Tu vois Tuco, le monde se divise en deux catégories…

Tu vois Tuco, le monde se divise en deux catégories…

Il y a ceux qui jouent à COLT EXPRESS, et il y a les autres ! Comme un jeu dans lequel on peut jouer un desperado qui s’appelle Tuco ne peut être que foncièrement excellent, je vous invite à découvrir COLT EXPRESS, qui fut un des gros cartons d’Essen 2014, et qui nous entraîne à la bonne vieille époque du Far West.

Image 1 - Colt Express Boite11 juillet 1899, 10 heures du matin, l’Express de l’Union Pacific vient de quitter Folsom au Nouveau-Mexique avec 47 passagers à son bord. Quelques minutes plus tard, on entend des bruits de pas précipités sur le toit, puis les premiers coups de feu. Des bandits armés jusqu’aux dents braquent sans pitié les voyageurs afin de s’accaparer leurs effets personnels. Mais sauront-ils garder leur sang-froid et éviter les balles ? Qui réussira à s’emparer de la mallette contenant la paie de la Nice Valley Coal Company, pourtant placée sous la surveillance du Marshal Samuel Ford ? Un seul bandit atteindra son objectif : devenir le plus riche hors-la-loi du gang.

Ce petit fluff en introduction des règles pose parfaitement l’atmosphère de COLT EXPRESS ! Ça, et l’assemblage de la locomotive et des wagons du train que vous avez découverts dans la jolie boîboîte, et qui vous rappellera les Playmobils de votre enfance ou amusera votre progéniture. Il y a même des petits cactus et rochers à monter et à disposer sur la table, et qui ne servent à rien d’autre qu’à vous mettre dans l’ambiance. Et perso je trouve ça super ! Un petit CD de Sergio Leone pour parfaire le tout et moi je suis à fond.

Image 2 - Colt Express Matos

COLT EXPRESS vous met donc dans la peau de desperados menant « conjointement » une attaque de train. Je dis conjointement, mais c’est plutôt simultanément en fait, car on ne peut pas dire que le jeu ait le moindre aspect coopératif ! On se tire dessus, on se tape sur la tronche pour se voler le magot, on se pousse dans les pattes du Marshall. Bref, c’est tout autant une attaque de train que règlement de comptes à O.K. Corral.

Image 3 - Fight

Côté système, COLT EXPRESS fait dans le très simple (lecture et assimilation des règles : 15 minutes chrono) et surtout très efficace ! Comme dans ROBORALLY ou SPACE ALERT, chaque tour se joue en deux phases. D’abord la phase de planification, durant laquelle vous allez décider de vos actions à l’aide des cartes du même nom – cartes que vous jouez face visible (sauf quand on passe dans un tunnel) chacun votre tour – constituant ainsi la pile d’actions. Et vient ensuite la face d’exécution, durant laquelle vous allez cette fois exécuter les actions de la pile constituée sur le petit train que vous avez précédemment monté !

Oui, car les personnages y sont représentés par des petits bonhommes, qui sautent de toit en toit, s’expulsent d’un wagon à l’autre, se tirent dessus, ramassent les différents magots disposés dans les wagons, etc. Et le jeu prend bien sûr tout son charme quand le plan que vous avez admirablement élaboré se transforme en improvisation totale dès qu’il est confronté à la dure épreuve du terrain.

En effet, les cartes actions jouées ont un effet générique, et ce n’est qu’en phase 2 que vous décidez de leur exacte application. Par exemple, si vous avez joué un déplacement, vous décidez en phase 2 si vous passez dans le wagon de devant ou de derrière. Vous avez choisi de tirer ? Vous choisissez maintenant votre victime parmi les cibles à votre portée… etc. Dès lors, vous vous retrouvez très rapidement dans une situation à mille lieux de celle à laquelle vous vous étiez préparé, et plus il y a de joueurs, plus cela ressemble à un joyeux bazar.

Image 4 - Marshall

Derrière toi, il s’échappe triple buse !

Histoire de rajouter un peu de piment, l’arrivée du Marshall va vite compliquer la partie, de même que la volonté féroce de vos amis à vous transformer en écumoire, car chaque balle que vous encaissez est une carte qui s’ajoute à votre deck d’actions, mais qui ne sert bien sûr à rien. Donc, plus on en a, plus on risque d’en piocher, et moins on peut agir !

Une partie se joue en cinq manches, et chaque manche correspond à une carte qui va indiquer le nombre de tours (3-4 tours en moyenne) et les éventuelles circonstances spéciales (freinage, passage dans un tunnel) qui vont influer sur le jeu. Autant dire que les parties sont plutôt rapides, bien nerveuses et souvent très drôles !

Image 5 - Tuco

Patibulaire, hein ?

Une fois le train arrivé en gare, chacun fait le compte du butin qu’il a amassé. Puis celui d’entre vous qui a le plus fait usage de son arme reçoit également le prestigieux titre d’ »As de la gâchette ». En plus de vous permettre de faire le coq, celui-ci vous confère un bonus monétaire non négligeable. Bien entendu, le desperado le plus riche est déclaré vainqueur.

Dès lors, on n’a qu’une envie : se refaire sur une nouvelle partie ! Et la rejouabilité est plutôt bonne, grâce aux cartes de manche, qui vont faire varier les événements qui surviendront d’une partie à l’autre, et aux différents personnages, qui ont chacun un pouvoir particulier (Tuco tire à travers les toits, Belle est charmante, Django tire au calibre lourd, etc.).

COLT EXPRESS est un jeu autour duquel on s’amuse énormément. L’interactivité est excellente et la tactique et la chance y font jeu égal (oui bon, plus il y a de joueurs, moins c’est vrai, mais plus on rigole). C’est nerveux, rapide et le matériel est vraiment bien pensé et très ludique (vive le petit train et les cactus !!!). Mais personnellement, je suis surtout sous le charme de ce jeu qui instaure son ambiance et vous raconte une histoire à chaque partie : celle d’un train parti le 11 juillet 1899 à 10 heures du matin et que vous avez attaqués avec vos « amis ».

Image 6 - L'Express

Colt Express, de Christophe Raimbault, illustré par Jordi Valbuena et édité par Ludonaute. De 2 à 6 joueurs, environ 40 minutes par partie. 30 € prix conseillé !

Bruno

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