Revue de presse : Pourquoi Warner Bros ferait mieux de la fermer au sujet de Veronica Mars

Revue de presse : Pourquoi Warner Bros ferait mieux de la fermer au sujet de Veronica Mars

Warner Bros et le sens de la pub…

Piquer une petite colère en début de semaine, c’est très facile. Il suffit de se retrouver face à une campagne de pub au sujet du projet « Veronica Mars Movie » sur le web. Une campagne de félicitations… signée Warner Bros Digital Distribution. Vous avez dit « culot » ?

Deux bannières de pub à la une du site Deadline.com. Rien que ça. Deux bannières avec le sourire taquin de miss Mars et  un petit message. « Warner Bros. Digital Distribution félicite Rob Thomas et Kristen Bell pour leur historique campagne kickstarter pour le projet Veronica Mars Movie ».

Globalement, plus gonflé, tu t’envoles.

Si je prends mon clavier aujourd’hui, ce n’est pas pour revenir encore sur les multiples questions posées par ce projet de film financé via une campagne de levée de fonds assurée sur le web. La rédaction du Daily Mars l’a déjà fait et je n’ai rien à rajouter là-dessus. Par contre, voir les gens de Warner Bros Digital Distribution lever les pouces, les sourcils bien haut avec un sourire crispé, ça me laisse vraiment songeur.

S’il ne faut pas tout confondre (WB Digital Distribution n’est pas la section du studio en charge du lancement des films), on ne peut être que consterné en constatant que la grande maison WB ne craint pas le ridicule. Surtout en terme d’image.

Que les exécutifs du studio n’aient pas su percevoir la force de la marshmallow fanbase, à la limite soit. C’est regrettable mais c’est largement concevable. Que ces mêmes exécutifs n’aient pas été en mesure de saisir la belle opportunité offerte en chemin par l’opération Kickstarter, c’est déjà plus problématique.

Qui a dit « Plus c’est gros, plus ça passe » ?

On n’avait pas trop eu l’occasion d’en parler à l’époque mais il y a un mois, alors que la levée de fonds autour du film était déjà un succès, Marc Graser avait signé, pour Variety, un très bon papier sur cette question.

Pour Graser, les costards cravate de WB ont effectivement loupé une superbe occasion d’établir une connection solide avec un groupe de fans particulièrement loyaux. En subventionnant en cours de route le kickstarter, le studio aurait-il signé un coup marketing en temps réel particulièrement opportuniste ? Oui, assurément. Mais en terme d’image, auprès d’une frange de la population capable de débourser la bagatelle de plus de 5,7 millions de dollars en un mois, le gain symbolique aurait été énorme. Et les moyens de surfer sur la vente de nouveaux produits dérivés éventuellement démultipliés.

Certes, le succès de cette opération kickstarter tient du phénomène. Peut-être que tous ceux qui ont accepté de donner ne sont pas des fans absolus de la série, qu’ils ont voulu participer à un truc de dingue (façon « J’en suis/J’en étais »). Mais à l’époque où la communication virale est reine et dans une réelle optique de développement, il y a une bande de Yes Men qui peut se les manger aujourd’hui. Et plus encore ceux qui ont eu l’idée de la campagne de pub « Et encore bravo, hein » visible cette semaine. Ces bannières démontrent en effet qu’ils n’ont toujours pas vraiment compris à qui ils s’adressent… et même pourquoi ils leur parlent.

Si, comme Coluche, vous pensez que « de tous les imbéciles, les plus agréables sont ceux qui se taisent », on ne peut pas franchement vous donner tort.

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