#Top Manga 2016

#Top Manga 2016

Comme au début de chaque nouvelle année, on tire le bilan sur l’année passée. Retournons-nous donc une dernière fois sur 2016, qui bien qu’elle ait été une année bien pourrie, fut riche en sorties manga. Elle marque d’ailleurs l’arrivée de nouveaux titres mastodontes, prêts à prendre la relève des Naruto et autre Bleach. Après quelques années en perte de vitesse, cette cuvée 2016 a su redonner des couleurs aux ventes et bouleverser quelque peu la donne concernant les éditeurs.

 

no_guns_life_548810 – No Guns Life (Kana)

Un polar mâtiné de SF, sur fond de transhumanisme et de gros calibres, pour sûr, No Guns Life sort l’artillerie lourde. Avec seulement un tome paru à ce jour, Tasuku Karasuma a su imposer son style et des bases plutôt solides. Une introduction généreuse et musclée qui fait la part belle aux réflexions humanistes et qui impose d’entrée de jeu, No Guns Life comme un titre à surveiller de très près en 2017. Avec son graphisme racé, un trait vif et fouillé, le lecteur s’en prend plein la tête et ce n’est clairement pas pour nous déplaire. L’éditeur Kana tente de résister face aux petits jeunes que sont Ki-oon, Doki-Doki ou Kurokawa et parie donc sur des titres atypiques, à la forte personnalité graphique. Et vu ce qu’il nous a proposé en 2016, je serai tenté de dire qu’il a atteint son but, à savoir, revenir sur le devant de la scène.

Critique ici.

 

my_hero_academia_29 – My Hero Academia (Ki-oon)

Assurément l’une des plus grosses sorties de l’année 2016, My Hero Academia a tutoyé les sommets, en devenant, dès les premiers tomes, le cinquième meilleur démarrage de tous les temps, en France. Le succès de ce shônen réside dans son savant mélange entre comics et manga. Épousant absolument tout les codes du shônen, le titre de Kōhei Horikoshi a su s’imposer comme le digne successeur d’un Naruto. La recette, bien que très simple, est imparable ! Des mutants, une école leur permettant de maîtriser leurs pouvoirs, ça ne vous rappelle rien ?! Le manga tient son X-Men à lui en y intégrant ses propres codes pour un carton assuré. My Hero Academia semble prendre la voie royale des titres à succès et confirme qu’il faudra compter sur lui en 2017.

Critique ici.

 

platinum_end_1-JAQUETTE2-18 – Platinum End (Kaze)

2016 a notamment été l’occasion de retrouver le duo Ohba/Obata, auteurs du culte Death Note et de l’excellent Bakuman. Tout comme pour certains binômes de réalisateurs/acteurs au cinéma, il y a toujours une excitation et une attente toute particulière lorsque ces deux-là se retrouvent. Avec Platinum End, ils reviennent à un concept pas si éloigné que ça, celui de Death Note, à quelques variations près. Un seinen fantastique élégant qui, tout comme son aîné, distille son poison dès le premier tome. Depuis leur précédent best-seller, les deux compères sont passés maîtres dans l’art du thriller fantastique retors. Ici, il s’agit juste d’une compétition mortelle pour prendre la succession de Dieu, rien de moins que ça ! Au vu des qualités du titre et de l’accueil du public, l’éditeur Kaze peut se féliciter de l’acquisition de Platinum End.

Critique ici.

 

dedale-1-doki7 – Dédale (Doki-Doki)

Sorti l’été dernier, Dédale est une œuvre aussi labyrinthique que singulière. À la croisée des influences, en vrac, les films Cube, Inception ou encore The Signal, le titre de Takamichi se dévoile dans une série en deux petits tomes, seulement. Avec son duo très sympathique d’héroïnes tentant de percer les secrets du lieu dans lequel, elles se retrouvent piégées, le titre s’apparente à un « buddy movie » roublard et finement écrit. L’ambiance qui se dégage de Dédale est assez unique et l’auteur s’amuse à nous perdre dans les méandres d’un récit où les notions d’espaces et de logique d’agencement deviennent de plus en plus floues. Contrairement à ses confrères, l’éditeur Doki-Doki ne court pas après le dernier gros hit shônen, mais préfère dénicher des titres plus discrets, qui se révèlent être parfois de véritables petites perles. Dédale en fait incontestablement partie.

Critique ici.

 

ImageUne_Fukushima6 – Au cœur de Fukushima (Kana)

Mars 2011 : le monde entier retient son souffle suite à la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima. L’archipel nippon doit de nouveau faire face au danger nucléaire et l’événement réveille la douleur d’anciennes cicatrices. Dès lors, de nombreux volontaires se rendent sur les lieux de la catastrophe et tentent d’endiguer les désastreuses conséquences, au risque de leur vie. L’un d’entre eux, Kazuto Tatsuta souhaite raconter ce que lui et ses collègues vivent au jour le jour dans cet enfer. Sans jamais tomber dans le pathos, sans jamais juger ou chercher à trouver un responsable, l’auteur opte pour une reconstitution presque chirurgicale des conditions de travail de ces ouvriers de l’impossible. En résulte un témoignage unique et véritablement essentiel, en trois tomes, dans lequel Tatsuta nous livre sa vision, mise en abîme de la manière la plus passionnante qu’il soit.

Critique ici.

 

hawkwood-manga-volume-1-francaise-2426935 – Hawkwood (Doki-Doki)

Voici l’une des très bonnes surprises de 2016 ! Débarqué en début d’année, Hawkwood n’est pas vraiment un titre sur lequel on aurait parié et pourtant… Si le sujet relatant la fameuse guerre de Cent Ans n’avait, a priori, pas grand-chose d’excitant, l’auteur Tommy Ohtsuka a su le rendre captivant. Mené tambour battant, le récit affiche une galerie de personnages charismatiques et badass basés sur des figures historiques ayant vraiment existé. Une fresque chevaleresque et guerrière se déploie sous nos yeux ébahis et ne nous lâche plus. Soucieux d’offrir au lecteur une expérience la plus complète possible, le mangaka nous plonge en immersion sur-le-champ de bataille, au milieu duquel on côtoie aussi bien les grands de ce monde, que de simples troufions prêts à se battre pour quelques pièces et un repas chaud. Juste passionnant !

Critique ici.

 

One-Punch-Man-2-Viz4 – One Punch Man (Kurokawa)

C’était le « Big One » de l’année 2016, tous les éditeurs ont tenté de mettre le grappin dessus et c’est Kurokawa qui l’a emporté. Débuté simplement sur le net par un auteur amateur surnommé ONE, One Punch Man est vite devenu un véritable phénomène de société. Avec ses airs de manga indé d’auteur, le titre décortique les codes du shônen pour mieux les triturer et se les réapproprier. On se fend la gueule devant les aventures de Saitama, le super-loser, l’homme le plus puissant du monde, qui désespère de trouver un ennemi à sa mesure. Méta, très drôle, servi par le coup de crayon hallucinant de Yusuke Murata, One Punch Man est, sans conteste, le meilleur prétendant à la succession des gros hits qui se terminent. Kurokawa tient sa poule aux œufs d’or !

Critique ici.

 

enfant-de-la-baleine-1-glenat3 – Les Enfants de la Baleine (Glénat)

Le titre le plus miyazakien de cette année 2016 ! Une forteresse de glaise naviguant sur une mer de sable, un peuple exilé pratiquant une étrange magie et un univers poétique et onirique, il n’en fallait pas plus pour faire de ce titre, un immanquable de l’année. Loin des sentiers battus, Les Enfants de la Baleine dévoile ses secrets peu à peu, à travers des personnages sincères et attachants et une intrigue immersive et pleine de promesses. La délicatesse du trait de Abi Umeda sublime la finesse du propos pour nous emmener loin. Cette fable SF à tendance écolo et mélancolique rappelle le sublime Nausicaä. Assurément, l’un des meilleurs seinens de l’éditeur Glénat, de l’année passée.

Critique ici.

 

 

dead-t12 – Dead Dead Demon’s Dededede Destruction (Kana)

Derrière cet improbable titre se cache l’ovni de l’année. Une plongée en plein spleen adolescent sur fond d’invasion extraterrestre qui fait se percuter, de fort belle manière, réalité, onirisme et science-fiction. Tant sur le fond, que sur la forme, le premier tome sorti l’automne dernier est une pépite, une espèce de truc évanescent, complètement atypique. Le lecteur est en suspension, déséquilibré par une entrée en matière insaisissable. On se retrouve complètement happés par cette tranche de vie douce/amère de deux adolescentes blasées par un monde qui n’a rien à leur offrir ou trop peu, perdues dans une vie figée, que même une invasion extraterrestre ne parvient pas à réveiller. Le tout est parfaitement mis en valeur par le trait vibrant de l’auteur Inio Asano. Bref, le coup de cœur, que dis-je, le coup de foudre de cette année 2016.

Critique ici.

 

akira-ed-originale-1-glenat1 – Akira (Glénat)

J’ai un peu hésité à faire trôner Akira au sommet de ce top, essentiellement parce qu’il s’agit d’une réédition. Et puis après une rapide réflexion, j’en suis venu à la conclusion que cette réédition a très certainement été l’événement manga majeur de l’année 2016. Il aura presque fallu attendre quinze ans pour pouvoir apprécier le cultissime manga de Katsuhiro Ôtomo dans le sens de lecture original avec des dialogues retraduits et la conservation des onomatopées d’origine pour encore plus d’impact visuel. Redécouvrir cette œuvre matricielle, ce brûlot cyberpunk, couillu, introspectif et philosophique, est comme un retour aux sources. Une œuvre majeure et essentielle qui a profondément bousculé le monde la BD et qui a inauguré une toute nouvelle ère dans le monde du manga et ça, ça mérite bien la première place.

Critique ici.

 

Auraient pu figurer dans ce top, les titres Atom the Beginning, Sky-High Survival ou encore Les Six Destinées, mais il a bien fallu faire un choix…

Partager