On a vu… que les bons débuts d’Underemployed posent question

On a vu… que les bons débuts d’Underemployed posent question

Les héros de Underemployed, symbole de la crise. Et de la crise des networks malgré eux ?

Diffusée depuis octobre, Underemployed confirme qu’un nouveau souffle créatif profite à MTV. La chaine qui a aussi lancé Teen Wolf  et Awkward récupère désormais des projets que l’on aurait vu, il n’y a pas si longtemps, sur des networks.

 Imaginée par Craig Wright (qui a travaillé sur Six Feet Under), Underemployed raconte l’arrivée de trois filles et deux garçons dans le monde des adultes et sur le marché du travail. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils ont des rêves plein la tête et un appétit de vivre prêt à engloutir tout Chicago s’il le faut.

Sauf que voilà, rien ne se passe comme ils l’imaginent et que la dure réalité va vite les conduire vers des boulots vraiment pas transcendants. Quand ils ne se retrouvent pas, très tôt, à composer avec les responsabilités qui incombent aux parents.

Rafraîchissante et bien écrite, combinant assez efficacement scènes drôles et moments émouvants, Underemployed parvient à rendre ses cinq protagonistes attachants en un rien de temps. C’est une série toute simple, finement équilibrée, et c’est ce qui fait sa force.

Tout ce que l’on trouvait sur les networks il n’y a pas si longtemps, et que l’on n’a presque plus aujourd’hui. 

Personnellement, ça me tracasse quelque peu. Soyons clairs : mon problème n’est pas que MTV tire joliment son épingle du jeu en proposant une nouveauté pleine de charme. Ca, on commence à s’y habituer et c’est tant mieux pour le public. Non, ce qui me gêne, c’est que ce show ne soit pas, par exemple, sur CW. Un network qui s’adresse à un public dont l’âge n’est pas très éloigné des héros de Craig Wright.

FML, c’est pour « Fichu Mobdoctor lymphatique », c’est ça ?

Je ne sais pas si le projet lui a été proposé, ou si Wright, qui a travaillé sur Brothers & Sisters et Dirty Sexy Money (ABC), a préféré obtenir une plus grande marge de manoeuvre en se tournant tout de suite vers MTV.

Mais sur le fond, il n’y a rien dans ce show qui ne soit pas diffusable sur une grande chaîne américaine. Et si aucune d’entre elles n’est aujourd’hui en mesure de repérer et de garder pour elle ce type de projet, là, on a un vrai problème.

Quand ce sont des séries comme The Wire, Mad  Men ou Breaking Bad, des oeuvres dont les spécificités sont incompatibles avec une diffusion sur un network, je le comprends. Je trouve ça d’autant plus normal que cela garantit la richesse de l’univers sériel.

Mais pour Underemployed, une série qui n’est pas sans rappeler Felicity dans l’esprit, j’ai un peu plus de mal. Je vais vraiment finir par croire que ces chaînes traversent une crise d’identité plus grave que je ne le pensais.

Et je ne dis pas ça seulement parce que Emily Owens, MD et The Beauty & The Beast, ça sent mauvais des pieds.

Partager