Top musique 2014

Top musique 2014

Pour clore cette année 2014 comme il se doit, la team musique du Daily Mars a décidé de vous proposer un petit Top de ce qui s’est fait de mieux tout au long de l’année. Les goûts et les sensibilités diffèrent d’un martien à l’autre et c’est pour cette raison que vous aurez droit à un Top par rédacteur, bande de petits veinards!

 

Le Top de Mathieu

alt-J THIS IS ALL YOURS packshot1/ Alt-J – This All Yours

Certainement l’un des albums les plus ambitieux de l’année! Avec leur second opus sorti à la rentrée 2014, les anglais de Alt-J ont proposé un trip incroyablement planant entre ciel et terre. Le parfait terrain de jeu sur lequel des voix angéliques viennent se mêler aux rythmiques tribales teintées de trip-hop. En mélangeant ainsi les influences, Alt-J signe un album racé, plein de finesse et d’élégance, qui nous accompagnera à coup sûr, pendant l’année 2015.

 

 

THE-DO-SHAKE-SHOOK-SHAKEN2/ The Dø – Shake Shook Shaken (ex-aequo)

En laissant de côté la folk pour s’acoquiner avec une pop bien plus électro, The Dø a pris de l’envergure. Chaque morceau de Shake Shook Shaken est une petite perle mélodique duquel surgissent des synthés, accompagnant la sublime voix d’Olivia Merilahti. L’album explose «en bouche» tels des petites pilules acidulées et euphorisantes. Chaque écoute en appelle une autre et on ne s’en lasse absolument jamais.

 

 

 

temples sun structures2/ Temples – Sun Structures (ex-aequo)

Avec leur premier album, les anglais de Temples nous font revivre les grandes heures de la pop psychédélique et ils le font avec une classe folle. A grand renfort de mélodies entêtantes et imparables, Sun Structure a un doux parfum 60’s mais ne se cantonne pas uniquement à la réminiscence du Summer of Love. Puisant à droite et à gauche, dans le garage et le rock, Temples signe l’un des albums les plus aboutis de l’année 2014.

 

 

 

 

julian-casablancas-tyranny-artwork3/ Julian Casablancas + The Voidz – Tyranny

Avec cette parenthèse loin des Strokes, Julian Casablancas explore une musique bien plus radicale et violente. Le jusqu’au-boutisme dont il fait preuve sur Tyranny a pu en laisser plus d’un sur le bord de la route mais pour ceux qui sont restés accrochés au bolide, la virée a été déroutante mais totalement grisante. Guitares saturées, riffs acérés, vocodeur et notes volontairement fausses, cet album bordélique déstructure et triture absolument tout ce qu’il touche et très franchement, on en redemande.

 

 

3610154376165_6004/ Breton – War Room Stories (ex-aequo)

Débarqué en début d’année 2014, le nouveau Breton naviguait alors entre pop et électro et se retrouvait à l’occasion traversé de fulgurance aux senteurs hip-hop. Plus fin et plus abouti que leur premier album, War Room Stories va aussi plus loin dans sa volonté de brouiller les pistes quand à son appartenance. Les rythmiques se télescopent et au final, avec cette seconde galette, Breton signe la bande-son de mon début d’année, rien de moins que ça!

 

 

 

RB_PreOrderPack-300x3004/ Royal Blood – Royal Blood (ex-aequo)

Voilà enfin, la claque rock de la rentrée 2014! L’équation est simplissime: une basse + une batterie = une efficacité redoutable. Les anglais de Royal Blood mettent les deux pieds dans le plat et s’aventure sur les terres du rock US avec un gros son fuzzy, évoquant les grandes heures du stoner. En écoutant leur album, on pense également aux débuts d’un autre groupe britannique, le trio de Muse, même s’ils sont relativement loin du pompiérisme symphonique de la bande à Matthew Bellamy. C’est cash, sans fioriture, bref ça décrasse les esgourdes.

 

 

Polydor5/ Lana Del Rey – Ultraviolence

Pour clore ce petit Top 2014, quoi de mieux que la langueur dépressive de la pin-up Del Rey?! Avec Ultraviolence, paru juste avant l’été, la diva à la moue boudeuse ressort son spleen des placards et assène des titres sombres et froids, traversés par quelques rares rayons de lumière. Sa pop fragile et évanescente prend des airs de blues-rock grâce au producteur de l’album, Dan Auerbach, qui n’est autre que la moitié du duo que forme The Black Keys. Au final, Ultraviolence s’affirme comme une œuvre tortueuse et complexe dans laquelle on prend plaisir à se perdre.

 

Le Top de Douglas MacDouglas

1/ Swans – To Be Kindto be kind

En soi, rien que de balancer un morceau de 34 minutes de la qualité de Bring The Sun / Toussaint L’Ouverture aurait suffit a classer ce To Be Kind  de Swans dans n’importe quel top. Se permettre de sortir 9 autres morceaux (certes plus courts) aussi puissants, ingénieux, inventifs, fous, hypnotisants, harmonieux, violents et aussi bien produits relève de l’exploit. Balade de deux heures aux confins du rock expérimental, de la noise et du post rock, ce disque est à l’image de l’une de ses chansons A Little God in My Hands, un petit miracle.

 

 

2/ Jessica 93 – Riserise

Découvert par beaucoup l’an passé avec Who Cares? et son « tube » (notez les guillemets) AwayJessica 93 revient à peine un an plus tard avec Rise, suite de sa sombre odyssée faite de boucles interminables et de chants des sirènes sous reverb. Toujours lancinant, toujours sombre, l’homme orchestre français de Bondy réussit pourtant à sortir un disque bourré de hargne et au groove certain. L’énergie du désespoir ou de la canette? Nul ne saurait le dire, mais la formule marche en tous cas diablement bien.

 

 

 

run the jewels3/ Run The Jewels – Run The Jewels 2

D’un côté, El-P, producteur de The Cold Vein, membre de Company Flow et auteur des géniaux Fantastic Damage et Cancer for Cure. De l’autre Killer Mike, vieux pote du duo d’Outkast, responsable d’un des albums les mieux côtés de 2012, le bien nommé R.A.P. Music. Après une première galette, le duo est revenu cette année avec leur deuxième effort, un mélange de rap hardcore et d’instrus abstract aux basses qui grésillent et aux touches d’électro cracra. Le plus beau dans tout ça? Réussir à s’offrir une poche de douceur sur la piste Early et clore l’album sur  l’aérien Angel Duster.

 

 

Sun-Kil-Moon-Benji4/ Sun Kil Moon – Benji

Rares sont les disques qui émeuvent à ce point. Et je pèse mes mots. D’une beauté éblouissante, d’une simplicité lyricale complètement désarçonnante, Benji est un pur chef d’oeuvre de songwriting. Entre le spoken word et la ballade,  Sun Kil Moon transpire la sincérité crue, l’émotion vive et transmet ses douleurs comme ses joies d’une manière si juste qu’il est impossible d’y rester insensible. Fonctionnant sur un trio chant/arpèges/choeurs, les chansons Carissa, Truck Driver ou Micheline  sont de véritables petits trésors.

 

 

5/ Sport – Bon Voyagebon voyage

Groupe d’indie punk lyonnais ayant déjà une excellente démo et un putain d’album sorti en 2012, Sport est revenu taper fort cette année le brillant Bon Voyage, un disque gorgé d’émotions et qui donne a chaque écoute l’envie de courir en short dans la rue comme un gamin de 10 ans. S’ouvrant de la meilleure façon possible sur un extrait de Stand by me, l’album est un enchainement de riffs mélodieux et de paroles gueulées avec entrain, le tout savamment orchestrés dans un joyeux bordel punk qui transpire la joie et la nostalgie. Comme quoi « emo » c’est pas vraiment un gros mot.

 

 

 Le Top de Lordofnoyze

1) Phantogram-Voices

Voices_album_coverInsaisissable, plein de beats travaillés jusqu’à plus soif et de mélodies qui restent en tête : le duo Sarah Barthel/Josh Carter s’est surpassé pour son second opus. Peut-être n’ont-ils pas eu Bill Murray dans leur clip pour la chanson éponyme, mais ils ont livré l’album d’indie-pop le plus ébouriffant de l’année.

2) Run The Jewels-Run The Jewels 2

run the jewelsPrésent deux années de suite dans mon Top, Run The Jewels 2 est LA séquelle qui laisse des séquelles. Alors que des combinaisons de rappeurs comme Jay-Z ou Kanye West peinent à se reproduire, le duo de vétérans El-P et Killer Mike a su élever et parfaire leur formule à base d’humour caustique, d’indignation politique, d’invités triés sur le volet et de présence scénique titanesque. Le tout avec une mentalité d’indépendants féroce et un marketing populaire et tout sauf populiste. Run The Jewels n’a jamais demandé le respect, mais l’a kidnappé en 2014. Il y a fort à parier que le remix avec des sons de chat, Meow The Jewels, fera partie de mon Top 5 2015.

 

 

3) D’Angelo & The Vanguard – Black Messiah

blackmessiahC’était dur de se rater après 15 ans d’absence. La petite heure que dure Black Messiah est suffisante pour scotcher ultrafans, fans et novices au plafond. Un album qui revêt un caractère d’urgence, de combat. D’Angelo a peut-être pris 15 ans, mais l’artiste de Virginie a un œil de faucon pour scruter son époque, et traduire ce qu’il a assimilé de la great black music. Un élève doué, qui verse son perfectionnisme dans des grooves subtils ou encore des balades pop comme « The Door. » Une basse familière signée Pino Palladino, des interventions inspirées de Questlove ou encore Kendra Foster qui coécrit la majorité des titres… D’Angelo s’est reconverti en leader, mais arrive à rester lui-même en évitant la répétition. Et ça, ça valait bien 15 ans d’errements et égarements.

 

 

4) Kimbra- The Golden Echo

Kimbra-The-Golden-Echo-2014-1200x1200Oui, « Golden Echo » manque de hits comme « Settle Down » ou « Two Way Street ». Mais c’est l’assemblage le plus improbable de zicos de 2014, imaginée par une chanteuse en verve et très en forme. Egalement l’album le plus funky de l’année.

 

 

 

 

 

 

5) Jungle- Jungle

Autodidacte et humble, la formation britannique a trouvé de nouveaux moyens de déconstruire des morceaux funky et des harmonies plaintives. Un tour de force assez frais.

Ont loupé le coche : Temples – Sun Structures, Chromeo- White Women, Royal Blood.

Le Top d’Owen le Faucheux

Top 2014 Total Victory

1) Swans-To Be Kind

Tête pensante des Swans, Michael Gira largue une fois de plus les amarres pour s’éloigner des formats traditionnels du rock. Lancinant et oppressant au fil des dix titres qui se succèdent (jusqu’à 34 minutes pour « Bring the sun/Tou=usaint » l’ouverture), To be kind  fourmille de trouvailles. Il crée un effet hypnotique sur l’auditeur, sans le ménager pourtant avec des passages bruyants et d’une grande intensité. Michal Gira joue de la durée des morceaux pour introduire de multiples variations et ambiances, sans à-coups.

2) Total Victory-National Service

Déjà disponible  il y a deux ans sous forme digitale, National Service bénéficie enfin d’une sortie vinyle. Entre post-punk et noise, cet album frappe par l’urgence et la fièvre qui s’en dégage, ce qui manque grandement dans les productions actuelles. Quelque chose de viscéral semble animer ce groupe de Manchester, à travers ces compositions qui emportent l’auditeur, même le plus blasé.

3) Neneh Cherry- Blank Project

Une des bonnes surprises de l’année. Conçu sous le patronage de Four Tet, avec la collaboration de RocketNumberNine, Blank project repose essentiellement sur ses rythmes, des arrangements sans fioritures et la voix chaude de Neneh Cherry.  . Dans le détail, les ambiances sont variées, entre trip-hop trouble (Spit three times), electro et sons quasi-industriels (Blank project). Neneh Cherry fait  là un retour convaincant qui ne doit rien à la nostalgie ou à un caprice.

4) Cheveu- Bum

Les Français de Cheveu n’ont pas leur pareil pour malmener le rock, voire la pop en tirant leurs morceaux vers le grotesque ou la farce. Attention, Bum n’a rien de gadget. Les compositions tiennent la route ; le groupe se montre inventif et ne crache pas sur certains arrangements. Le tout dégage une jubilation contagieuse.

5) Notwist – Close To The Glass

Depuis Neon Golden, le groupe nous fait le coup à chaque fois : la voix atone, les mélodies délicates, des effets ténus, la minutie apportée à ces compositions electro. Le groupe pourrait sombrer dans une certaine fadeur et pourtant le charme discret de Notwist finit toujours par opérer, un charme insidieux. Les morceaux de Close to the glass sont peut-être plus variés, mais au final c’est la même impression de tristesse et de beauté qui saisit l’auditeur.

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