X-Files en 20 épisodes : Release (Clairvoyance) [9×17]

X-Files en 20 épisodes : Release (Clairvoyance) [9×17]

Note de l'auteur

Lancée le 10 septembre 1993, The X-Files fêtera ses vingt ans dans quelques jours. A l’approche de cet événement le Daily Mars a passé tout l’été avec la série culte créée par Chris Carter, qui rassembla les fans de fantastique, d’horreur et de science-fiction tout au long des années 90, au fil de ses quelques 202 épisodes. Nous vous proposons de vous raconter l’histoire de The X-Files en vingt épisodes. Ce dernier volet s’intéresse à la conclusion apportée au personnage de Doggett, et à la fin anticipée de ce qui aurait pu devenir la nouvelle mythologie de la série.

Libérés, John Doggett et son ancienne épouse dispersent les cendres de leur fils

Les remarquables analyses d’un étudiant de Scully, Rudolph Hayes, connectent un cadavre dont elle a fait l’autopsie avec une affaire sur laquelle Doggett a été conduit par un indicateur anonyme. Hayes est-il un Sherlock Holmes moderne ? Ou bien un génie du crime à la Moriarty ? Ces questions se font d’autant plus pressantes qu’il évoque bientôt une connexion entre ces deux meurtres récents et celui de Luke Doggett, quelques années plus tôt…

Scénario : David Amann, d’après une histoire de John Shiban & David Amann. Réalisation : Kim Manners. Première diffusion Fox : 5 mai 2002 ; première diffusion M6 : 18 décembre 2002. Guests : Cary Elwes (Brad Follmer), Barbara Patrick (Barbara Doggett).

 

Vers la fin

Dès le début de la neuvième saison, en novembre 2001, les audiences sont en forte baisse. « Nous avions toujours eu la chance d’être les gagnants pendant huit saisons, basiquement, et cette année les audiences ont été respectables mais nous nous sommes retrouvés pied à pied avec la concurrence, » explique Chris Carter. « Nous avons subi une grosse contre-programmation. Il Faut Sauver le Soldat Ryan était diffusé contre nous le soir de la reprise, le dimanche suivant il y avait Britney Spears sur HBO. On encaissait un peu des pertes, je dirais en utilisant une analogie guerrière. Les vacances de Noël sont arrivées et je me suis dit qu’il y allait avoir des articles écrits sur la série, sur ce qu’elle était, et qu’il y allait avoir des attaques contre Annabeth Gish et Robert Patrick et contre la série actuelle. Je pensais que c’était injuste parce qu’ils faisaient du bon travail. Je pensais que cette baisse d’audience n’était pas méritée. Le public ne s’est simplement jamais montré. Ce n’est pas comme si les gens avaient vu un épisode et décidé qu’ils n’aimaient plus la série. Ils ne sont simplement jamais venu, pour une raison ou une autre » [The Uncanny X-Man, par Ian Spelling, The X-Files Magazine, août 2002].

Même un épisode aussi réussi que John Doe ne convainc plus le public

En janvier 2002, sont programmés deux épisodes que l’équipe juge excellents. « Trust No One » [9.06], centré sur Scully et Mulder (qu’on ne voit pas, évidemment) et qui est effectivement l »un des rares épisodes Mulderien de la saison à peu près réussi, puis « John Doe » [9.07] la semaine suivante, écrit par Vince Gilligan où l’on suit Doggett amnésique au Mexique, et les efforts de Monica pour le retrouver. Ni l’un ni l’autre ne provoquent de frémissement des audiences. Chris Carter mène alors à terme ses réflexions entamées à Noël et décide qu’il vaut mieux arrêter. Il va trouver les responsables de la chaîne Fox, qui se rangent à son avis : mieux vaut prendre le temps de préparer la fin plutôt que d’être annulés par surprise.

Il faut dire que le renouvellement de The X-Files après la septième saison avait été rendu nécessaire par l’absence d’une nouvelle série dramatique qui puisse représenter la chaîne. Mais cet automne là, Fox a lancé 24. Les audiences de la nouvelle série, qui mettra quelques saisons avant de devenir un véritable succès, sont encore modestes, proches de celles de la saison 9. Mais 24 en est à son début, pleine de promesses d’avenir, recueille une couverture presse abondante et est saluée par la critique. Sans compter qu’elle coûte moins cher. Aux yeux des exécutifs de la Fox le successeur est enfin arrivé.

Reste à informer tout le monde de la décision. « C’était vraiment dur pour moi de le faire, » admet Carter. « En vérité, il a fallu que je me secoue parce que l’émotion commençait à prendre le dessus. Je suis très attaché à la série, comme vous pouvez l’imaginer. Je me sens très chanceux de travailler avec ces collègues. C’est une expérience incroyable de travailler collectivement, de sentir un vrai esprit d’équipe. C’est une des meilleures choses de mon travail. Alors oui, c’était difficile. C’était aussi difficile de le dire aux acteurs » [The Uncanny X-Man, par Ian Spelling, The X-Files Magazine, août 2002].

Carter aborde les acteurs sur le tournage du douzième ou treizième épisode de la saison. « J’ai été vraiment suprise, je ne m’y attendais pas quand il m’en a parlé. Tout le monde se demandait ce qui allait se passer la saison prochaine. Mon sentiment était contrasté, parce que je commençais juste à me trouver bien avec Monica, et j’avais envie d’en apprendre plus et de faire plus avec elle. Mais je comprends aussi que The X-Files est bien plus grand que mon simple personnage. Dans ce sens, j’apprécie la manière dont ils ont choisi de baisser le rideau élégamment, dans les conditions qu’ils ont choisies » [The X-Reyes, par Bryan Cairns, Xpose Magazine, mai 2002].

Ceci fait, la série entame un long processus de résolution. « Jump The Shark » [9.15] termine le spin-off et tue les Lone Gunmen, « William » [9.16] résout l’intrigue autour du fils de Mulder et Scully, ‘‘soigné’’ de ses aspects extraterrestres et confié à des parents adoptifs, et « Release » [9.17] met un terme à la principale intrigue personnelle de John Doggett, ainsi qu’à l’esquisse de nouvelle mythologie qui l’entourait. Après ça, « Sunshine Days » [9.18] est une résolution émotionnelle à la série et « The Truth » [9.19/20] explique la mythologie et fait de Mulder et Scully des fugitifs en attendant les films qui devraient permettre de les retrouver.

Au-delà des audiences, d’autres éléments ont conduit Chris Carter à penser qu’il fallait arrêter. Les attentats du 11 septembre, survenus deux mois avant le lancement de la saison, comptent parmi eux. « Quand nous avons commencé la série au début des années 90, il y avait encore ce que j’appellerais une défiance rampante envers l’autorité et le gouvernement, qui étaient nés à la suite du Watergate et d’autres scandales. Cela donnait un contenante intéressant à l’esprit de la série. Après le 11 septembre, tout a changé. C’est curieusement le moment où la série s’est arrêtée. Nous voulions alors des figures d’autorité pour nous protéger, nous voulions un gouvernement fort dans lequel nous pourrions placer notre confiance » [Chris Carter on The X-Files, His Sopranos Jealousy, and Rewriting Vince Gilligan, par Kara Cutruzzula, Vulture, août 2013].

Et puis, au moment où la saison 9 arrivait à l’écran, Frank Spotnitz déclarait : « J’aimerais penser que la série, parce que c’est une idée tellement bonne, parce que des personnes si formidables y travaillent, pourrait continuer même si nous [les scénaristes] ne revenions pas. Mais il y a d’autres éléments à prendre en compte. Des problèmes de soutien économique et politique, en interne et de la part du studio. Il y a des batailles qui sont menées et dont les gens ne savent rien, qu’ils n’ont pas besoin de connaître, mais qui entrent en compte dans la décision finale » [Sci-Fi Wire, novembre 2001]

 

Des problèmes d’argent

Pendant longtemps, la série avait bénéficié de beaucoup de latitude sur son budget. Cette bienveillance est en train de toucher à sa fin. En coulisse, l’argent dévolu au tournage des épisodes fait partie des négociations autour du renouvellement des contrats de Chris Carter. Le début de « Requiem », dans lequel un comptable du FBI examine le travail de Mulder et Scully, et affirme qu’ils pourraient aussi bien faire depuis leur bureau, sur Internet, est explicite.

La réduction du nombre d’épisode – 20 épisodes ont été initialement commandés pour les saisons 8 et 9, même si la Fox en a par la suite ajouté un 21e à la huitième, suite aux bonnes audiences – est issue d’une volonté de maîtriser les coûts.

Dans un premier temps, l’équipe de la série gagne cette bataille – le budget de l’épisode en deux parties qui ouvre la saison 8, « Within » et « Without » [8.01/02], avec ses hélicoptères, ses OVNIs et son tournage loin dans le désert, atteint 9 millions de dollars ! The X-Files parvient à garder des valeurs de productions équivalentes aux deux précédentes saisons tournées à Los Angeles, largement au-dessus du reste de la télévision de l’époque. Frank Spotnitz l’évoque en parlant de la scène de l’enterrement de Mulder, au milieu de la saison 8 :

« Nous subissions une énorme pression financière à ce moment-là. Mais nous avons quand même réussi à à mettre en scène cet enterrement en Californie du Sud, en faisant venir une tonne de neige et en ajoutant de la neige numérique en arrière-plan – c’est un mélange de vraie neige et de neige générée par ordinateur que l’on voit. Nous avons aussi fait venir les Lone Gunmen et la mère de Scully, Sheila Larken, depuis Vancouver, pour des apparences minimales. C’est beaucoup d’argent à dépenser, mais on ne pouvait pas vraiment faire l’enterrement de Mulder sans qu’ils soient présents, alors on a fait tout ça » [Commentaire audio de l’épisode Deadalive, Coffret DVD saison 8, 20th Century Fox Home Video, 2003].

En saison 9, le budget en baisse est désormais visible. Les épisodes confinés aux décors de studio se multiplient, la série devient plus claustrophobique. Les scénaristes doivent parfois tordre le bras au studio, notamment pour filmer « Jump the Shark » [9.15], l’épisode qui conclut le spin-off The Lone Gunmen et termine le parcours de ces personnages présents depuis la première saison, pour lequel il fallait négocier le retour des autres acteurs principaux de la série dérivée.

La fin des Lone Gunmen, produite au prix d’une bataille avec le studio

« Ça a été une bataille constante. S’il vous plait donnez nous l’argent, s’il vous plait, faites ce contrat, s’il vous plaît, négociez avec ces acteurs. Ils ne voulaient pas le faire. Et nous étions déterminés. Quand nous avons finalement décidé qu’ils mourraient, cela nous a donné des arguments face au studio et cela a aidé à les pousser à passer les accords. Mais pendant longtemps, cela a été une guerre d’usure. On leur disait que c’était le seul script qu’on allait écrire, que ces personnages seraient dedans. Ils nous répondaient : vous avez vraiment besoin de Stephen Snedden ? De Zuleikah Robinson ? De Jim Fyfe et de Michael McKean ? C’est un miracle qu’on ait réussi » [Commentaire audio de l’épisode Jump the Shark, coffret DVD saison 9, 20th Century Fox Home Video, 2003]. Lors d’un chat, Chris Carter répond à un fan qui lui demande s’il les extraterrestres sans visage feront leur retour : « si on doit subir d’autres réductions de budget, on va voir les Rebelles Sans Visages beaucoup plus souvent, parce qu’on n’aura plus les moyens d’engager de vrais acteurs » [Chat AOL avec Chris Carter, 23 aout 2001].

Dans ces conditions, il est rétrospectivement d’autant plus difficile de comprendre pourquoi la Fox n’a pas accepté de transformer le contrat d’actrice principale de Gillian Anderson pour la neuvième saison en quatre ou cinq apparitions en guest-star. Tout le monde s’en serait mieux porté, et avant-tout la série elle-même. Et cela aurait permis de récupérer le plus gros salaire pour mettre cet argent à l’écran.

 

Changements imposés

Au bout du compte, pourquoi The X-Files n’a pas réussi à passer à une nouvelle génération de personnages, quand Urgences en a connu trois ou quatre différentes et Law & Order trop pour qu’il soit possible de les compter ?

X-Files a duré 9 saisons, 203 épisodes. Cette longévité exceptionnelle s’est traduite par des changements qui deviennent inévitables dès lors qu’une série dépasse la centaine d’épisodes. Mais, alors même que la télévision Américaine devenait de plus en plus furieuse, bien des séries se voyant conçues et reconçues plusieurs fois durant leur parcours, il est étonnant de voir à quel point X-Files est restée étonnamment stable. Nombre d’épisodes sont interchangeables à volonté. On pourrait même retourner à l’identique plusieurs épisodes de la neuvième saison en donnant toutes les répliques de Reyes à Mulder, celles de Doggett à Scully, et placer le résultat au beau milieu de la quatrième saison sans que rien ne choque. Bref, à y regarder de plus près, si X-Files a changé en près de dix ans, elle ne l’a fait qu’en cas d’absolue nécessité.

Cette idée en tête, il est amusant de revenir un à un sur tous les changements intervenus dans la série, et de constater que pratiquement chacun d’eux a été opéré sous la contrainte. Dans sa première saison, X-Files était pratiquement une série anthologique, ne bénéficiant d’aucune véritable construction ni progression dramatique. A la limite, et en forçant un peu le trait, on en viendrait à penser que la présence de Mulder et Scully à chaque épisode n’est qu’une concession à l’audimat. Au sommet de cet édifice, « The Erlenmeyer Flask » [1.24], le season finale, prend un virage à 180 degrés. Personnages et situations y évoluent en effet d’un coup : Scully est ébranlée dans ses convictions, Mulder conforté dans les siennes, la conspiration gouvernementale prend de l’ampleur, Gorge Profonde est assassiné, le bureau des X-files est fermé… Autant d’éléments qui semblent changer brutalement la série en feuilleton.

Le final de la première saison emmenait X-Files dans une autre direction

La mythologie de la série vient de prendre véritable naissance, un acte provoqué par l’annonce de la grossesse de Gillian Anderson, qui oblige à préparer un départ temporaire de l’actrice en début de saison 2. Au moment où Chris Carter cherchait à affronter ce problème, un courrier de téléspectateur l’a pointé dans la bonne direction. « J’ai appris une chose pendant la première saison, qui n’est pas seulement venu de l’expérience, mais aussi d’une lettre que j’ai reçue d’un fan qui disait : ‘‘nous aimons les épisodes qui impliquent la relation entre Mulder et Scully et leurs vies, et pas ceux qui sont strictement procéduraux, centrés sur l’enquête’’. C’était un bon feedback. Et cela a aidé à créer la mythologie. En fait, j’ai appelé un personnage du final de cette saison, The Erlenmeyer Flask, le Dr. Berube parce que le nom de cette personne était Berube. C’était la bonne lettre au bon moment. La mythologie et l’approche par des épisodes en deux parties a commencé peu après et est devenu un fondement de la série » [Chris Carter on The X-Files, His Sopranos Jealousy, and Rewriting Vince Gilligan, par Kara Cutruzzula, Vulture, aout 2013].

De fait, si les premiers épisodes de la saison 2 changent la série en feuilleton, dès que Gillian Anderson réintègre l’équipe après son accouchement, la partie feuilletonnante et mythologique va se retrouver circonscrite à ces épisodes particuliers, les autres restant totalement indépendants. La structure type de la saison X-Files est fixée. Elle n’évoluera pas d’un iota, quitte à ce que toute tentative de dresser une chronologie sombre dans le ridicule : nos héros affrontent la conspiration lors d’enquêtes doubles se déroulant systématiquement en novembre, février et mai, les mois des sweeps où il est capital de faire de l’audience !

X-Files est un formula-show, dont on se dit que rien ne pourra l’ébranler. Vingt saisons pourraient passer et Mulder en serait toujours à chercher sa sœur, Scully à voir tout avec scepticisme, quand bien même elle est impliquée dans une vingtaine de cas paranormaux par an, et CSM à comploter en fumant des cigarettes une colonisation toujours imminente, mais pourtant sans cesse repoussée aux calendes Grecques. Si un immobilisme certain prévaut sur la structure de la série, c’est en fait tout autant le cas en ce qui concerne les intrigues — une conséquence de la structure narrative de la mythologie, que j’évoquais dans un article précédent. Avant la saison 5, le puzzle est statique.

Soudainement, on réalise alors avoir probablement mis le doigt sur l’un des principaux défauts – sinon le principal défaut – de la série télé selon Chris Carter. Une formule établie dans un Pilote n’est jamais destinée qu’à être réutilisée à l’infini, jamais dépassée.

1013 Productions aurait répondu et, peut-être, répondrait encore aujourd’hui : Pourquoi changer une formule qui gagne ? Tout simplement parce qu’un entretien constant des pièces permet d’éviter la panique à bord quand, inévitablement, l’une d’elle finit par lâcher. A cet égard, n’est-il pas un peu triste que David Duchovny et Gillian Anderson aient passé deux à trois ans à militer dans le vide pour que la série s’ouvre à plus de personnages ? Après le départ du premier, il a fallu introduire en catastrophe un nouveau personnage principal – certes, cela a été très bien fait, mais il aurait été plus simple pour les auteurs, et plus facile à accepter pour le public, d’amplifier le temps d’antenne d’un second rôle établi au sein du FBI… si un tel personnage avait existé !

A l’époque de la saison 5, tout espoir n’était pas perdu. D’inévitables changements étaient à venir, parce qu’il était impossible de sortir sur les écrans un long-métrage qui forcerait les fans à sortir leur porte-monnaie sans que celui-ci ne soit un ajout indispensable à X-Files. Ainsi, après 120 épisodes (!), l’existence et la présence des extraterrestres, ainsi que la réalité de la colonisation à venir, se voyaient validés. X-Files renonçait à une certaine forme d’ambiguïté. Trop peu et trop tard, d’ailleurs : la presse plus généraliste lapide souvent le film pour son incapacité à franchir certaines barrières : si le fan suit toujours, le grand-public, lui, à déjà commencé à décrocher.

En sixième saison, après le déménagement à Los Angeles, Chris Carter surprend. Pour la première fois, il accepte de prendre un gros risque et de volontairement redéfinir sa série jusque dans ses bases. Les directions du film sont assumées, puis rapidement dépassées. Ainsi, il est décidé de terminer le premier acte de la mythologie pour nous lancer définitivement dans un second chapitre dont l’ambition est de revenir aux origines tant de l’Humanité que des extraterrestres. Parallèlement, la ‘‘MSR’’ (la relation Mulder/Scully) évolue dans le sens qui respecte l’intégrité et l’humanité des personnages. Mieux, le tout est fait dans une grande finesse et profondeur d’écriture. Au final, c’est le ton entier de la série qui se trouve transformé, pas seulement en privilégiant l’humour, mais surtout en s’ouvrant franchement au rêve, au merveilleux et à la poésie.

Le résultat ? Un accueil glacial aux Etats-Unis. La critique s’étend sur la mort clinique de la série, les fans se divisent (ce n’est que le début !) et, pour la première fois, l’audience est en chute. Le coup de grâce pour Chris Carter, en quelque sorte conforté dans son instinct initial. Il s’empresse d’annoncer un retour aux sources pour la saison suivante. Tant pis s’il n’est pas en mesure de tenir sa promesse (Mulder et Scully ne sont tout simplement plus les mêmes personnages qu’avant !), et tant pis si les épisodes qui essayeront de la tenir se révéleront tous terriblement tristes et sans vie.

Ce que Carter n’a pas compris à cette époque, c’est qu’il était en quelque sorte le principal responsable de cette douche froide. Ces critiques n’étaient pas tant une réponse à la saison 6 qu’un retour de flamme provoqué par le caractère statique des saisons précédentes… Cette situation se répétera en saison 8.

« J’ai commencé à travailler sur la série au début de la saison 3, » se souvient John Shiban, « et la série a tellement grandi sur la plan technique en si peu de temps. Les effets se sont beaucoup améliorés, c’était incroyable pour moi. Mais quand une série a du succès, elle doit aussi trouver des moyens de grandir dans des directions inattendues et intéressantes pour rester en vie. Chris en était vrailment convaincu, et je crois qu’on était tous d’accord. Même si, parfois, le public s’inquiète que la série qu’ils aiment va changer, si on ne remet pas les choses en cause, la série stagne. La série n’aurait pas continué à être un si gros succès, et à être aussi bonne, si nous n’avions pas essayé des choses différentes au fil du temps » [Commentaire audio du coffret DVD saison 5, 20th Century Fox Home Video, 2002].

Comme on le voit, l’équipe avait en fait l’impression que The X-Files changeait beaucoup. Mais ce que John Shiban ne mesure pas, c’est que si la série était très élastique dans son ton, alternant horreur, science-fiction, thriller, merveilleux ou comédie, c’est justement parce qu’elle était si rigide dans sa formule – les affrontement du croyant et de la sceptique pendant une enquête policière teintée de paranormal.

Au fil du temps, Chris Carter s’est enfermé dans une situation sans issue. S’il ne remettait pas suffisamment en cause les fondements x-filiens, la critique néophyte lui tombe dessus (Fight the Future). Mais s’il le faisait, ce sont les fans qui étaient outragés. A trop faire du sur-place, les producteurs de la série se sont créé un fandom tellement enfoncé dans ses pantoufles que, plus royaliste que le roi, il s’est érigé en gardien du culte. Sur le plan de la narration, les fans de la série semblent attendre un produit issu des années soixante-dix et quatre-vingt, pas une progression dramatique moderne. Mais ce qui était possible au début de The X-Files l’était beaucoup moins à la fin quand, en face, ABC diffusait Alias, qui se réinventait de saison en saison.

En deux ans, l’hystérie qui avait entouré Chris Carter lors des premières saisons se retourne contre lui. Ceux qui lui érigeaient des statues s’employaient maintenant à organiser des campagnes de calomnies ou, plus bassement, à multiplier les insultes. On est passé d’un extrême à un autre et bien sûr, ce nouvel extrémisme était aussi stupide et vain que le premier. Tout cela pourrait n’être que futilité, mais on ne peut en oublier les conséquences : plus jamais 1013 ne fera preuve du courage créatif qui lui avait permis de créer la saison 6.

Tournage des dernières scènes de Doggett et Reyes dans The Truth

Les saisons suivantes renouent avec les origines. Bien sûr, elles comportent des changements. Mais chacun d’eux, loin d’être voulu, ne sera que la conséquence d’un événement extérieur. La série cesse d’évoluer : elle n’est plus que rapiécée au fur et à mesure. Après une septième saison à la limite du soporifique (malgré ses quelques flashes de génie), la huitième apporte un peu d’espoir par l’introduction de deux personnages réellement nouveaux. Les agents Doggett et Reyes version saison 8 sont en effet sans équivalents ailleurs dans la série (c’est à dire, du point de vue du noyau ‘‘dur’’ des fans, qu’ils n’y ont pas leur place). Tout cela est toutefois tempéré par la communication autour de la série : on nous promet un énième retour aux sources.

Lorsque vient l’heure de la saison 9, un constat assez terrible s’impose : les auteurs de la série sont maintenant totalement terrorisés par la simple idée de changement, et obnubilés – même s’ils s’en défendent – par l’avalanche de retours négatifs venus des fans. Le traumatisme de voir Mulder et Scully ‘‘remplacés’’ par Doggett et Reyes sera le seul qu’ils s’imposeront. Les retouches apportées aux personnages sont des catastrophes. Elles ne visent qu’un but : faire (autant que possible) du nouveau duo une décalcomanie de l’ancien. Doggett était un homme aux pieds fermement ancrés sur terre, simplement pas intéressé par le paranormal en qui il voyait aussi une façon facile pour Scully et Mulder de ‘‘résoudre’’ une affaire. Mais si le paranormal s’imposait à lui, il se montrait très capable de l’accepter et de passer à autre chose, son but restant de mettre des criminels hors d’état de nuire. Un an plus tard, le même est devenu un sceptique pur, simplement borné, qui nie et niera toujours. Reyes était une femme à la spiritualité vaguement New Age, qui se faisait un devoir de garder l’esprit ouvert. Telle affaire trouvait une explication rationnelle ? Parfait. Telle autre tenait du paranormal ? Toujours parfait pour elle. De plus, elle était dotée d’une forte empathie lui permettant de ressentir les émotions environnantes, ces informations émotionnelles formant souvent la base d’intuitions. Un an plus tard, Reyes est simplement une version moins convaincante de Mulder. La fin de la saison 8 nous avait laissé entrevoir une nouvelle manière fascinante d’aborder le paranormal. La saison 9 nous rejoue le même rapport sceptique/croyant avec une application forcée.

Follmer, impliqué malgré lui dans le meurtre d’un enfant

Tout dans cette saison est à cette image, les auteurs préférant réanimer les fantômes de Mulder et Scully plutôt que d’embrasser la nouveauté. Le manque d’intégration de Doggett et Reyes dans la mythologie, qui persiste dans son centrage sur des personnages peu ou pas présents, oubliant les éléments liés à Doggett et Reyes (Knowle Rohrer prononce trois phrases dans toute la saison), le gommage des caractéristiques inhabituelles de Reyes (son sourire, sa tabagie…) et autres reculades de cette saison sont tous le résultat de choix scénaristiques qui semblent opérés à la lecture des forums des fans Américains – qui ne seront pas plus satisfaits. Et si le grand public avait accroché à la saison 8, il lâche la neuvième.

« C’était vraiment un endroit difficile où se trouver, » avouait Annabeth Gish à propos de X-Files une fois la série terminée. « Je dis que je suis reconnaissante envers cette expérience, et c’est absolument vrai. Mais c’était difficile, cependant  parce que c’était la série de David et de Gillian. Alors il n’y avait presque pas de place pour que Robert et moi en fassions quelque chose d’autre. Le public était perdu sans eux. C’était décevant parce que j’adorais travailler avec Robert. J’aurais aimé qu’il y ait une une opportunité pour autoriser nos personnages à être qui ils étaient vraiment, sans être dans l’ombre de Mulder et Scully » [Conversation with Annabeth Gish, Film Monthly, mai 2003].

Une autre approche aurait-elle offert une meilleure reconnaissance à la nouvelle génération ? Rien n’est moins sûr, le mal ayant finalement été fait beaucoup plus tôt. Difficile d’imposer brusquement un changement à un public qu’on a confortablement installé dans une formule immuable au fil de 150 épisodes. Alors que Chris Carter s’apprête à revenir à la télévision, via The After dont Amazon Studio a commandé un Pilote, et peut-être une série sur AMC, il serait intéressant de voir comment il a intégré les évolutions du paysage audiovisuel Américain. Clairement, une série aussi statique qu’X-Files y est devenu impensable…

 

Continuité

Cet épisode reprend l’affaire du meurtre de Luke Doggett. On retrouve le personnage de son ex-femme, aperçue dans de brefs flashes-back de l’épisode « John Doe ». Néanmoins, précédemment Luke était censé être mort en 1997, alors que cet épisode place sa mort en août 1993 (soit juste avant l’arrivée à l’écran de la série).

Doggett devant des photos de la scène de crime où fut retrouvé son fils

Il permet aussi de revenir sur la relation entre Doggett et Reyes. D’après Barbara Doggett, le deuil de son ex-mari l’empêche de laisser une chance à sa relation avec Monica de se développer. Des sentiments auxquels i était fait allusion depuis le début de la saison. « Chris n’était pas très porté sur les grosses performances flamboyantes  » se souvient Annabeth Gish, « alors tout devait être contenu » [The Complete X-Files, par Matt Hurwitz et Chris Knowles, Insight éditions, 2008]. « Le bon mot c’est calibrer. C’est le mot parfait. C’est frustrant de ne pas savoir où vont les choses, mais c’est bien aussi, en tant qu’actrice, d’avoir un obstacle. Ma relation avec Doggett avait toujours un obstacle » [Gish Fulfillment, par Ian Spelling, The X-Files Magazine, mars 2002].

 

Production

Au début de la saison 8 (« Invocation » [8.05]), nous avions découvert que l’agent Doggett avait eu un fils, qui était décédé. En rencontrant Reyes, nous apprenions qu’elle avait participé à l’enquête pour retrouver Luke Doggett, qui avait seulement permis de retrouver le cadavre du petit garçon dans un champ. Plus tard, un autre épisode, « Empedocles » [8.17] développait cette affaire et insinuait que Luke Doggett avait été tué par une force maléfique qui se rependait comme une contagion.

Cette piste sous-jacente était destinée à devenir une nouvelle mythologie autour des personnages de Doggett et Reyes. L’erreur fut de continuer d’en faire un thème sous-jacent en saison 9 (développé dans « Daemonicus » [9.03], « Hellbound » [9.08] avant « Release ») plutôt que la mythologie principale. Nul ne sait comment cet axe se serait développé, même si « Hellbound » qui évoque des vies antérieures de Reyes, donne sans doute quelques pistes. « Frank Spotnitz était intéressé par l’idée de donner un aspect sombre à Monica Reyes, de lui donner des ombres avec lesquelles jouer. Elle a des vies antérieures qui ont des éléments noirs, terribles » se souvient David Amann, le scénariste de « Hellbound » et de « Release ». John Shiban complète : « Était-elle une bonne personne ou une mauvaise personne ? Est-ce qu’elle a combattu le Mal ou est-ce qu’elle l’a laissé survenir ? » [The Truth about season 9, coffret DVD saison 9, 20th Century Fox Home Video, 2004]

J’ai l’intuition, sans en avoir la confirmation, que les éléments auxquels réfléchissait Frank Spotnitz pour la mythologie de Doggett et Reyes ont ensuite mûri pour, transformés et enrichis, devenir la mythologie de son remake de Night Stalker avec Stuart Townsend. Cette série évoquait la lutte du Bien contre le Mal. La partenaire de Kolchak, Perri Reed représentait le Bien, tandis qu’il aurait été révélé que le héros de la série était né pour être un agent du Mal – un destin qu’il aurait évidemment rejeté et la série aurait suivi son chemin vers le Bien, aidé par Reed.

« Release », qui est en quelque sorte le tout dernier chef d’œuvre produit par la série, est né d’un concept auquel réfléchissait John Shiban depuis déjà quelques temps. « J’avais toujours voulu faire une histoire à propos de Scully qui rencontre un étrange génie, et on ne sait pas si c’est un esprit brillant, comme Sherlock Holmes, ou s’il est le professeur Moriarty. Soit c’est un type brillant qui résout des crimes avec son incroyable intuition, ou alors c’est celui qui les commet et joue un jeu avec la police. J’ai toujours été fasciné par les génies excentrique, alors on a inventé cette histoire où Scully rencontre ce génie qui est un étudiant sous sa supervision, il a des pouvoirs de déduction par lesquels elle est sidérée » [Underneath The X-Files: An Interview with John Shiban, par Joe Narrazo, The X-Files Magazine, avril 2002].

Lorsque la fin de la série est annoncée, John Shiban et David Amann saisissent cette opportunité et utilisent leur génie pour résoudre l’affaire de la mort de Luke Doggett – du moins ses aspects les plus terre à terre. Cette histoire règle aussi le sort du personnage du Directeur Adjoint Follmer, en expliquant pourquoi Monica Reyes a rompu avec lui, et en l’expédiant en prison pour corruption.

Jared Poe, apprenti scénariste devenu acteur

Ce génie est incarné à l’écran par Jared Poe. A l’époque, après avoir été diplômé de UCLA, celui-ci occupait un stage sponsorisé par la Writer’s Guild of America au sein de l’équipe des scénaristes. Il demanda à Frank Spotnitz s’il pouvait passer les castings pour le rôle de Rudolph Hayes.

« Honnêtement, je ne m’attendais pas une seconde à ce qu’il ait le rôle, parce que c’était un rôle très important et qu’on ne l’avait jamais vu jouer, » explique Frank Spotnitz. Mais Poe, habité et glaçant, s’imposa finalement face à une trentaine d’autres acteurs venus passer des essais.

Vu la lourde charge émotionnelle de cet épisode, il a représenté un défi pour les acteurs. Il fallait aussi rester fidèle à la caractérisation de John Doggett. Si Mulder portait sur lui le drame de l’enlèvement de sa sœur, Doggett traitait son deuil de manière très privée. « Kim Manners était là pour nous guider. Je ne peux pas penser à un pire cauchemar pour un parent que de perdre son enfant » [LA X-Files: Behind the Scenes with the Los Angeles Cast and Crew, par Erica Fraga, éditions CreateSpace, 2010]

« Je me souviens d’avoir travaillé avec le petit garçon qui jouait le fils de Doggett, » raconte Annabeth Gish. « Il devait rester allongé dans l’herbe pour tourner quelques plans, et c’était difficile de prendre du recul. Vous ne voulez pas qu’on fasse du mal à cet enfant. C’est juste une histoire, mais c’est dur de prendre ce recul parfois » [Reyes to the rescue, Starlog Magazine, mars 2002].

C’est d’autant plus frais qu’une certaine véri-similitude entourait la relation passée de Doggett. En effet, l’ex-femme de l’agent était, depuis les flashes-back de « John Doe », incarnée par l’épouse de Robert Patrick, Barbara. Le couple, parent de deux enfants, devait donc jouer ce deuil commun.

 

La fin

« Il y aura des films, et la série va continuer d’être rediffusée, probablement pour l’éternité, » expliquait le réalisateur Kim Manners au moment où The X-Files s’arrêtait. « Mais c’est fini. Pour tous ceux qui étaient impliqués dans la fabrication de la série, The X-Files est une expérience qu’ils ne vivront plus jamais. Personne à la télévision, à part nous qui l’avons fait, ne pourra jamais vivre à quel point c’était génial, à quel point c’était une bénédiction d’y être. Nous avons fait quelque chose d’historique pour la télévision. Cela a été difficile et passionnant en même temps » [Good Manners, par Ian Spelling, The X-Files Magazine, septembre 2002].

John et Barbara Doggett peuvent enfin faire le deuil de leur fils

« Alors que nous travaillions sur l’écriture de la série, » commente Frank Spotnitz, « nous avons pensé à ce qui fait que la télévision passe l’épreuve du temps. Quels sont les éléments qui font qu’on a envie de revoir une série 10, 20, 30 ans plus tard, alors que d’autres sont instantanément périssables après avoir été vues une première fois ? Je crois qu’une des choses que The X-Files avait pour elle, comme beaucoup d’autres séries de science-fiction de qualité, c’est qu’elle était dirigée par les idées. Nous avons essayé d’avoir dans chaque épisode une idée forte, une vérité, quelque chose que nous voulions dire. L’intrigue était au service de cette idée. Si vous avez une bonne idée, une vérité, à dramatiser, c’est quelque chose qui ne passera pas de mode. Si l’idée est intéressante, elle le sera toujours. C’est en contraste avec d’autres types de séries dramatiques, qui, tout en étant excellemment bien écrites et interprétées  tendent à être plus focalisées sur la vie feuilletonante des personnages. Des choses comme passent peut-être moins le temps, sont plus compliquées à revisiter lors de rediffusions parce qu’on n’a pas nécessairement envie de se replonger dans le flot des vies émotionnelles de ces personnes. On peut revisiter quelque chose comme The X-Files a tout moment, on n’a pas à se situer en fonction de la série pour apprécier un épisode en particulier » [The Sci Fi Files, par Melissa J. Perenson, Sci Fi Magazine, novembre 2002]

Après la fin de la série, Chris Carter laissera expirer son contrat avec 20th Television, qui l’engageait pour encore 18 mois, sans essayer de créer une nouvelle série. « Chris est parti en vacances avec un sac à dos et un aller simple, » disait Frank Spotnitz à la rentrée suivant la fin de la série. « Il reviendra un jour, et quand ce sera le cas, on commencera à parler du prochain film » [The Next Files, par Ian Spelling, The X-Files Magazine, septembre 2002]

« I Want to Believe » s’avérerait aussi difficile à monter que le premier film l’avait été, face aux réticences d’un studio qui ne donna finalement son accord qu’à cause de la grande grève des scénaristes de 2007/2008. Mais c’est une autre histoire que celle que j’ai voulu vous raconter tout cet été…

 

Le bilan : « Release » est un épisode tout en retenue mais bouleversant, dans lequel les touches de paranormal sont pour le moins légères. Il doit beaucoup à Mark Snow, qui livre une de ses meilleures partitions en 203 épisodes. Il s’avère une conclusion extrêmement réussie, quoique visiblement précipitée, aux personnages de Doggett et Reyes et à toute cette partie de la série qui n’est finalement qu’un potentiel jamais réellement exploité.

 

X-Files en 20 épisodes

Volet 1: Pilot (Nous ne sommes pas seuls) [1×00]

Volet 2: Ice (Projet Arctique) [1×07]

Volet 3: The Erlenmeyer Flask (Les Hybrides) [1×23]

Volet 4: Sleepless (Insomnies) [2×04]

Volet 5: One Breath (Coma) [2×08]

Volet 6: Humbug (Faux-frères Siamois) [2×20]

Volet 7: D.P.O. (Coup de foudre) [3×03]

Volet 8: Paper Hearts (Cœurs de Tissu) [4×10]

Volet 9: Never Again (Jamais Plus) [4×13]

Volet 10: Kill Switch (Clic Mortel) [5×11]

Volet 11: The Pine Bluff Variant (Les Nouveaux Spartiates) [5×18]

Volet 12: Triangle [6×03]

Volet 13: Milagro (A Cœur Perdu) [6×18]

Volet 14: The Unnatural (Le Grand Jour) [6×19]

Volet 15: The Sixth Extinction II: Amor Fati (La Sixième Extinction 2) [7×02]

Volet 16: all things (Existences) [7×17]

Volet 17: Within (Chasse à l’Homme 1) [8×01]

Volet 18: Roadrunners (Un Coin Perdu) [8×04]

Volet 19: Audrey Pauley [9×11]

Volet 20: Release (Clairvoyance) [9×17]

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