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Wolfenstein II: The Freedom Chronicles – à l’ouest, rien de nouveau

Wolfenstein II: The Freedom Chronicles – à l’ouest, rien de nouveau

Note de l'auteur

Wolfenstein New Order avait eu le droit à son DLC stand-alone The Old Blood. De New Order à Old Blood, du neuf au vieux. Alors est-ce que Bethesda continue de faire du neuf avec du vieux avec ce DLC de The New Colossus (décidément), intitulé The Freedom Chronicles ? (Spoiler : oui.)

Après avoir trépigné d’impatience pour jouer au jeu final (voir le preview), Wolfenstein II: The New Colossus a reçu de notre part au Daily Mars un accueil en demi-teinte. Je vous invite à jeter un œil à mon retour, ainsi qu’à celui de Florian. Même si je pense avoir été plus enjoué par le jeu dans ses grandes lignes, nous sommes d’accord sur le fond. Si le gameplay est une réussite, il ne révolutionne en rien le monde du FPS et si quelques mécaniques sont améliorées (comme le fait de pouvoir tenir une arme différente dans chaque main), la plupart des ajouts comme les échasses ou les phases en Panzerhund sont totalement oubliables. Question contenu, l’univers est toujours aussi réussi, mais la narration ne trouve jamais le ton approprié, entre humour grindhouse décalé et drame humain.

Alors quand ce Freedom Chronicles est sorti, mon enthousiasme était un peu érodé, mais c’est toujours un plaisir que de se replonger dans un Wolfenstein. Tout d’abord, le jeu est totalement indépendant de la trame principale et se présente sous forme de 4 épisodes.

L’épisode zéro nous propose une présentation de chaque personnage : Joseph Stallion alias « Gunslinger Joe », un ancien quarterback noir assoiffé de vengeance, Jessica Valiant alias « Agent Silent Death » une ancienne espionne assoiffée de vengeance, et le Captain Wilkins, un ancien soldat assoiffé de vengeance. Vous commencez à déceler un thème ?

La grande réussite de ce DLC, et tout particulièrement de cet épisode 0, c’est la narration. Originale, servie par des voix off franchement bien interprétées et des cut-scenes dans un style comic book des années 40-60 vraiment superbes. Le ton est également plus cohérent que dans le jeu principal. Chaque histoire va droit au but, chacune dans un style légèrement différent, toujours plein d’humour, mais sans trop de mauvais goût.

Après cet épisode teaser, chacun des trois épisodes suivants nous propose alors l’histoire propre de chaque personnage, avec comme fil conducteur, une arme mystérieuse, le Sonnengevehr (sun gun) déjà apparu dans The New Order. Un MacGuffin sur lequel on n’apprend finalement pas grand-chose, et qui n’a que peu d’importance.

Le problème qui apparaît alors est le suivant : l’épisode zéro nous présentait ses personnages, chacun dans deux environnements différents, dans un style très Tarantinesque, et c’était très bien. Mais quelle sera votre déception quand vous découvrirez que CHACUN des six environnements de l’épisode zéro est en fait tiré, à l’identique, des épisodes suivants. Plutôt que de nous proposer une intro originale à chaque personnage, Bethesda nous ressert les mêmes niveaux deux fois de suite. Et vu que chacun des 3 épisodes comprend seulement 3 niveaux, autant vous dire que vous avez déjà tout vu dès l’épisode zéro. Alors certes ce ne sont que des portions des niveaux dans leur totalité, mais à chaque épisode, j’avais vraiment l’impression de jouer à une version longue de l’épisode zéro, tout en ayant déjà fait les meilleurs moments…

Par ailleurs quels sont-ils ces environnements ? Une ville de banlieue, un studio de cinéma, une base militaire, une station spatiale, un sous-marin… Ça vous rappelle quelque chose ? Si vous avez fini The New Colossus, alors vous n’allez rien voir de nouveau. De plus chaque histoire est construite de la même manière, alors oui chacune est réussie en soit, mais où est la surprise, la nouveauté, l’originalité ?

Idem pour le gameplay, chaque personnage est doté d’une des trois améliorations possibles pour Blazko. Joseph Stallion a l’armure bélier (c’est un footballeur, comprenez ?), Jessica Valiant le harnais constricteur (c’est une femme, comprenez ?) et Wilkins les échasses (non là l’explication, c’est qu’il a trouvé des échasses…). Vous aurez droit à quelques phases en Panzerhund avec Stallion, mais rien d’original, celui-ci n’est toujours équipé que d’un unique lance-flamme à la portée très faible.

Seule petite différence : Jessica Valiant peut ramper indéfiniment tandis que Blazko finissait par étouffer. Plus généralement, c’est cet épisode que j’ai trouvé le plus fun, et c’est la première fois dans la saga Wolfenstein que j’avais vraiment l’impression que les niveaux avaient été conçus avec l’infiltration en tête. On est très loin d’un Splinter Cell, mais c’est déjà pas mal !

Pour le reste, la voix off du Captain Wilkins est très drôle, encore une fois, la narration est impeccable, c’est truffé de petits clins d’œil sympas. Mention spéciale au dentiste nazi pour les fans de Marathon Man.

En bref, les qualités sont là, le gameplay est toujours aussi fluide, on s’amuse, on se défoule, la direction artistique est réussie… Mais ce DLC représente pour moi le problème principal des DLC aujourd’hui : c’est paresseux, il n’y a aucune prise de risque, on nous ressert des environnements du jeu principal, et même des environnements au sein du DLC lui-même, pas non plus de nouvelle mécanique de jeu… Reste que je le conseille quand même fortement aux fans de Wolfenstein, et à tous ceux qui veulent profiter d’un hybride entre le roman graphique et le jeu vidéo. Mais j’en attendais bien plus de ce Freedom Chronicles

Wolfenstein II: The Freedom Chronicles
Développeur : MachineGames
Éditeur : Bethesda
Plateformes : PC, PS4, Xbox One

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