Un samedi dans le Hall H (1/7) : Ambiance au royaume des Nerds

Un samedi dans le Hall H (1/7) : Ambiance au royaume des Nerds

Ce week-end, le Daily Mars vous propose de vous plonger au cœur de la plus grande salle de la Comic-Con de San Diego : le Hall H. Une arène de 6700 personnes où les blockbusters se battent en duel pour gagner le cœur (et le portefeuille) des fanboys. Avec, souvent, des vrais morceaux de réalisateurs qui parlent dedans. Dans l’ordre, la journée du samedi 20 juillet dernier comptait les panels parmi les plus attendus de la Con en matière de films : Warner Bros., Lionsgate, Fox et Marvel Studios sont venus présenter leurs prochaines productions, avec beaucoup de « surprises » et de sens du show à la clé. On a même eu droit à une discussion de haut vol avec cinq femmes d’action très en vue.  Tour d’horizon sur une journée de ce que peut offrir ce temple du fanservice, le meilleur comme le pire.

La file d’attente devant le Hall H.

Le Hall H, c’est un bâtiment à l’atmosphère assez fraîche, une sorte de hangar d’aéroport aménagé pour « fanboys » et « fangirls ». Il a réellement gagné sa place dans la mythologie Comic-Con grâce à (à cause de ?) la franchise Twilight. C’est là que des hordes d’adolescentes ont campé, année après année, dans l’attente des panels consacrés aux films (astucieusement programmés le jeudi matin, soit le premier jour, afin de permettre aux autres participants de ne pas avoir leur place « retenue » par des Twi-hards). Les habitués de la Con continuent à pester contre ces fans, qui ont démarré le phénomène autour de présentations toujours plus spectaculaires, préparées par des studios en quête de plan marketing facile. Le Hall H est ainsi devenu un mélange entre une chapelle « geek » où affluent des hordes de pélerins venus voir 5 minutes du prochain Avatar, et une attraction façon Grand 8 approuvée par les plus grandes chaînes de télé (HBO) ou studios américains (Warner, Sony).

Le Hall H est certes un bâtiment très robuste, mais il n’est pas à l’abri de la pluie de critiques. Les plus nostalgiques, ceux qui ne se retrouvent PAS dans la file d’attente, lamentent ce qu’ils considèrent comme un Barnum appâtant les plus bas instincts des fans, et dénaturant l’esprit de la Con au passage (il ne faut pas oublier que c’est le grand raout de l’industrie du comic-book, grande comme petite). N’empêche que le Hall H, c’est ZE place to be pour voir, avant tout le monde et en projection publique, de longs extraits de longs-métrages pour la plupart très attendus.

Depuis 2011, les panels organisés dans le Hall H sont littéralement pris d’assaut. C’est donc la course à l’échalote permanente : qui aura la plus longue file d’attente ? Avec l’engouement phénoménal de séries comme Walking Dead ou Game of Thrones, les queues avaient atteint des proportions inégalées lorsque CCI les avait programmé ensemble. Mais 2013 a encore franchi un cap : les quatre journées du Comic-Con ont eu droit à des files d’attente interminables, y compris le dimanche avec un panel sur le cinquantième anniversaire de Doctor Who. Il fallait donc se lever tôt, très tôt pour avoir sa place dans la salle. Et ce samedi était un triumvirat assez puissant pour attirer au moins le double de la capacité du Hall H : Warner Bros. Et Godzilla, 20th Century Fox avec Wolverine et les X-Men, et surtout Marvel Studios avec Thor 2 et Captain America 2. L’auteur de ces lignes a donc patienté dès 2 heures du matin, au bord de la magnifique marina de San Diego. L’occasion de réaliser que les films et la « pop culture » sont un langage universel : outre un régional de l’étape qui venait à la Comic-Con depuis de nombreuses années, mes camarades de file d’attente comprenaient un couple venu de Chicago et deux Brésiliennes. L’attente est longue et assez dure à gérer : ceux qui n’ont pas apporté de couvertures ou de sacs de couchage en sont ainsi pour leurs frais.

A l’intérieur de la salle, le papotage va bon train, langage universel oblige, entre les panels. En général, le surcroît d’enthousiasme fait qu’on arrive à discerner assez aisément entre les tops et les flops. A l’applaudimètre, le trio de tête était : la révélation du titre du second Avengers, Age Of Ultron ; le logo Batman/Superman (avec pléthore de vidéos pour le prouver – voir ci-dessous); et l’accroissement progressif de l’hystérie avec la réalisation que les deux distributions des deux séries de films X-Men étaient au grand complet. (Le pic est à : Ladies and Gentlemen, the X-Men !) Mais dans le Hall H, l’indifférence polie se mesure aux applaudissements et aux “woo” épars, ainsi qu’au grand silence lors des discussions. Ce fut, malheureusement pour Lionsgate, le cas pour I, Frankenstein, tandis qu’Hunger Games a été un semi-ratage malgré la personnalité très avenante de Jennifer Lawrence. Même si, encore une fois, les mauvaises langues pointeront du doigt le comportement grégaire qui déclenche des réactions collectives à fleur de peau, l’énergie et la fébrilité aiguisées par des heures d’attente créent une atmosphère assez unique. Et c’est sans doute celle-ci qui en vaut la peine.

BONUS : l’article pour Grantland de l’excellent Todd Van Der Werff, dont c’était la première venue au Hall H.

Retrouvez à 14h la suite de ce feuilleton avec la première partie du Panel Warner Bros.

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