Top des fins de mangas les plus réussies (Battle!)

Top des fins de mangas les plus réussies (Battle!)

Après un top des fins de mangas les plus ratées, la rédaction du Daily Mars se rattrape aujourd’hui avec un choix plus cornélien, celui des fins de mangas les plus réussies!

 

Le top de Pierre-Alexandre Chouraqui

(Aucune oeuvre présentée ci dessous ne révèle la fin! Top garanti 100% sans spoilers donc!)

5 -Vitamine

vitamine-paniniL‘ijime, la martyrisation d’adolescents par d’autres adolescents, véritable fléau au pays du soleil levant, tel est le sujet de ce one-shot très fort en émotion où l’on suit le personnage de Sawako, qui va se retrouver dans une situation dramatique et violente au contact de ses pairs. Le système scolaire et le corps professoral fermant les yeux sur les brimades de la jeune fille, elle devra, quasiment seule contre tous, trouver la force et la volonté de s’en sortir par elle-même dans une superbe conclusion toute en apothéose. Une belle leçon d’opiniâtreté et de vie que je vous convie à lire sans plus tarder.

Ps : Ne ne vous fiez pas à la couverture peu flatteuse, elle ne reflète absolument en rien la qualité graphique de l’oeuvre.

 

 

 

mad-world-1-soleil4 -Mad world « Inner Voices »

Mad World, c’est d’abord une série de nouvelles dont les travaux de son auteur, Otsuichi, sont totalement inédits en France. Grâce au format manga, une injustice est désormais réparée avec la découverte de son travail au travers d’une adaptation de trois de ses récits, dont la thématique  se concentre sur  le mal-être des adolescents et leur difficultés pour s’en sortir . Mais dans le cas de ce top, nous nous intéresserons uniquement au premier tome de la trilogie, intitulé  « Inner Voices« , où l’on fait connaissance de  Aihara, jeune fille timide et renfermée, ayant peu ou pas d’occasion de communiquer avec les autres. C’est aussi la seule adolescente de son école ne possédant pas de portable pour des raisons identiques : personne ne l’appellerait et elle même, n’a personne à appeler. Pourtant, toutes comme les collégiennes de son âge, elle s’imagine à quoi le téléphone ressemblerait si elle pouvait l’obtenir : son apparence, sa couleur, ses fonctions…jusqu’à le visualiser parfaitement et en permanence! Plus surprenant, au delà l’aspect purement visuel, le téléphone se met un jour à sonner… et il y a quelqu’un au bout du fil! Coup de folie, schizophrénie latente ou bien s’agit-il d’autre chose? La direction de Inner Voices si elle nous semble rocambolesque de prime abord,  construit avec douceur et intelligence son récit, distillant tranquillement une narration diffuse dont la trés belle et mélancolique conclusion saura vous émouvoir. Une perle éthérée que vous devez lire sans tarder!

 

 

Bitter-Virgin-ki-oon-13 -Bitter Virgin

A l’instar de Vitamine, la couverture et le titre de Bitter Virgin n’engage pas vraiment à l’intérêt immédiat. Ce serait pourtant une énorme gageure que d’en faire l’impasse! Une jeune fille lourdement traumatisée –dont les causes ne seront pas révélées ici afin que vous en découvriez toute la portée- se voit aider par le Don Juan de son école qui découvre son terrifiant secret après un quiproquo. D’un attachement sincère auprès elle, le jeune garçon frivole va commencer à se rapprocher d’elle. Mais n’est ce pas trop tard pour tous les deux?… Postulat de départ à priori classique s’il en est, il est important de resituer Bitter Virgin grâce à son traitement absolument sans fard et sans concessions. Le manga de Kusunoki Kei raconte sans détours un récit âpre, jamais misérabiliste, dont les thèmes difficiles à aborder, sont non seulement jamais édulcorés mais en plus, toujours traité avec une très grande pudeur. Sa fin, d’une crédibilité sans faille, saura vous convaincre de la teneur de son propos, et quand vous lirez la postface de son auteur, véritable exutoire de son propre aveu, il finira par vous marquer totalement et durablement. A lire absolument !

 

 

 

 

 

duds_hunt2 -Duds Hunt / Rêves Evéillés

Rêves Evéillés

Duds Hunt, c’est du thriller d’action, concis, calibré et hyper bien troussé, du one shot de très haut de gamme. Mais Duds Hunt, c’est aussi la première oeuvre de son auteur, Tetsuya Tsutsui, qui fut suivi par de très belles pépites (Reset, Manhole, Prophecy) et qui se finit de manière superbement surprenante, avec un petit twist scénaristique génialement savoureux. Bref, on évite les superlatifs et les blablas abscons. Duds hunt, ça ne se raconte pas, il faut le lire, c’est tout! Mais dans l’ouvrage, il y a surtout une jolie surprise avec un petit supplément absolument délicieux et dérangeant. En effet, l’auteur à eu la générosité d’adjoindre après Duds Hunt une nouvelle intitulée  « Rêves Eveillés ». Dôté de 21 pages, ce très court récit est une véritable petite merveille violente et saisissante, tant par son concept scénaristique que par l’ingéniosité graphique qui lui a été conférée, couronné par un splendide finish de haute volée. Cerise sur le gâteau une fois que vous l’aurez lu, je vous invite à observer attentivement la première page  : Il y a une subtilité narrative qui s’y est glissée, poussant le concept de Rêves Eveillés à son paroxysme avec une géniale mise en abîme, lui accordant définitivement le statut de must read absolu!

 

 

 

 

kazan_01

Pour parachever le tout, la force du récit de Kazan se situe jusqu’à sa couverture, présentant les détails majeurs de toute l’intrigue au travers de simples éléments.

1 -Kazan

Titre méconnu, voire inconnu, Kazan nous narre une aventure de haute volée en suivant un enfant au caractère bien trempé, parti à la rescousse de son amie d’enfance, enlevé dans des conditions mystérieuses. Du shonen classique me direz vous? Coupons court tout de suite : Kazan, du shonen, n’en à que les relents les plus formels. Son histoire, sous de faux airs initiatiques, exploite un ton résolument adulte, parfois cruel mais surtout, incroyablement calibré et pensé dans ses moindres détails. C’est un fait : La force de Kazan, paré de juste sept volumes, forme un tout abouti, étudié de manière quasi-systémique dont l’enchevêtrement des contrastes et des surprises du récit confine à l’admiration tant son propos habile et sa thématique quasi invisible, sont intrinsèquement liés. Si les dernières pages amènent à une conclusion quasi-parfaite, la véritable émotion n’en devient alors que plus grande lors de la découverte de la postface de son auteur, nous dévoilant non seulement un hommage personnel vibrant mais aussi une révélation thématique qui émaillait subtilement toute la trame depuis son premier volume. Du grand art, de la narration poussé à son excellence, voilà ce qu’est Kazan. Dernier point pour finir : Si les fins satisfaisantes sont rares dans les mangas, alors que dire des excellentes? Et si on commence à chercher dans le genre Shonen, là, ça devient carrément une goutte d’eau dans l’océan. Eh bien, cette goutte d’eau s’intitule Kazan. Une fin grandiose pour un manga grandiose. Rien que ça.

 

 

 

 

 

 

 

Le top de Mathieu

(Contrairement à mon collègue martien, mon top contient des spoilers)

 

FullMetal_Alchemist_manga_okladka_15 – Fullmetal Alchemist

L’alchimie qui est au centre de Fullmetal Alchemist, est finalement dénoncée dans sa conclusion. Alors oui, ça en a déstabilisé plus d’un mais en fait, cette fin répond à une simple logique. C’est la pratique de l’alchimie qui a amené Ed et Al à devenir ce qu’ils sont et ils doivent l’abandonner pour corriger leurs erreurs. Le final de FMA conclue le titre d’une bien belle manière en optant pour un happy ending. Bien sûr, il y a la mort tragique de Hohenheim mais elle était désirée par le personnage. Encore une fois, cette disparition a tout son sens dans le récit et Arakawa la met en scène avec beaucoup d’émotion. Seul petit bémol, le fait que Mustang retrouve la vue, ce qui n’était pas franchement nécessaire. Il aurait pu rester aveugle et devenir Généralissime… Mais en dehors de ça, la fin de FMA est un quasi sans faute, à l’image de l’intégralité du titre.

 

Clover4 – Clover

Les quatre tomes de Clover sont une expérience graphique et poétique. Les deux premiers forment un cycle, le suivant en est un autre et le dernier tome est le troisième cycle. La petite spécificité de ces cycles, c’est qu’ils remontent le temps au fil de la lecture. Le quatrième tome se déroule un an avant le troisième et deux ans avant les deux premiers. Du coup, l’intérêt ne se trouve pas vraiment dans la résolution d’un récit mais plus dans la direction que prend le titre de manière globale. On en apprend plus sur Ran et Gingetsu et le tome tend à délivrer un message plein d’espoir. En traitant de la solitude et de l’isolement, Clamp signe certainement l’une de ses meilleures œuvres. Sa construction «à l’envers» permet presque deux lectures différentes et par là-même, deux fins. Bref, du Clamp dans toute sa splendeur!

 

Darren-Shan-pika-13 – Darren Shan

A la base, ce titre avait tout du shônen inoffensif et pour être honnête, je n’en attendais pas grand chose. Puis finalement, au fil des tomes, l’univers de Darren Shan s’est développé et a pris de l’épaisseur. Plus on avance et plus on sait que la fin sera tragique et on est pas déçus! L’affrontement quasi-fratricide entre Darren et Steve tient toutes ses promesses, avec à la clé la mort du tellement charismatique Larten. Le mangaka se joue de nous en nous faisant croire à une possible autre voie pour mieux nous surprendre et faire naître une émotion incroyable. Le dernier tome prend une tournure encore plus mystique mais va jusqu’au bout de son idée. Il est incroyablement plaisant de voir que tout était prévu et conçu pour arriver à ce dénouement. Du début à la fin, Darren Shan aura fait un total sans faute.

 

 

Jaquette_DeathNote_0012 – Death Note

La fin de Death Note aura fait couler beaucoup d’encre, certains la trouvant décevante et d’autres plus enthousiastes et satisfaits. Comme vous l’aurez compris, je fais partie du second groupe. Oui, la mort de Light n’est pas aussi grandiose qu’on aurait pu l’imaginer mais elle était en tout cas inévitable. Même si le titre a perdu de sa superbe et s’est un peu embourbé après la mort surprise de L., le final de Death Note se termine dans une apothéose psychologique où tout n’est que faux-semblants, manipulations et anticipations. La mort du titre frappe absolument tout le monde que ce soit par l’intermédiaire du fameux carnet ou à travers le suicide comme celui de Misa Amane. Enfin, il existe une fin non officielle mais assez jouissif où l’on peut voir Light après sa mort, passer un marché avec le Roi de la Mort pour devenir lui-même Dieu de la Mort. On reconnaît-là, le côté profondément manipulateur, froid et troublant de Light, un personnage vraiment fascinant. Avec ou sans cette autre fin, le manga se conclue de manière magistrale et fait honneur au titre!

 

akira-22431211 – Akira

Voici la fin qu’il manque au film éponyme pour comprendre l’ensemble de l’œuvre. Car si la fin du manga est déjà énigmatique, celle du film est carrément cryptique. Une fois Akira de nouveau réveillé, Tetsuo s’improvise leader suprême et érige un empire de pacotille. Totalement défoncé et ivre de pouvoir, il sombre dans une mégalomanie et une haine grandissante. Ce qui partage les fans d’Akira concerne plus la suite des événements avec le retour de Kaneda, d’une part à cause de la disparition/mort de Tetsuo et de l’autre la reprise de l’Empire par Kaneda alors même que celui-ci était anti-système. Concernant le sort de Tetsuo, on peut facilement se dire que sa puissance est devenue telle, qu’il ne pouvait plus être contenu dans notre «dimension». Par rapport à Kaneda et le nouvel Empire, ils sont l’héritage de Tetsuo et Akira. En reprenant les fondations d’une civilisation au bord du gouffre, Kaneda partage une volonté commune avec Tetsuo, celle de changer le monde. Akira est une œuvre majeure et sa fin est clairement à la hauteur de sa renommée.

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