On a vu… le pilote de Transparent (Amazon)

On a vu… le pilote de Transparent (Amazon)

Note de l'auteur

L’affiche promo de Transparent (oui, oui : c’est une légende informative)

Imaginée par Jill Soloway (Six Feet Under, The United States of Tara), cette dramédie familiale impose d’entrée de jeu une voix singulière dans son récit. À la fois subtil et particulièrement bien construit, ce pilote remplit parfaitement son office. Un conseil : ne le manquez surtout pas !

Un aveu pour commencer : je fais partie de ceux qui n’avaient, jusqu’ici, jamais regardé une série produite par Amazon. Zombieland n’est pas franchement le genre de projets qui m’attire et je reconnais avoir étudié d’un œil plus que distrait la liste des projets portés par le groupe.

Sauf cette fois, et je ne le regrette pas.

Transparent, c’est l’histoire d’une famille californienne. Sarah, Josh et Ali, tous les trois frères et soeur, ont entre trente et quarante ans et leur vie tourne un peu en rond. Mère de famille un peu planplan, Sarah (Amy Landecker) s’aperçoit qu’elle est attirée par une autre femme. Josh (Jay Duplass), producteur de musique, a une vie sentimentale compliquée : il ne sait pas vraiment ce qu’il veut et a le cul entre deux chaises (l’inverse marche aussi). Ali (Gaby Hoffman, la sœur d’Adam dans Girls), elle, cherche toujours un bon plan pour faire de l’argent facilement mais n’y arrive pas.

Globalement, tous aspirent à une autre vie. Et lorsque Mort (Jeffrey Tambor), leur père, demande à les voir ensemble pour leur parler, tous craignent le pire…

Il est facile de faire le parallèle entre Transparent et Six Feet Under, puisque Soloway est l’une des plus belles plumes de la création d’Alan Ball. Si la scénariste-réalisatrice l’assume fièrement, si la filiation est assez évidente, la série d’Amazon explore cependant la notion d’identité en la chevillant à la réalité des corps.

Qu’il s’agisse de celle de Tambor (le chat noir des séries est en grande forme), celle de Hoffman ou celle de Landecker, le pilote de Transparent filme l’enveloppe des personnages de près mais ne tombe jamais dans la sexposition facile. Ici, les formes soulignent le propos, nourrissent le récit avec une acuité rare. Pas sûr que ça dure mais sur ces trente premières minutes, ça fonctionne.

Il en a encore sous le pied, George Bluth…

Série plus douce-amère que drôle (en tout cas dans ce premier épisode), Transparent frappe surtout par sa capacité à décrire une situation, des personnages, leurs dilemmes et leurs interactions. En clair, la série fait remarquablement le job en relançant régulièrement l’intérêt dramatique avec une précision d’horloger.

Des premières scènes – qui disent qui est qui et qui fait quoi – au dernier tiers de l’épisode – qui livre une grosse surprise dont les conséquences explosent dans la scène finale -, le récit avance avec fluidité et pose des bases intéressantes. Du coup, on a qu’une envie : voir la suite, en espérant que le projet récolte le plus de voix possible puisque la production de la saison 1 est soumise au vote des internautes.

TRANSPARENT
(Amazon)
Créée et produite par Jill Soloway
Avec : Gaby Hoffman (Ali), Jay Duplass (Josh), Amy Landecker (Sarah), Jeffrey Tambor (Mort), Judith Light (l’ex-femme de Mort). 

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