maturité. Oui vraiment, que le voyage fut beau et passionnant en compagnie de Jean, Attila, et l’équipage du Nautilus, tout autant que fut rayonnante sa très belle conclusion nous montrant le futur de la petite fille atlante et ses compagnons, tous devenus adultes, formant couple et famille chacun de leur côté . Et découvrir la joviale petite Marie devenue femme et futur maman avec à son bras le génial personnage de Caiüs finit de vous émerveiller avec une petite larme sur un très bel ending qui prend tout sens lors de ce dernier plan et de son avion en papier. Un bel et grand animé, capable de nous emmener loin dans le fictionnel et de vous ramener tout aussi vite à la réalité. Une œuvre majeure tout simplement !

 

2- Neon Genesis Evangelion

A l’instar de l’excellent Cowboy Bebop présenté par mon confrère Mathieu, doit-on encore présenter la série totalement culte de Gainax ? Après presque deux décennies, l’anime culte de Hideaki Anno est et reste encore une œuvre riche, novatrice dont les moments de grâce et la perfection du cast technique la confine dans les meilleures du genre.

Encore et toujours sujet à la controverse, en particulier sur son absence totale de réponses, en tout cas Neon.Genesis.Evangelion.full_.1353773à première vue, son double épisode final est pourtant un modèle du genre. Ne se concentrant que sur la partie introspective de ses protagonistes, Hideaki Anno nous livre ici une expérience cathartique absolue, forte et infiniment remuante, nous livrant après coup à tous les questionnements et à tous les débats possibles et imaginables.

Au travers du prisme du spectateur, témoin jusqu’ici des pensées et des désirs de chacun à ce qui s’apparenterait à une introduction fastueuse de près de 24 épisodes, nous découvrons alors le « moi » véritable de tout à chacun des protagonistes majeurs, présenté devant nous comme des présumés coupables et qui doivent répondre de leurs actes. Le plan de complémentarité a dès lors commencé : Shinji prend conscience que si les autres le déteste, c’est tout d’abord parce qu’il se déteste avant tout. Il dépasse alors sa peur la plus profonde qui est en fait d’être rejeté par les autres et apprend alors à s’accepter lui-même et ce faisant, accepte les autres. Il découvre qu’une autre réalité lui est possible et qu’il peut ainsi créer l’univers qu’il désire en sortant de son enfermement volontaire. La « chrysalide » dans laquelle il se réfugiait en permanence se brise alors, ses proches apparaissent et sont rassemblés devant lui et le félicitent tour à tour, dans une émotion palpable et très touchante de voir enfin le jeune garçon prendre enfin son destin en main.

Qu’on la haïsse ou qu’on l’adore, en optant pour une fin aussi osée et diamétralement opposé au reste de l’oeuvre, Evangelion ne peut laisser de marbre et continue d’alimenter toujours et encore des débats enflammés! Par la richesse de sa thématique, son pied de nez formel et scénaristique dans l’animation mainstream et sa réflexion extrêmement poussée, la plus emblématique des œuvres de la Gainax peut se targuer d’être l’un des piliers de l’animation japonaise encore aujourd’hui. Encore bravo monsieur Anno !

 

1 -L’autre monde – « Moi qui suit là maintenant »

78536b9f7b10156e6a18502a7a89fb46S’il y a bien un anime et un seul qui devrait être réhabilité parmi une production de la japanimation toujours plus pregnante, c’est bel et bien L’autre monde. Shû, un jeune garçon de notre terre est propulsé dans un monde inconnu avec pour décor un monde en guerre et va tenter d’y survivre tout en essayant de sauver une mystérieuse jeune fille.

Postulat de départ simple me direz vous mais ne vous y fiez pas une seule seconde! La série, sous des airs faussement shonen, raconte de manière tristement original ce que la guerre peut produire de pire en son sein, au travers de protagonistes qui seront… des enfants. En effet, majoritairement, toute l’intrigue sera du point de vue d’enfants, enlevés de leurs villages, jeté en pâture au beau milieu d’un conflit qu’ils ne comprennent pas, utilisés comme soldats et tuant d’autres enfants ou tout simplement réduit en esclavage ou prisonniers.

Oui, découvrir L’autre monde ,c’est assister à un morçeau d’animation rare, où le superficiel et les effets de manche n’ont plus leur place, cédant à un traitement sans aucun fard ni à aucune narration cherchant l’épate ou le spectaculaire d’une quelconque façon. On ne peut nier que la cruauté sous ses multiples formes est bel et bien présente, cependant, elle n’est jamais gratuite mais ne sera jamais non plus édulcorée ou simplifiée. Car on ne sort pas indemne de L’autre monde. On transpose inévitablement, on pose un autre regard sur ce que l’on croit comprendre être l’horreur de la guerre et si, et seulement si on en accepte toutefois l’expérience, alors on en ressort forcément secoué, scandalisé et même horrifié. Nul intérêt de vous raconter la fin mais même si elle est teintée d’espoir, L’autre monde, insidieusement, presque sournoisement, aura d’ici là, fait un échange avec vous, celui de vous apporter en peu de temps ce vous croyiez comprendre depuis longtemps. Il est une gifle de rappel pour tout ce qui s’est passé et tout ce qui passe encore à l’heure actuelle, un hommage vibrant sur l’enfance sacrifiée, une œuvre magistrale et essentielle pour peu qui voudra se donner la peine d’en faire le voyage. On en ressort avec un nœud au ventre, complètement sur le carreau mais avec la satisfaction d’avoir assisté à l’une des plus belles merveilles que l’animation puisse produire. Un bijou, un chef d’œuvre. Rien de moins.

 

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