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« Tout l’art de Neil Gaiman » : voyage en tête (in)connue

« Tout l’art de Neil Gaiman » : voyage en tête (in)connue

Note de l'auteur

livre-the-art-of-neil-gaiman-2356-0L’histoire : Neil Gaiman. Père de Sandman. Auteur d’American Gods. De Coraline aussi. De L’océan au bout du chemin que nous avons chroniqué ici. Auteur de quelques scénarios, notamment pour Docteur Who. Pour certain, il s’agist juste du mari d’Amanda Palmer. On le reconnait à ses cheveux ébourrifés, toujours de noir vêtu. Un drôle de bonhomme, né en 1960 en Angleterre, et qui est très actif sur Twitter ou encore Tumblr. Ce livre, écrit par une amie de la famille, réunit une quantité impressionnante de documents d’archives pour tenter de comprendre la galaxie Gaiman : articles de journaux, déclaration de l’auteur à la presse, extraits de livres et de comics… Tout pour tenter de comprendre un homme qui, pour parler de lui, a toujours était généralement discret.

Mon avis : Un véritable petit trésor pour néophytes et passionés de l’oeuvre de Neil Gaiman. Tout d’abord, l’ouvrage est classé thématiquement et chronologiquement. Plus thématique que chronologique quand même. S’il peut-être utile de le lire dans l’ordre, pour comprendre le cheminement de l’homme, il est aussi possible de choisir les chapitres relevant de son oeuvre favorite, de Black Orchid à Chû le Panda ou alors de s’intéresser à l’art poétique de l’auteur et à ses scénarios pour Doctor Who.

En plus d’un texte qui nous permet de nous replonger dans les aventures de Neil Gaiman, le livre est surtout une somme de documents divers et variés sur les sujets abordés : pages de comics, petits dessins gaimanesque, texte et manuscrits de la main de l’auteur d’Anansi boys. C’est aussi pleins de petites perles, tenez saviez-vous que la personne présentée comme la soeur d’Ashitaka dans Princesse Mononoké est en fait dans la version japonaise… sa petite amie (Neil Gaiman a en effet travailler au script de la version anglaise).

Le livre a un aspect fouillis et extrêmement dense, ce qui n’est pas forcément un problème quand on le lit tranquillement. Mais on peut aussi vite être perdu, tient, cette phrase là se poursuit-elle sur une autre page ou alors ce paragraphe est en fait un exergue ? À quoi correspond ce papier, cette photo ?s seulement un beau livre, au sens qualité du papier, de la couverture, c’est aussi un chouette livre : quand même, il en fait des choses !

Et puis, c’est toujours si amusant de voir des photos d’un artiste avant qu’il ne soit connu. De relire des échanges, ce qu’il a fait pour devenir l’être étrange qu’il semble être aujourd’hui. Cet ouvrage n’est pas exhaustif, ce n’est pas non plus une biographie. C’est une tentative pour comprendre la vie artistique, les schémas de  pensées de Neil Gaiman. Et en soit, c’est déjà un voyage vertigineux.

Edinburgh International Book FestivalSi vous aimez : Neil Gaiman, bien sûr, des archives, du papier et tout ce qui a trait à l’univers de l’auteur. La tentative de rassembler un univers bien vaste dans un livre, et de pouvoir ainsi entrevoir différentes portes sur des univers parallèles.

Autour du livre : Hayley Campbell a eu accès au grenier de Neil Gaiman pour ce livre, où il gardait quasiment tout, même des notes sur des serviettes en papier. Photos à l’appui.

Extrait : « Gaiman affirme que l’une des origines de son Sandman réside dans les différentes origines du mot «rêve» : il peut s’agir des scènes qui se déroulent dans nos esprits endormis, mais aussi de nos espoirs et espérances ou encore des choses que nous nous racontons pour donner un sens au monde. Ses notes originales sur l’ordinateur, imprimées sur une vieille imprimante à feuilles trouées, précèdent la proposition définitive qu’il va envoyer à Berger. Les premières ébauches sont les écrits que Gaiman pense tout haut, un flux de conscience : des demi-phrases et des idées au sujet des rêves, leur provenance, où et lorsqu’ils se réalisent. Il émet l’idée de trois frères («Sleep, Dream et ?»), il cite T.S. Eliot et Carl Jung. On peut distinguer, faiblement, ce que Sandman va devenir. Il n’y a pas d’Infinis ni de Royaume des Rêves.

Gaiman rédige ensuite le plan de huit épisodes et le confie à McKean et à Leigh Baulch pour qu’ils esquissent des personnagesavant d’envoyer le tout à Berger. McKean s’inspire d’instantanés tirés d’une vidéo pour Dream, tandis que les croquis de Baulch présentent plutôt une version pâle aux cheveux noirs de David Bowie en Aladdin Sane.  »

Sortie : février 2015, Aux éditions Huginn et Muninn, 320 pages, 39,95 euros.

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