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Umbre, la première impression est parfois trompeuse (En direct de Séries Mania)

Umbre, la première impression est parfois trompeuse (En direct de Séries Mania)

Note de l'auteur

Diapo-Umbre03Marié et père de famille, Relu mène une double vie. Chauffeur de taxi à Bucarest, il travaille également comme homme de main pour la mafia locale. Après avoir accidentellement tué un homme, il va tenter de quitter la pègre. Entre polar nerveux adapté de la série néo-zélandaise Small Time Gangster et comédie noire dans un style typique du cinéma roumain, Umbre suit les tourments d’un homme pris à son propre piège. (source : Séries Mania)

Le premier épisode de Umbre est un objet sériel déstabilisant. Il m’aura fallu bien un épisode entier pour me mettre au diapason de son étrange personnage principal, pour faire clairement la part des choses entre les paroles des personnages et le message de la série.

En choisissant de garder un espace de suspense, en présentant Relu comme un homme de main, certes honnête et poli mais aussi impassible, violent et incroyablement misogyne pendant la quasi-totalité de l’épisode 1, Bogdan Mirica, l’auteur, prend indéniablement le risque de perdre des spectateurs au début du chemin. Il faut attendre la fin de l’épisode pour entrevoir la vraie nature de Relu et apporter un nouvel éclairage en total contrepoint à ce tranquille néandertalien : Relu mène en fait une double vie. Et pour les garder séparer, il s’invente le personnage qui lui convient le mieux : taiseux parce que c’est sa nature, violent parce que c’est son boulot, misogyne pour ne pas trahir sa femme et sa famille tout en cachant leur existence. Du coup, c’est beaucoup plus détendue que j’ai abordé le deuxième épisode. La gorge moins serrée par l’attente d’éléments permettant de situer le degré de la blague, j’ai pu rire avec beaucoup de plaisir à cet humour grinçant et noir qui parsème la série et tous ces personnages avec brio.
Diapo-Umbre02La double vie et le secret qui l’entoure est une figure de style abondamment traitée dans les séries. Les circonstances prêtent évidemment au comique et à la montée en tension. Pourtant ce qui fait vraiment la qualité de cette adaptation d’une série australienne, que je n’ai pas encore eu le plaisir de voir, ce sont les dialogues fleuris, les personnages qui se révèlent tous ambivalent et un sens frappant du rythme et de la formule. Ce sens du bon mot que l’on retrouve avec joie dans la bouche de Bogdan Mirica dans le débat qui suit la projection.

La série est entièrement produite en Roumanie, par HBO Europe. A la question d’un spectateur sur l’organisation de cette production, cherchant à comprendre si elle était américanisée, le mot « writers room » est lâché. Souriant, Mirica nous répond qu’il a évidemment eu une « Room », une « writer’s room », la sienne, dans laquelle il a écrit seul chacun des 8 épisodes que compte la saison 1.

Diapo-Umbre04La série en profite pour montrer un Bucarest très réaliste, délaissant la vision de carte postale pour une descente dans des quartiers plus pauvres de la ville. Ce réalisme est dû aussi à une réalisation proche de ses personnages. Pour l’anecdote, les scènes de bagarres, fréquentes pour cause de thématique mafieuse, ont nécessité un recalibrage certain avec les cascadeurs roumains plus habitués des productions américaines tournées dans le pays, parce qu’un simple coup de point avait trop tendance à les envoyer directement voler dans le décor.
On retrouverait avec plaisir Umbre, série uppercut, sur nos chaines françaises pour en explorer l’évolution, que l’auteur nous annonce de plus en plus sombre et on est heureux d’apprendre qu’une saison 2 est en préparation.

Créé et écrit par Bogdan Mirica
Réalisé par Igor Cobileanski, Bogdan Mirică
Avec Serban Pavlu, Maria Obretin, Andreea Vasile

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