Tout l’art de Death Stranding

Tout l’art de Death Stranding

Note de l'auteur

Si Death Stranding représente autant un titre inédit de Hideo Kojima en dehors de la saga Metal Gear qu’un jeu à gros budget assez atypique qui divise les joueurs (ici on a adoré), c’est aussi un univers singulier qui donne l’occasion à l’artiste Yoki Shinkawa de s’éloigner des méchas et des mangeurs de serpents. Tout l’art de Death Stranding est l’occasion de revenir sur son travail de la direction artistique ainsi que tous les artistes ayant bossé sur le projet.

C’est donc l’éditeur Bragelonne qui s’est occupé de localiser l’ouvrage, un artbook tout ce qu’il y a de plus officiel dans un format rectangulaire permettant de profiter au maximum des illustrations. Le livre est de très bonne qualité, avec un petit gaufrage sur le titre de la couverture et un visuel qui reprend à l’identique le modèle américain. Le papier épais permet de profiter à fond de la qualité d’impression. Comme d’habitude avec l’éditeur, c’est de l’excellent boulot.

Pour ce qui est du contenu, les quelques 250 pages se divisent en deux catégories : les personnages et les environnements. La première partie permet donc de profiter du somptueux travail de Yoki Shinkawa et de son trait caractéristique, utilisant le pinceau pour créer rapidement les silhouettes des personnages et ainsi apporter de plus en plus de détails. Le jeu mettant en avant la technologie de son univers, l’artbook permet de montrer l’évolution de la combinaison de Sam Bridges pour arriver au résultat final. La section concernant Sam est très complète, permettant de voir tous les détails de son équipement, des menottes pour attaquer les échoués à l’Odradek et son déploiement lorsqu’il détecte le danger. Les autres personnages ont aussi leurs pages associées, forcément moins fournies étant donné qu’ils sont principalement là pour les cinématiques. Cela permet aussi de voir les versions alternatives de certains, comme Fragile qui aurait pu avoir une coiffure très différente.

La partie des personnages permet également de laisser Shinkawa s’éclater en ce qui concerne tout le côté mécanique, notamment pour les véhicules et tout ce qui concerne l’architecture technologique des bâtiments que l’on croise dans l’aventure. En revanche, il a l’air de laisser la main pour les créatures surnaturelles et on a le droit à quelques concepts arts plus globaux pour l’occasion. Il est d’ailleurs amusant de constater que certains personnages comme Unger n’avait probablement pas encore leurs doublures dans la vie réelle quand on regarde leur design, alors que certains comme Deadman (Guillermo del Toro) sont reconnaissables tout de suite.

Pour les décors, on constate vite que l’essentiel des concepts arts concernent le monde en ruine et la partie construite par l’homme, mais très peu sont dédiés aux environnements naturels qui n’ont droit qu’à quelques pages. Peut-être que l’inspiration islandaise est trop évidente pour avoir besoin de recherches graphiques. Une petite partie permet d’apprécier des décors non utilisés, notamment dans une partie désertique.

Un livre classique mais très efficace, sacrément copieux pour tous les fans de Death Stranding. On regrette un peu que les artistes ne soient pas davantage mis en avant ailleurs que sur la dernière page des crédits, et mis à part le style reconnaissable de Shinkawa, impossible d’attribuer les autres œuvres à quelqu’un en particulier. Mis à part ce petit bémol, Tout l’art de Death Stranding est un indispensable si vous voulez prolonger l’expérience.

Tout l’art de Death Stranding
Editeur : Bragelonne
Taille : 256 pages
Prix : 30 euros

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