Un jour, une palme : le récap

Un jour, une palme : le récap

Salut fidèle lectrice, fidèle lecteur. Afin de simplifier vos recherches constantes d’articles de qualité, le Daily Mars, dans sa grande mansuétude, réunit tous les liens vers les articles du dossier de la quinzaine : 1 Palme, 1 Jour.

C’est pas parce qu’on n’est pas à Cannes cette année qu’on n’en parle pas.

 

1949 – Le Troisième Homme, de Carol Reed, par Gilles Da Costa

« Ici la ville est un champ de ruine sombre et gothique où subsistent encore quelques traces d’une gloire révolue. Personnage principal du film, elle est un “no man’s land” macabre et labyrinthique divisé en secteurs d’occupations après la guerre. Une cité fantomatique habitée par les ombres du passé où se croisent dans la confusion la plus totale, êtres déracinés, trafics en tous genres et communautés incompatibles que la guerre a rassemblé par la force des choses. »

1952 – Othello, d’Orson Welles, par Sheppard

« S’il est vrai qu’une œuvre est autant constituée de volonté que d’accident, alors Othello en est l’exemple parfait. Car si la volonté artistique de Welles est visible à l’écran, elle s’en trouve renforcée, sublimée même par cette constante obligation de devoir improviser dans l’urgence. »

1976 – Taxi Driver, de Martin Scorcese, par John Plissken

« Peu de films peuvent s’enorgueillir de scènes aussi mythiques, célèbres, remakées, pastichées, parodiées jusqu’à la lie que celle du monologue allumé de Robert De Niro devant un miroir dans Taxi Driver. Cette inscription irrévocable du “are you talkin’ to me ?” de Travis Bickle dans les mémoires collectives et la pop culture a fait de cette séquence une autoroute surchargée par des cohortes entières de petits malins en mal d’inspiration. Une trivialisation qui ferait presque oublier l’immense malaise en germe dans ce pur moment de dérapage mental, la cristallisation de la dérive d’un solitaire livré à son délire morbide et fascisant depuis son retour de la guerre du Vietnam. »

1979 – Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola, par Gilles Da Costa

« Le tournage du film se révèle être un enfer. Débarquant aux Philippines avec une équipe trop imposante, trop de moyens, trop d’équipement, Coppola se trouve enseveli sous le poids de son ambition. La production prend du retard, les tensions sur le plateau s’accumulent et la frontière entre réalité et fiction s’estompe. Comme le dit le réalisateur lui-même, il ne tourne plus un film sur la guerre du Vietnam, son film est la guerre du Vietnam. »

 

1990 – Sailor et Lula, de David Lynch, par Dominique Montay

« Le fond de commerce de Lynch, on le connaît bien, c’est ajouter un zeste de perversité baroque à l’univers Hitchcockien. Il partage avec l’anglais l’amour des beautés froides et des films noirs. Mais à la différence d’Alfred qui ponctuait ses films de très nombreuses allusions sexuelles, Lynch s’affiche plus clairement. Il expose les perversions de ses personnages et met en scène leur sexualité. Mais toujours de façon graphique. »

1994 – Pulp Fiction, de Quentin Tarantino, par Dominique Montay

« Seul Quentin Tarantino peut faire du Tarantino. Ca semble évident à dire comme ça, mais pas tant. Beaucoup ont essayé de copier son style, sa façon de faire, mais rien n’y fait. Tarantino n’a jamais peur de l’esbrouffe, il réussit même la plupart du temps à la dompter. Il n’a pas peur de copier les maîtres, car il est d’une sincérité à toute épreuve. Il a beau imiter ce qu’il a vu ailleurs, cette logique d’hommage constant, doublé à la personnalité particulière du bonhomme fait qu’il a un style inimitable. »

1997 – L’Anguille, de Shōhei Imamura, par David Bianic

« Takuro était-il un mari trompé, ou un mari qui s’est trompé ? Car n’a-t-il pas rêvé tout cela ? Cet amant n’était-il pas la représentation fantasmée d’un Takuro à la puissance sexuelle affirmée ? Des éléments subtiles de mise en scène laissent planer le doute quant à la paranoïa de Takuro. De la même façon que l’amant disparaît de l’image, le personnage de Takazaki, un ancien détenu également et double maléfique, bestial, de Takuro disparaît comme par enchantement. Cet éboueur, « bully » de Takuro, existe-t-il vraiment ? »

2000 – Dancer in the dark, de Lars Von Trier, par Dominique Montay

« Pour le sacrer meilleur film du festival 2000 (qui avait quand même The Yards de James Gray en compétition, hein… pour rappel), il fallait un président du Jury à la hauteur de la monumentale purge du diablotin Von Trier. Luc Besson. Le mec qui ne déçoit jamais. Le réalisateur pour adolescent de toutes époques, celui qui part du principe qu’une actrice qui fait une bonne performance, c’est une actrice qui chiale. Celui, aussi, qui possédait ce pouvoir magique de faire des films à succès instantanément démodés un mois plus tard (à part Léon). »

2002 – Le Pianiste, de Roman Polanski, par John Plissken

« La puissance du Pianiste, sa force à communiquer la terreur d’un quotidien brutalement désintégré par la barbarie, ne fait pourtant aucun doute. Grâce en soit rendue à un scénario décrivant parfaitement la sourde montée en puissance de la menace nazie tandis que les élites juives polonaises refusent de croire au pire dans leur bulle civilisée. »

2004 – Fahrenheit 9/11, de Michael Moore, par David Bianic

« Il faut bien accorder un point à Moore dans son océan de malhonnêteté intellectuelle, celui d’avoir transcendé un genre alors moribond et d’avoir remis le documentaire dans les salles. Kathleen Turner, membre du jury, disait alors : “Fahrenheit 9/11 est plus qu’un documentaire : il tend à inventer un nouveau genre et il fallait rendre hommage à cela”. Tout doux, calmos sur la bouteille, Katoche ! Nouveau genre, peut-être pas, mais un sacré reboot, c’est certain. »

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