World War Z, le blockbuster lowcost

World War Z, le blockbuster lowcost

Note de l'auteur

Amer et prévisible constat : World War Z croule sous trop de défauts scénaristiques et de pains de mise en scène pour rentrer au panthéon des films de zombies. Il gâche la chance d’une bonne adaptation du livre culte de Max Brooks malgré un budget pharaonique.

Synopsis :
Un jour comme les autres, Gerry Lane et sa famille se retrouvent coincés dans un embouteillage monstre sur leur trajet quotidien. Ancien enquêteur des Nations Unies, Lane comprend immédiatement que la situation est inhabituelle. Tandis que les hélicoptères de la police sillonnent le ciel et que les motards quadrillent les rues, la ville bascule dans le chaos…Les gens s’en prennent violemment les uns aux autres et un virus mortel semble se propager. Les êtres les plus pacifiques deviennent de redoutables ennemis. Or, les origines du fléau demeurent inconnues et le nombre de personnes infectées s’accroît tous les jours de manière exponentielle : on parle désormais de pandémie. Lorsque des hordes d’humains contaminés écrasent les armées de la planète et renversent les gouvernements les uns après les autres, Lane n’a d’autre choix que de reprendre du service pour protéger sa famille : il s’engage alors dans une quête effrénée à travers le monde pour identifier l’origine de cette menace et trouver un moyen d’enrayer sa propagation…

Il faut bien l’avouer, on ne le sentait pas bien ce World War Z. La gestation fut difficile : sortie repoussée de 6 mois, multiples réécritures de scénario, dépassement de budget, problèmes sur le tournage… l’accouchement allait être compliqué. Tous les forceps de la promotion ont été usités et usés, le bébé a fini par sortir pile-poil dans la période estivale propice au blockbuster. Comble de la chance, c’est le dernier jour de la Fête du cinéma et si malgré cette critique qui s’annonce acerbe (je ne vous prend pas en traître), vous voulez vous faire votre opinion – attitude louable, j’ai ouï-dire que Téléstar a bien aimé -, ça ne vous coûtera que 3,50 euros. Vous sortirez de la salle en vous disant que ce n’est pas si mal, que ça se laisse voir, puis vous l’oublierez ou, comme votre serviteur, vous y repenserez un petit peu, et là, c’est le drame.
Vendu comme un film de zombies, d’infectés, dans la tradition du genre magnifié par Georges A. Romero, vous allez sévèrement déchanter. D’abord, dans le propos. Le grand Georges nous offrait une lecture anticonsumériste de la société, Le Capital  Z selon Romero, Mark Foster nous propose plutôt Martine prend l’avion, avec Brad Pitt dans le rôle titre. En bonus, vous avez droit à une idéologie assez limite sur la barrière de protection israélienne, les avantages de la dictature coréenne dans la résolution des problèmes de santé publique et un placement produit d’une nullité crasse… Ça donne envie, hein ?
Vous me direz :
« Euh, l’autre, c’est un film d’action, on ne se creuse pas la tête avec ces considérations géopolitiques. »
C’est vrai, alors parlons-en de l’action. Je vous le concède, le premier quart d’heure est plutôt pas mal. La tension monte, les vagues de zombies ont un rendu sympathique si tant est que l’on ne soit pas puriste et tatillon sur l’existence du zombie-sprinteur. Mais, scrogneugneu, il va falloir arrêter d’embaucher des monteurs épileptiques cocaïnomanes et réparer cette fichue steady-cam ! Les tremblements et les plans d’un quart de seconde enchaînés frénétiquement ne donnent pas un sentiment d’action ! Ils piquent les yeux et donnent la nausée ! Quantum of Solace n’a fait que conforter le piteux Foster dans ses mauvais choix de mise en scène, faut-il croire.

À part ça, vous aimez les ellipses ? Vous allez être bien servis, mes cocos ! Le beau(toxé) Brad se déplace en avion entre les États-Unis, La Corée, Israël, la Russie et l’Irlande, plus vite qu’il ne le faut à Lance Armstrong pour boucler une étape du Tour de France. Certes nous n’allons pas passer une demi-heure sur chaque voyage mais ici, les raccourcis sont trop nombreux et grossiers. À chaque escale, Brad est témoin ou victime d’un phénomène qui le mène irrémédiablement vers la prochaine halte de son périple jusqu’à l’apothéose finale signée Damon Lindeloff… Non, ça ne se passe pas dans une église avec une lumière blanche mais c’est tout aussi hors de propos et bâclé (ceux qui ont subi les six saisons de Lost me comprendront).
Avec un scénario de cet acabit, les acteurs peuvent-ils sauver le film ? Évidemment, non. Brad Pitt tient gauchement l’intrigue sur ses épaules à l‘instar d’un Tom Cruise, étouffant tous les seconds rôles dont le scénario ne semble, de toute façon, guère se soucier. Bonjour Matthew Fox. Au revoir Matthew Fox. Deux secondes à l’écran.

Résumons. C’est mal filmé, le scénario est simpliste, linéaire et bâclé, seules les vagues zombiesques sont un peu réjouissantes. Dommage.

World War Z de Mark Foster avec Brad Pitt, Mireille Enos, Daniella Kertesz, Fana Mokoena…

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