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Version Officielle : théorie du complot pour une fin du monde

Version Officielle : théorie du complot pour une fin du monde

Les éditions Super 8 continuent leur travail dans un monde qui est presque comme le nôtre mais avec un twist, une petite virée dans le fantastique qui s’installe, petit à petit. Et si finalement, nous n’étions tous que des pantins ?

indexL’histoire : Jack Felter est professeur d’histoire, obligé de rentrer chez lui, à Franklin Mills, pour voir son père, un ancien du Vietnam qui perd petit à petit la mémoire. Mais c’est une vraie boîte de Pandore qui s’ouvre à lui, quand il tombe sur Samantha, son amour d’adolescence. Samantha qui a été mariée à son meilleur ami, Tony Sanders, un psychiatre décédé il y a trois ans. Mais ça, on n’en est pas sûr. Et quand Jack décide de se lancer à sa recherche, c’est par le biais d’un garçon de 16 ans, traité en hôpital psychiatrique pour sa paranoïa. Qui a raison au final. L’enfant ? Ou la société ?

Mon avis : Version officielle, c’est un peu ce genre de livre à ne pas mettre entre toutes les mains. Un livre que l’on pose en ayant envie de faire bouillir son eau, et de lire les infos avec un scepticisme toujours plus grand. Ce n’est certes pas de la grande littérature, mais le tout est assez bien ficelé pour qu’on ait envie de toujours en savoir plus. Quel est le lien entre la démence, l’amour, les Chiens et la Seconde Guerre mondiale ? Pourquoi y a-t-il des jours qui semblent sauter, des semaines qui nous semblent longues comme des jours sans pain ? James Renner propose sa réponse. Une réponse amusante, plus proche d’un huis clos que d’une conspiration mondiale, à l’économie de personnages qui permet une vision plus personnelle.

James Renner

James Renner

Pourtant, la résolution tombe un peu à plat, malgré un twist final assez agréable. La machine s’emballe, et finalement, on se demande bien quel était le but de ce livre. Nous faire douter de la réalité ? Nous attacher à un trio qui aurait sans doute été bien plus heureux s’il avait été dans un ménage à trois ? Mais sans doute le vrai point positif du livre est sa description de la famille. James Renner n’est jamais aussi bon que quand il met ensemble Jack, le héros, sa sœur et son père dément. C’est finalement une histoire avant tout de famille, qu’on la choisisse ou qu’on la subisse.

Si vous aimez : Dernier meurtre avant la fin du monde, aussi chez Super 8 éditions, un roman assez léger dans un monde qui tombe en ruine autour de son héros.

Autour du livre : Il s’agit du second roman de James Renner, qui a notamment été journaliste au Cleveland Scene. En tant qu’auteur, il s’intéresse plus particulièrement aux enquêtes judiciaires. D’où peut-être un ton assez détaché.

Extrait : « Jack rentra chez lui juste avant midi. Il avait une sensation désagréable au creux de l’estomac, un tiraillement d’inquiétude mêlé à un sentiment d’urgence. Il avait l’impression d’être manipulé, détermina-t-il enfin ; poussé en direction de quelque fin secrète. Manipulé par qui ? Par quoi ? Par la maladie sans nom qui volait les souvenirs de son père, corrompant une relation qu’il tenait pour acquise ? Par Sam, encore capable de tirer ses ficelles ?
La question était aussi vieille que l’Histoire : Pourquoi est-ce que tout cela m’arrive à moi ?
Au moins, Jean, elle, avait toujours été loyale. Toujours là pour lui, et sincère.
Si quelqu’un avait des raisons de se plaindre, c’était bien elle. Elle aussi s’était retrouvée empêtrée dans une relation avec un membre de la famille de Sam. Elle avait bien failli ne pas s’en tirer vivante. Et maintenant, elle avait le Capitaine à gérer. Pourtant, elle semblait apprécier la tâche démoralisante de maintenir leur père en vie. Jack s’en voulut d’avoir été aussi égoïste.
« Ça va ? » lui demanda-t-elle lorsqu’il la rejoignit sur le porche.
Il l’attira dans ses bras et la serra contre lui.
« Je t’aime, dit-il, sentant son énergie le quitter, s’écouler de sa bouche sur l’épaule de sa sœur en un long soupir douloureux. Je ne sais pas où tu trouves la force de rester. Tu es tellement plus courageuse que moi. »

Version officielle
Écrit par
James Renner
Traduction
Caroline Nicolas
Édité par
Super 8 éditions

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