X-Files en 20 épisodes : all things (Existences) [7×17]

X-Files en 20 épisodes : all things (Existences) [7×17]

Note de l'auteur

Lancée le 10 septembre 1993, The X-Files fêtera ses vingt ans à la rentrée. A l’approche de cet événement le Daily Mars va passer tout l’été avec la série culte créée par Chris Carter, qui rassembla les fans de fantastique, d’horreur et de science-fiction tout au long des années 90, au fil de ses quelques 202 épisodes. Nous vous proposons de vous raconter l’histoire de The X-Files en vingt épisodes. Après Duchovny, Gillian Anderson décida à son tour d’écrire et de réaliser un épisode qui confrontait Scully à un univers proche de celui de son interprète. C’est l’objet de notre seizième volet.

La magie des doublures permet de multiplier Scully par deux !

Mulder décide d’aller en Angleterre car un logiciel a prédit que des corp circles allaient y apparaitre dans les prochaines 48 heures, mais Scully refuse de le suivre. A l’hôpital où elle vient chercher un rapport d’autopsie, elle découvre par coïncidence qu’un de ses professeurs de médecine, Daniel Waterston, avec qui elle a eu une liaison à l’époque, est hospitalisé suite à un problème cardiaque. Depuis dix ans, il vit dans cette ville, après avoir quitté sa famille, dans l’espoir de la revoir…

Scénario & réalisation : Gillian Anderson. Première diffusion Fox : 9 avril 2000 ; première diffusion M6 : 2 novembre 2000.

 

La Conception

Chris Carter et les autres scénaristes de la série avaient commencé la septième saison persuadés qu’elle serait la dernière de The X-Files. Mais cette certitude a été de plus en plus remise en cause. Cela les a conduits à mettre de côté de nombreuses idées prévues, et qui auraient directement conduit à la fin de la série. Mais une chose est restée inchangée : il était temps pour la relation entre Mulder et Scully de réellement évoluer, pour préparer un élément qui interviendrait, quoi qu’il arrive, dans le dernier épisode : la grossesse de l’agent Scully, rendue possible par les propriétés régénératrices du Vaisseau des Origines auprès duquel elle avait passé du temps dans le premier épisode de la saison.

« Nous allons explorer cette relation comme nous ne l’avons jamais fait auparavant, » prévenait Chris Carter au moment du lancement de la saison. « Nous allons aborder ce sujet, même si nous ne le ferons pas exactement d’une manière claire, mais c’est la manière dont X-Files traite les choses » [Chris Carter: Facing ‘X’ Factor, par Greg Braxton, LA Times, novembre 1999]. Son bras droit allait dans le même sens : « Il y a eu ce baiser manqué dans le film, qui était l’indication d’un désir, et je crois que nous avons joué avec cela essentiellement par l’humour l’année dernière. Il y aura un examen plus direct de leur relation dans l’année à venir » [Frank Spotnitz looks to the future of The X-Files, par Melissa J Perenson, Sci Fi Entertainment, 1999].

Les deux scénaristes plantent des indices, des moments clefs, au fil de la saison. Dans « Millennium » [7×04], Mulder et Scully s’embrassent sous le gui pour fêter la nouvelle année. Dans « Rush » [7×05], ils semblent au moins aussi intéressés par leur badinage que par leur enquête. Dans « Sein Und Zeit » [7×10], après le décès de la mère de Mulder, Scully passe la nuit dans l’appartement de son collègue.

L’instant qui va changer le destin de Mulder et Scully

Alors que Gillian Anderson développait le scénario de son épisode, « all things », Spotnitz et Carter réalisèrent que cette histoire intime, dont la relation entre Scully et Mulder était un des thèmes sous-jacents, était la parfaite occasion pour inclure un événement nécessaire. La première nuit que passeraient Mulder et Scully ensemble. La nuit où leur enfant serait conçu.

« Quand j’ai écrit l’épisode, je ne faisais pas d’allusion au fait que Mulder et Scully pourraient avoir passé la nuit ensemble, » se souvient Gillian Anderson. « Mais à un moment, Frank Spotnitz est venu me voir et m’a dit qu’ils pensaient que ce serait un bon moment pour faire cette implication, à ce moment de la saison, et que nous pourrions l’inclure dans le scénario. C’est comme ça que c’est arrivé » [Commentaire audio de l’épisode, Coffret DVD saison 7, 20th Century Fox Home Video, 2002].

Dans les faits, l’épisode commence en montrant Scully se rhabillant en pleine nuit, dans une salle de bain. Mais pas sa salle de bain. Tandis qu’elle s’éloignait, on découvrait qu’il s’agissait de celle de Mulder, qui dormait dans la chambre attenante. La fin de l’épisode revenait à la soirée précédente, et montrait Scully s’endormir dans le canapé de Mulder, sur son épaule. Que s’était-il passé entre ces deux instants ? Chacun était finalement laissé libre d’imaginer sa version, au moins jusqu’à ce que Scully annonce qu’elle était enceinte dans les derniers instants de « Requiem » [7.22].

Tout le problème, c’est que la tension sexuelle entre les deux agents n’était jamais aussi forte que lorsqu’elle n’était pas écrite. Et l’approche voulue par Carter et Spotnitz, leur objectif d’ambiguïté qui revenait à faire en sorte que le rapprochement de Mulder et Scully survienne essentiellement hors écran – pendant les pubs, plaisantaient à l’époque les fans – manque de naturel, de spontanéité et de cœur. Il conduit Mulder et Scully à se comporter bizarrement et à refuser d’adresser certaines questions à voix haute, même quand elles étaient pressantes. Une tendance qui se prolongera toute une année supplémentaire, jusqu’au dernier plan du dernier épisode de la huitième saison. Le procédé était pensé pour raconter une histoire sentimentale à la manière X-Files, il a surtout affaibli les personnages de Mulder et Scully, non pas par l’acte en lui-même, mais davantage par les contorsions qu’on leur a fait subir. Franchement, à mes yeux, qu’ils soient enfin admis qu’ils formaient un couple à la fin de la huitième saison arrivait comme un soulagement.

 

Le X-file de Gillian

Après que David Duchovny ait écrit et réalisé « The Unnatural » vers la fin de la sixième saison, on demanda de plus en plus souvent à Gillian Anderson si elle entendait faire de même. Les journalistes, bien sûr, mais pas seulement.

« J’avais pensé à écrire un épisode. Rien de spécifique, mais je m’étais dit qu’à un moment, je pourrais le faire. Mais je n’avais jamais vraiment d’idées. J’avais d’autres priorités dans la manière dont je concentrais mon énergie. Et puis j’ai eu une offre ou deux de chaînes du câble pour réaliser des choses. Rien de ce qu’ils m’avaient proposé ne m’intéressait vraiment, mais cela avait élevé mon intérêt pour le fait de réaliser. Un jour que j’étais au téléphone avec mon manager, après une discussion autour d’un film pour le câble, elle m’a dit : ‘et est-ce que tu envisagerais d’écrire un X-Files ? As-tu déjà eu des idées ?’. Il y avait bien quelques images que j’avais pitchées à Chris quelques années plus tôt. Il m’avait dit : ‘ça a l’air pas mal, on fera quelque chose avec ça l’année prochaine’, mais rien n’est arrivé, et j’ai complètement oublié tout ça parce que je n’avais pas l’énergie pour en faire quelque chose. Quand ma manager m’a reposé la question, j’ai repensé à ces images qui avaient flotté dans mon esprit » [Agent of Fortunes, par Ian Spelling, Starlog Magazine, juin 2000].

Le soir de cette conversation, Anderson couche ses idées sur papier, dans un premier traitement qu’elle proposera le lendemain à Chris Carter en allant le trouver à son bureau. L’idée que l’actrice puisse s’atteler à un épisode est accueillie avec bienveillance par le showrunner. « Bien sûr que nous soutenions cette idée. On tient à soutenir ces personnes qui ont apporté tellement à la série et leur donner leur chance de franchir une nouvelle étape créative. L’idée de Gillian représentait un vrai changement pour The X-Files. C’était intime et calme, mais il apparaissait clairement que ces idées lui tenaient à cœur, qu’elles étaient importantes » [All Things : The Official Guide to the X-Files 6, par Marc Shapiro, éditions Harper Prism, 2001].

« Il y a des moments, des situations, des coïncidences, des moments de battement chaque jour, à chaque instant qui, si nous voulons bien leur accorder de l’attention, nous montrent le bon chemin » expose Gillian Anderson pour clarifier ses intentions. « Je parle par exemple du fait de voir une publicité dans un panneau au bord de la route qui a une résonance particulière pour vous. Il dit quelque chose qui était justement dans votre tête. Je parle du fait de recevoir un appel d’un ami que vous n’avez pas vu depuis quelques années juste au moment où vous pensez à lui. Il y a des signes qui peuvent nous guider dans la bonne direction, qui peuvent nous aider à faire le bon choix, à prendre le chemin qui va nous élever » [Agent of Fortunes, par Ian Spelling, Starlog Magazine, juin 2000]

Une rencontre fortuite qui ré-ouvre un pan passé de la vie de Scully…

Dans l’épisode, cette idée s’incarne lorsque Scully se trompe de chambre alors qu’elle rend visite à Daniel. Elle rentre d’abord dans la chambre où se trouve Colleen, pleine de chaleur et d’harmonie, avant d’arriver finalement dans celle de Daniel, triste et froide. Une indication du fait qu’il est une tentation aux conséquences négatives. Plus généralement, le concept est symbolisé par ces moments où le temps s’étire, et où divers objets battent en rythme, comme un écho aux battements du cœur malade de Daniel. « C’était vraiment difficile de trouver comment faire marcher ces moments, ces moments suspendus dans le temps, pendant lesquels elle a l’opportunité de prendre des décisions qui vont affecter sa vie considérablement. Filmer ça présente d’intéressants dilemmes. Il faut que cela fonctionne sans qu’ils semblent ridicules ou trop forcés. J’espère que nous avons réussi » [Commentaire audio de l’épisode, Coffret DVD saison 7, 20th Century Fox Home Video, 2002].

Ces images que Gillian Anderson avait à l’esprit, elle les mixe avec divers influences : le film Magnolia (Paul Thomas Anderson, 1999) notamment, par le traitement des coïncidences et des connexions entre les gens. Ainsi, une personne apparaît à plusieurs reprises dans l’épisode. « La femme qui tend à Scully la radiographie, c’est la même femme que Scully manque d’écraser plus tard, ce qui lui sauve en fait la vie puisque qu’elle lui permet d’éviter un camion. Ça a commencé avec cette scène de l’accident évité, et nous avons réalisé en travaillant que c’était cela l’aspect paranormal de cet épisode, ce qui est important puisque c’est une série sur le paranormal. Alors nous avons continué de jouer sur l’implication de cette femme, en trouvant des moments pour la faire réapparaître » [Commentaire audio de l’épisode, Coffret DVD saison 7, 20th Century Fox Home Video, 2002].

Une autre influence est un titre de Moby : « The Sky is Broken ». « Je conduisais un soir pour rentrer à la maison, et j’écoutais l’album de Moby et cette chanson a commencé à se jouer et il est devenu important, très tôt dans l’écriture de l’épisode, que je l’utilise. J’étais déterminée à avoir cette chanson. Et plus j’écoutais les paroles, et plus cela collait avec mes idées qui se développaient pour mon scénario » [Commentaire audio de l’épisode, Coffret DVD saison 7, 20th Century Fox Home Video, 2002].

L’album Play de Moby était d’ailleurs particulièrement prisé cette saison-là dans les bureaux de 1013 Productions, puisqu’un autre titre, « My Weakness », avait été utilisé de manière assez formidable dans l’épisode « Closure » [7.12], où Mulder apprenait ce qui était réellement arrivé à Samantha. Un troisième titre, « Run On », avait été incorporé au deuxième épisode de Harsh Realm (bref : Moby est passé à deux doigts de mettre Mark Snow au chômage technique !).

« Cela a été vraiment formidable de collaborer avec Mark Snow sur la musique pendant la post-production, » précise toutefois Gillian Anderson. « Je lui avais donné quelques CD et demandé de faire quelques choses avec certaines saveurs. Il a fait un travail sensationnel sur la musique, pour toute l’ambiance de l’épisode. Et cette musique a évolué pour devenir le thème de Scully, je crois, et a continué dans la saison suivante, lorsque David n’était plus là et que Scully s’est retrouvée seule » [Commentaire audio de l’épisode, Coffret DVD saison 7, 20th Century Fox Home Video, 2002].

 

Continuité

Nous savions depuis l’épisode de la première saison « Beyond de Sea » [1.12] que le changement de carrière de Scully n’avait pas vraiment l’unanimité. Son père, un militaire, n’avait jamais accepté qu’elle renonce à la médecine pour intégrer le FBI. « all things » nous permet de découvrir dans quels circonstances s’est joué ce renoncement, et qu’il a fait d’autres mécontents.

 

Production

Gillian Anderson avait un background moins littéraire que celui de David Duchovny, et le développement de sa première expérience d’écriture fut un peu plus chaotique. Elle travailla sur le scénario au fil de cinq mois. Alors que sa date de production commençait à approcher, elle remit sa première version à Frank Spotnitz et Chris Carter.

« Quand j’ai rendu le script, il faisait quinze pages de trop et il n’y avait pas encore le quatrième acte. Cela donnait une durée de 88 minutes et cela aurait pu faire un épisode en deux parties, mais il n’y avait plus de place dans le planning pour cela ». Frank Spotnitz explique le processus qui a suivi : « nous en avons parlé et nous avons changé certaines choses, tout cela en étant au service de ses idées sur la guérison et le bouddhisme. Beaucoup de ce que j’ai fait, c’était distiller ses idées ». Carter complète : « Frank et moi avons travaillé de près avec elle sur le scénario. Mais à la fin, il était de Gillian. Nous étions comme un cadre dans lequel elle jetait ses idées. Frank et moi apprécions beaucoup le courage de ses convictions » [All Things : The Official Guide to the X-Files 6, par Marc Shapiro, éditions Harper Prism, 2001].

L’apport de Frank Spotnitz a notamment porté sur la manière de faire en sorte que l’affaire qui éloignait Mulder se connecte au reste de l’épisode. Une tâche difficile mais qui fut remplie par l’utilisation des crop circle, ces motifs circulaires qui apparaissent dans les champs et dont certains pensent qu’ils sont des traces d’OVNI. Ces crop circles mettent Scully sur la piste des médecines alternatives. En effet le mot chakra signifie en fait roue ou disque en Sanskrit. Pour les crop circles vus dans l’épisode, l’équipe a fait appel à Steve Alexander, l’auteur d’un livre sur le sujet, le 1999 Crop Circle Yearbook.

Le travail de condensation a aussi conduit à simplifier ce qui transparaissait à l’écran du rapport entre Scully et Daniel Waterston. L’actrice interroge les choix de vie de son personnage d’une manière pas si différente que l’épisode « Amor Fati » l’avait fait pour Mulder. « Il y avait tellement plus de dialogues initialement, tellement de choses que je voulais qu’ils se disent. Même après le tournage, nous avons encore du enlever dix minutes au montage pour le ramener à 42 minutes. Je ne voulais pas qu’il soit sous-entendu qu’ils avaient eu une liaison. Dans mon histoire, ils se rapprochaient d’avoir une liaison, mais comme il était marié, Scully avait terminé les choses et avait quitté la ville. C’est alors qu’elle était partie à Washington et qu’elle était entrée à Quantico, décidant de ne pas poursuivre une carrière médicale, parce que cela lui rappelait Daniel. Après qu’elle soit partie, il s’est complètement éteint, est entré en dépression, et c’est alors que sa femme et sa fille ont pensé qu’il avait une liaison ». Le rapport entre Scully et Daniel est conçu pour contraster avec celui qu’elle a avec Mulder : « c’était important de montrer Mulder et Scully en conflit pour le juxtaposer à sa relation avec Waterston. Au départ, il semble avoir des attributs plus positifs que négatifs, alors que Mulder lui semble plus négatif puisqu’il l’a éloigné de la médecine, il lui ordonne de faire certaines choses ou suppose qu’elle va faire ce qu’il veut. Mais au fil de l’épisode on réalise que même si Waterston l’aime, il a une idée bien plus tranchée de ce qu’elle devrait faire ou pas de sa vie que Mulder. En fait, la relation de Scully avec Mulder la guide à un certain niveau dans son cheminement spirituel » [Commentaire audio de l’épisode, Coffret DVD saison 7, 20th Century Fox Home Video, 2002].

Pour le reste, le procédé utilisé par Gillian Anderson était relativement simple. Il consistait à plonger la très rationnelle et très scientifique Scully dans un environnement libéral et une spiritualité new age que l’actrice connaissait bien puisqu’ils étaient les siens.

Gillian Anderson à la mise en scène

Une fois le scénario écrit, le challenge suivant était de le mettre en scène. « J’avais des idées précises sur ce à quoi devait ressembler les scènes, les environnements, les décors… J’avais des idées très spécifiques. Alors j’ai posé beaucoup de question sur les pellicules, les objectifs, les filtres… J’ai énormément apprécié [d’écrire et de réaliser]. Ce fut une expérience d’apprentissage incroyable pour moi. Cela a été un moyen de réaliser à quel point la tâche est dure pour les scénaristes et les réalisateurs. J’ai la sensation d’avoir tant appris dans ce processus, du début à la fin » [La vérité sur la saison 7, Coffret DVD saison 7, 20th Century Fox Home Video, 2002 ].

« Elle a été très active dans la post-production, » se souvient Paul Rabwin, qui supervisait cette partie de la production. « Je me suis bien Sali les mains. J’étais là pour le casting, pour la recherche des décors. Sur le plateau, j’ai en fait été agréablement surprise par tout ce que j’avais appris sans m’en rendre compte au fil de sept années. J’avais aussi demandé à l’un de nos réalisateurs, Kim Manners, d’être mon bras droit, et de me guider. Il m’a dit : ‘tu as des devoirs de maison. Ce qu’il faut que tu fasses, c’est de passer ces prochains week-ends à faire une liste complète de tous les plans que tu veux faire pour chaque scène’. Ça m’a vraiment attiré, parce que j’ai des tendances obsessives-compulsives. Dessiner des diagrammes et contrôler la manière dont les personnages vont se déplacer, c’était mon domaine. J’ai apprécié ce processus. Je crois que, sur la plan visuel, j’ai eu le résultat que je recherchais » [Agent of Fortunes, par Ian Spelling, Starlog Magazine, juin 2000].

Une difficulté que l’actrice n’avait pas anticipé, c’est qu’elle avait écrit une histoire qui impliquait son personnage dans toutes les scènes. « C’était une erreur ! C’était difficile d’autant diviser mon attention, et je n’avais pas pensé à cela autant que j’aurais dû. Le challenge se trouvait également dans le fait de devoir rester présente dans une scène où je jouais, tout en étant suffisamment à l’extérieur pour pouvoir donner les indications aux autres acteurs comme un metteur en scène le fait ».

Être acteur, c’est aussi se prêter à ce genre d’expérience pas très confortable…

L’équipe s’est particulièrement impliquée pour mettre à l’écran les visuels que Gillian Anderson avaient imaginés. Le coproducteur Paul Rabwin et le nouveau responsable des effets spéciaux numériques Bill Millar ont notamment supervisé les plans particulièrement compliqués de la vision de Scully, et notamment celui dans lequel apparaît en transparence le cœur battant de Daniel à l’intérieur de son corps – une combinaison d’effets filmés par motion control et d’imagerie numérique.

La responsable de décors dû, elle, faire face au défi de bâtir de toute pièce un temple bouddhiste. « La question se posait de savoir si nous aurions ou non un temple dans une scène. Gillian le voulait mais elle avait peur que cela soit trop cher. Mais j’ai dit que je voulais qu’elle l’ait, alors on l’a monté dans une cellule d’un de nos plateaux de tournage » [All Things : The Official Guide to the X-Files 6, par Marc Shapiro, éditions Harper Prism, 2001].

« Je me rappelle décrivant au téléphone à Corey ce à quoi je voulais que le temple ressemble, » se souvient Gillian Anderson, « avec un petit jardin dehors, de l’eau qui coulait, les grandes portes, les coussins sur les côtés et le grand Bouddha au centre avec des rayons de lumière venant de lui. Elle m’a fait un dessin, et c’ »tait exactement ce que j’avais imaginé. Et en quelques jours, le décor était construit et se trouvait devant moi. C’était assez miraculeux ! » [Commentaire audio de l’épisode, Coffret DVD saison 7, 20th Century Fox Home Video, 2002].

Que l’actrice réalise elle-même un épisode avait aussi une autre portée, qui participait à en faire un petit événement. The X-Files venait de dépasser son 150e épisode (le « X-Cops » [7.12] de Vince Gilligan dans lequel Mulder et Scully se retrouvaient devant les caméras d’un célèbre reality show américain qui suit les policiers en action à Los Angeles). Mais c’était la tout première fois que le réalisateur était une réalisatrice…

 

Le Bilan : « all things » est une expérience intéressante, parfois légèrement maladroite mais plutôt réussie, bien qu’on pourra rester totalement hermétique à son sujet, très bien inséré dans une septième saison qui a fait de la spiritualité et des liens entre la science et la Foi un de ses principaux thèmes. Il reste en tout cas essentiel puisqu’il constitue le point de basculement définitif de la relation personnelle entre les deux agents.

 

X-Files en 20 épisodes

Volet 1: Pilot (Nous ne sommes pas seuls) [1×00]

Volet 2: Ice (Projet Arctique) [1×07]

Volet 3: The Erlenmeyer Flask (Les Hybrides) [1×23]

Volet 4: Sleepless (Insomnies) [2×04]

Volet 5: One Breath (Coma) [2×08]

Volet 6: Humbug (Faux-frères Siamois) [2×20]

Volet 7: D.P.O. (Coup de foudre) [3×03]

Volet 8: Paper Hearts (Cœurs de Tissu) [4×10]

Volet 9: Never Again (Jamais Plus) [4×13]

Volet 10: Kill Switch (Clic Mortel) [5×11]

Volet 11: The Pine Bluff Variant (Les Nouveaux Spartiates) [5×18]

Volet 12: Triangle [6×03]

Volet 13: Milagro (A Cœur Perdu) [6×18]

Volet 14: The Unnatural (Le Grand Jour) [6×19]

Volet 15: The Sixth Extinction II: Amor Fati (La Sixième Extinction 2) [7×02]

Volet 16: all things (Existences) [7×17]

Volet 17: Within (Chasse à l’Homme 1) [8×01]

Volet 18: Roadrunners (Un Coin Perdu) [8×04]

Volet 19: Audrey Pauley [9×11]

Volet 20: Release (Clairvoyance) [9×17]

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