Une Série pour un rédacteur : The Wire (saison 1)

Une Série pour un rédacteur : The Wire (saison 1)

En septembre, nous vous avions demandé de choisir des saisons de séries à regarder pour les rédacteurs du Daily Mars. On finit avec Julia qui a découvert la « meilleure série du monde intergalactique de tous les temps ».

La meilleure série du monde

Il y a des choses qu’il faut avoir fait en tant que sériephile. Des choses à côté desquelles on peut difficilement passer sans être un ringard, un hérétique ou « pas un vrai sériephile ». Parmi ces choses, il y a avoir vu The Wire (ou Sur écoute en français) : « Quoi t’as pas vu The Wire ? Mais putain, tu sais pas que c’est la meilleure série de tous les temps ? »

Si je n’y avais pas été obligée par le sondage, je n’y serais pas retournée. J’avais déjà essayé de regarder The Wire, il y a quelques années, quand c’était déjà « la meilleure série de tous les temps ». Le problème avec cette série, c’est que mon corps réagit à son visionnage de la manière la plus étrange : il s’endort. C’est imparable, je mets un épisode, je dors dans un délai variant de 10 à 20 minutes.

« C’était il y a 6 ans, ça ! », me suis-je dit naïvement, quand j’étais encore jeune et fofolle, quand mon cerveau avait besoin d’être nourri de récit épileptique pour rester éveillé … J’ai vite déchanté. Il m’a fallu 15 heures de visionnage pour regarder les 8 premiers épisodes. Mais je les ai tellement vus que je peux enfin en tirer un résumé en une phrase. The Wire, c’est l’histoire de la ville de Baltimore touchée par un fléau, la drogue. Quand je dis la ville de Baltimore, ce n’est pas démesuré, c’est la police, les drogués, les juges mais aussi les habitants qu’on suit dans chaque épisode. Et chaque catégorie est représentée relativement équitablement. The Wire est une série chorale, dans lequel le culte d’un personnage principal n’a pas vraiment sa place, puisque chaque élément a son importance.

Il y a donc un avis sur lequel je ne changerai pas depuis le début : les premiers épisodes de The Wire sont chiants. On voit un récit se dérouler lentement devant nous. C’est un récit intense, intéressant, des personnages attachants et complexes, mais il faut bien attendre 6 épisodes pour voir se dessiner un cavenas complet.

Mon premier coup de cœur arrive à l’épisode 6 (ça fait 6 heures à patienter, 6 heures c’est long, surtout quand on s’y reprend à 4 fois pour chaque épisode). L’épisode 6 illustre la grande force de la série : montrer la complexité des personnages sans tomber dans la facilité. Omar, le dealer en chef, vit un deuil, et cela nous touche à un point inattendu. C’est aussi dans cet épisode que le titre de la série prend tout son sens :  l’écoute des cabines téléphoniques est enfin mise en place. L’enquête peut donc réellement commencer.

Il y a peut-être une raison pour que cet épisode porte le même nom que la série, c’est peut-être le vrai point de départ, avant on assiste simplement à une longue mise en place. Longue, n’est pas forcément le mot exact. En réalité, la série prend à contrepied le tempo des séries modernes qui accélèrent tout. Là où Les Experts résolvent une affaire en 40 minutes chrono, là on voit une enquête se mettre en place doucement avec toutes les difficultés humaines, administratives et légales qu’on peut rencontrer.

C’est peut-être cette lenteur qui me poussait à dormir, mais au final, c’est de ce temps passé tranquillement avec les personnages que naît un attachement profond pour leur devenir. Et cela pour tous les personnages. Ici, il n’y a pas de bien ou de mal, de méchants dealers contre de gentils policiers, rien n’est tout noir ou tout blanc. Certaines relations se tissent sous nos yeux, et d’autres se révèlent parfois tardivement.

C’est ça, The Wire. Ce n’est probablement pas la meilleure série de tous les temps, ni de toute la galaxie, et je continuerai à dire jusqu’à ma fin que les premiers épisodes sont incroyablement chiants et que c’est un formidable somnifère. Mais c’est aussi une série qu’on vit au rythme de la vie, tout ne nous est pas offert sur un plateau dès le début, et comme dans la vie, parfois il faut s’accrocher pour finir par apprécier ce qu’elle nous offre. Ouais, je sais, cette conclusion est incroyablement cucul, mais c’est ça aussi l’effet The Wire.

 

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