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Voyage à Neuneuland (critique de Charlie Countryman, de Fredrik Bond)

Voyage à Neuneuland (critique de Charlie Countryman, de Fredrik Bond)

Note de l'auteur

Charlie_CountrymanParmi les acteurs qui cherchent un nouveau souffle à leur carrière, il y a celui qui a du bol. Il tombe sur un rôle aux petits oignons dans un petit film pas dégueulasse et hop le tour est joué. Il repart non seulement pour un tour, mais avec une légitimité d’acteur « sérieux » en prime. Et puis il y a celui qui a la scoumoune. Il tombe sur un projet qui a pourtant l’air pile poil dans les cordes, avec suffisamment de noms reconnus sur la place du métier de la profession, mais au final, c’est une énorme baudruche et l’acteur en question se ridiculise dans les grandes largeurs. Shia LaBeouf fait parti de cette catégorie.

Pauvre Shia. Non vraiment, ce type a une poisse pas croyable. Alors qu’il n’était pas loin de se racheter une petite carrière tranquille, il faut qu’il se compromette dans cette espèce de pseudo polar mou du bulbe à la sauce roumaine. C’est donc l’histoire de Charlie Countryman qui après avoir perdu sa moman (Melissa Leo), s’envole faire n’importe quoi à Bucarest. Evidemment, il va rencontrer le grand Tamour et c’est là que les emmerdes commencent pour lui, et l’ennui pour le spectateur.

Car Fredrik Bond a beau essayé de filmer la vie nocturne, étrange et dangereuse de la capitale roumaine, tout sonne affreusement faux. Malgré les quelques tentatives de rendre son récit un peu nerveux et rigolo, le réalisateur sombre systématiquement dans le film noir en toc et dans le neuneu de compétition. Rachel Evan Woods est aussi convaincante en femme « fatale » qu’une olive dans le rôle d’une chips et le grand Madds Mikkelsen fait ce qu’il peut pour jouer le grand méchant loup, mais il faut bien avouer que le pauvre n’est absolument pas aidé par le scénario.

A ce sujet, non seulement, il n’a rien d’original mais en plus il a fallu que Matt Drake (Project X), le scénariste, plombe tous ces personnages de ridicule. On est dans le roman de gare à l’eau de rose qui se donne des allures de James Hadley Chase. Le sombre gangster souffre d’amour, la femme fatale joue du violoncelle et notre jeune foufou dit merde à la drogue, même s’il a l’air passablement défoncé les trois quarts du temps. Mais, ça voyez-vous, c’est l’amour, pas la drogue. Parce que l’amour c’est bien et la drogue c’est mal (ce qui en substance, n’est pas faux, mais ce n’est pas le sujet).

Sous son apparence faussement provoc’, Charlie Countryman est en fait d’une pudibonderie impressionnante qui confine à la bêtise absolue dans son final über crétin. Quant à Shia LaBeouf, on espère que Furry, le prochain David Ayer, lui sera de meilleure augure (ou pas, hein, là aussi, si pouvez vraiment pas, c’est pas la peine d’insister).

 

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