X-Files en 20 épisodes : Roadrunners (Un Coin Perdu) [8×04]

X-Files en 20 épisodes : Roadrunners (Un Coin Perdu) [8×04]

Note de l'auteur

Lancée le 10 septembre 1993, The X-Files fêtera ses vingt ans à la rentrée. A l’approche de cet événement le Daily Mars va passer tout l’été avec la série culte créée par Chris Carter, qui rassembla les fans de fantastique, d’horreur et de science-fiction tout au long des années 90, au fil de ses quelques 202 épisodes. Nous vous proposons de vous raconter l’histoire de The X-Files en vingt épisodes. En saison 8, la série revient à l’horreur pure et ce dix-huitième volet en témoigne.

Scully, confrontée à une étrange blessure dont elle ne soupçonne pas encore l’origine

Scully plante Doggett pour aller s’occuper seule d’une enquête dans l’Utah. Elle se retrouve bientôt prisonnière, dans un petit village coupé du monde, d’une secte qui considère que la seconde venue du Christ s’est faite sous la forme d’une créature parasite constalmment en recherche d’un nouvel hôte compatible pour survivre…

Scénario : Vince Gilligan. Réalisation : Rod Hardy. Première diffusion Fox : 26 novembre 2000 ; première diffusion M6 : 26 septembre 2001.

 

Un nouveau chemin vers l’horreur

La sixième saison avait vu se multiplier les épisodes high concept, souvent comiques. Cette tendance nouvelle s’était vue accuser d’être responsable de la chute d’audience de la série et avait subi une volée de bois vert de la part d’une partie de la critique. L’équipe de la série avait tenté de s’en éloigner en septième saison. Mais les ‘‘good, scary stories’’, pour reprendre la formule dont usait et abusait Chris Carter y semblaient poussives, forcées, comme si les scénaristes étaient à cours d’idées pour renouveler le genre.

C’est la saison 8 qui verra The X-Files revenir à la noirceur et à l’angoisse, sous une double influence. D’une part, The Lone Gunmen sur laquelle les scénaristes commencent à travailler avant son lancement en mars 2001. Le spin-off sera essentiellement une comédie, ce versant est donc couvert. D’autre part, le personnage de Doggett offre un nouveau point de vue, un nouvel angle pour aborder les histoires habituelles :

« Une des choses agréables à propos de Mulder, c’est que vous pouvez utiliser ce personnage pour pousser l’angle paranormal, » explique le scénariste Steve Maeda. « Si Mulder est dans un épisode, il va immédiatement sortir une théorie sur ce qu’il se passe. Il pourrait avoir raison en partie, il pourrait avoir totalement raison. Sans lui, il faut prendre un chemin différent pour arriver au même endroit. C’est difficile, ça ne fait pas question. Mais c’est aussi un challenge vraiment intéressant » [Brand New Day, par Chandra Palermo, The X-Files Magazine, octobre 2000]. Frank Spotnitz va dans le même sens : « la série est vraiment définie par l’absence de Mulder et l’ajout du personnage de Robert Patrick, Doggett. C’est certainement un changement de rythme bienvenu après des années à faire la série de la même façon. Doggett est vraiment un mec mec, quelqu’un qui a une carrière à succès au FBI et un ancien flic. Intelligent, self-made-man. Nous voulions délibérément qu’il soit très différent pour apporter une voix fraîche dans The X-Files » [The Next Files, The X-Files Magazine, octobre 2000].

Maintenant que le choix de s’engager vers une nouvelle génération de X-Files a été fait, l’équipe se sent très investie. Une disposition d’esprit pas très éloignée de celle des pionniers de la première saison, à l’époque où personne ne croyait au succès de cette petite série sur le paranormal. « Ce n’est pas un secret que je n’étais pas sûr du tout que ce soit une bonne idée de revenir pour une nouvelle saison, » expliquait Frank Spotnitz. « C’était un énorme pari de remplacer un personnage comme celui-ci. Ce n’est pas un ensemble show comme NYPD Blue ou Urgences, où il y a tant de bons acteurs différents qui portent la série. Mulder était l’un des deux personnages principaux. Mais une fois que je me suis retrouvé engagé à le faire, j’étais déterminé à ce que ce soit un succès » [Fate of new ‘X-Files’ is latest Fox mystery, Gina McIntyre, Hollywood Reporter, novembre 2000].

L’agent Doggett, source d’un regain d’énergie

« Quand Robert est arrivé, nous avions seopt années derrière nous et soudain il y avait ce nouvel acteur et cette nuvelle énergie, c’était une nouvelle naissance, » se souvient Kim Manners. « Nous étions devenus un peu complaisants. Cela faisait sept ans qu’on faisait ça, alors on ne répétait plus. Et tout à coup, il y avait cet acteur frais, énergique, qui voulait faire des répétitions ! » Robert Patrick acquiesce : « Je me souviens que quand nous avons commencé, j’avais besoin de plus de temps pour trouver les choses, les mettre en place et comprendre la logique. Et c’est vrai qu’après deux ou trois épisodes, quelqu’une est venu me voir, je ne sais plus qui c’était, peut-être Michelle McLaren, et m’a dit : ‘il faudrait peut-être qu’on commence à aller plus vite, on a peut-être pas le temps pour toutes ces répétitions’ » (commentaire audio de « Within », coffret DVD saison 8, 20th Century Fox Home Video, 2002).

La série bénéficie d’une nouvelle énergie évidente, dans l’écriture et dans l’interprétation, après que Duchovny et Anderson aient été en pilotage automatique une majorité des épisodes de la saison précédente. Hors épisodes décalés, ce début de saison 8 apporte une série des meilleurs loners qu’on ait vu depuis longtemps, et dont « Roadruners » fait partie.

S’il n’y avait pas eu un gros passage en vide en milieu de saison – le trio « Surekill », « Salvage », « Badlaa » [8.08/09/10], la saison aurait réussi une résurrection parfaite. Et très inattendue.
Ces épisodes indépendants un peu poussifs doivent sans doute aussi leur existence à la structure particulière de la saison. Habituellement, les épisodes indépendants et la mythologie alternent. Cette année est grosso modo découpée en deux : une première moitié d’épisodes à monstres, et une deuxième qui constitue un grand feuilleton mythologique. Tous les épisodes indépendants doivent donc être développés en même temps en début d’année, au risque de négliger un peu les derniers. Ensuite, Chris Carter et Frank Spotnitz signent un nombre impressionnant d’épisodes, ce qui les conduira d’ailleurs à arriver un peu en bout de souffle sur la ligne d’arrivée. Le double épisode final est écrit en partie au fur et à mesure du tournage, ce qui donne au réalisateur Kim Manners l’occasion d’influencer de façon importante le scénario : il aide à façonner la mort de Krycek, la course-poursuite en voiture dans le parking du FBI et le décor de l’accouchement de Scully.

« Roadrunners » est écrit par Vince Gilligan, qui reçoit une promotion cette saison puisqu’il est désormais crédité comme producteur exécutif aux cotés de Frank Spotnitz en début d’épisode – Carter à le même crédit, mais en carton de fin, pour indiquer qu’il reste le principal showrunner. A l’époque, j’avais pu, lors d’un chat sur le site officiel, demander à Vince Gilligan si ce nouveau titre modifiait son travail : « Non, parce que je fais le même travail qu’avant. J’apprécie clairement le changement de grade, cependant. Je suis fier d’avoir atteint ce titre sur cette série sur laquelle j’apprécie tellement de travailler. Et sur laquelle je travaille tellement dur. Mais en fin de compte, je continue de faire le même travail, seulement avec un meilleur crédit » [Fox Chat with Vince Gilligan, The X-Files Official Site, 30 novembre 2000].

 

Des fans divisés

Les changements importants de la huitième saison ne font bien sûr par l’unanimité. Une partie des fans, qui refuse que la série se poursuive sans Mulder, se fait particulièrement entendre. « Ce que Doggett traverse est très similaire à ce que je vis comme acteur qui intègre une série à succès, » commente Robert Patrick [Agent John Doggett revealed, vidéo Deadalive, 20th Century Fox Home Video, mars 2000].

L’équipe s’y attendait. Après tout, c’est justement parce qu’elle anticipait cette réaction qu’elle avait fait en sorte que Doggett soit d’abord un antagoniste, et qui gagne la confiance de Scully progressivement, au fil des cinq ou six premiers épisodes. Mais au moment où la série arrive à l’antenne, en novembre, alors que le tournage a commencé trois mois plus tôt, elle s’est déjà habituée au nouveau. « C’est un acteur formidable et un type vraiment bien, » s’enthousiasmait Frank Spotnitz. « Il a envie d’être là, et il travaille vraiment dur chaque jour. Ce qu’on recherche, c’est des acteurs qui sont plus que des acteurs, qui habitent un rôle, ont une présence, des gens qu’on a juste envie de regarder. C’est dur de trouver ça. C’est une qualité que certaines personnes ont. Et nous avons tous le sentiment qu’il l’a » [The Next Files, The X-Files Magazine, novembre 2000]

L’ampleur du rejet de certains provoque une certaine frustration. « Je pense que les fans devraient savoir que nous aimons Mulder autant qu’eux. Ce n’était pas notre choix de faire la série ainsi. C’est quelque chose entre David et le studio. La seule chose que Ten Thirteen production a eu à dire, c’est : ‘on ne veut pas continuer si David n’est pas là du tout, donnez-lui ce qu’il veut’. Avec de la chance, notre audience que nous racontons les meilleurs histoires possibles et que nous faisons de X-Files la meilleure série possible, selon nos capacités. Nous sommes dans le même camp qu’eux » [X-Files enters its eighth season, par Anthony C. Ferrante, Mothership.com, 2000]

Scully, hôte du messie. Et pour une fois, on ne parle pas de William.

Il faut dire que pour certains, tout est prétexte à pendre la mouche. Tout est une insulte à Mulder. Tout prouve que Scully est devenue une faible femme. Lors d’un chat, la question suivante fut posée à Vince Gilligan : ‘‘un certain nombre de fans, particulièrement des femmes, sont dérangées par l’abêtissement, la soumission et la victimisation de Scully, particulièrement durant Roadrunners. Êtes-vous conscient de ces inquiétudes. L’abêtissement de Scully vis-à-vis de l’homme viril Doggett est-il intentionnel ?’’. Cette personne s’imaginait vraiment que le scénariste allait répondre oui ? Ces délires, typiques de fandoms entrés en phase d’autodestruction, sont toutefois courants. « Je suis en désaccord complet, » répond Vince Gilligan. « Je pense que Scully est extrêmement intelligente dans cet épisode, tout comme nous essayons de la rendre intelligente dans tous les épisodes. Vous réagissez à la scène dans laquelle elle est retenue contre sa volonté. C’est clairement une scène dérangeante. Mais mon sentiment est que la même chose aurait pu arriver à Mulder, une figure masculine. Et, de fait, Mulder a certainement été retenu contre sa volonté, et subi des traitements terribles, aussi souvent que Scully par le passé. Doggett est pour moi un bon personnage, intéressant. Encore une fois, je sais que beaucoup d’entre vous ne voulez pas entendre ça, mais je ne pense pas que cela enlève quoi que ce soit à Mulder » [Fox Chat with Vince Gilligan, The X-Files Official Site, 30 novembre 2000].

Derrière ces protestations, se cache aussi une réalité plus contrastée. La saison 8 enraye la chute des audiences, qui avait été forte en saison 6 et en saison 7 (la saison 5 avait rassemblé une moyenne de 19,8 millions de téléspectateurs américains, la sixième 16,39 millions et la septième 14,2). Cette fois, l’audimat est quasi stable par rapport à la saison précédente, et s’établit à 13,53 millions de moyenne. Un élément qui encourage la chaîne Fox à poursuivre l’idée d’une nouvelle génération.

 

Construire un ensemble

« Mon premier jour de tournage sur The X-Files, c’était très mémorable parce que ce n’était pas vraiment un jour », s’amuse Annabeth Gish. Le directeur de la photographie Bill Roe explique : « son tout premier plan a été filmé à 4 heures du matin. Bienvenue sur The X-Files ! » [The truth about season 8, coffret DVD saison 8, 20th Century Fox Home Video, 2002].

Première scène de Reyes, dans This is not happening

« Alors que je me rendais en voiture sur le tournage à Simi Valley, un peu au milieu de nulle part, j’ai vu ce regroupement de générateurs et la grande grue qui créait la lumière de la lune, et j’ai ressenti l’énergie du plateau. Cela vous rappelle ce pourquoi vous faites ce métier. Il y une telle énergie que, quelle que soit l’heure à laquelle vous travaillez, il y a quand même cette excitation magique de raconter une histoire, de faire semblant » [Risky Business, par Chandra Palermo, The X-Files Magazine, février 2001]

Dès le début de la saison, les scénaristes savent qu’ils devront introduire un nouveau personnage féminin, destiné à assurer la relève de Scully. C’est fait dans l’épisode 14, avec l’arrivée de l’agent Monica Reyes. A nouveau, ce rôle stratégique donne lieu à un important processus de casting à l’issu duquel il reste trois actrices entre lesquelles la production hésite : Stacey Edwards (vue dans Chicago Hope), Daphne Zuniga (Melrose Place) et Annabeth Gish. Elles sont chargées de donner vie à un personnage qui tranche résolument avec le passé et même le ton de la série. Monica Reyes est un personnage solaire, ouvert, souriant et aux croyances un peu new age. Elle aime les chants de baleine, essaye d’arrêter de fumer, et n’est pas toujours très à l’aise dans sa relation aux autres. C’est un personnage formidable et original, un agent du FBI fort et en même temps névrosé. En tout cas, elle l’est pour l’instant.

« Je pense qu’elle va apporter de la légèreté à la série, » confiait Kim Manners sur le tournage de « This is not Happening », l’épisode de son introduction. « Alors que Muler et Scully ont toujours été très réservés, cette femme porte son cœur sur sa manche. Elle dit la vérité, quelque fois peut-être trop librement, trop facilement. C’est une impulsive » [Risky Business, par Chandra Palermo, The X-Files Magazine, février 2001]

Avec cette introduction de nouveaux personnages, et l’importance plus grande donnée à certains anciens, comme Skinner et Kersh, les scénaristes préparent l’avenir de la façon dont ils auraient sûrement voulu pouvoir le faire dans la saison 7, s’ils avaient su que la série se prolongerait. « La série pouvait continuer, » constatait Frank Spotnitz. « On avait deux nouveaux personnages intéressants et viables, et on était en mesure de protéger le partenariat entre Mulder et Scully, on n’avait pas à le détruire » [The truth about season 8, coffret DVD saison 8, 20th Century Fox Home Video, 2002].

Ironiquement, cette évolution rencontrait une revendication de longue date de David Duchovny, à l’époque où il participait encore à la série à plein temps. « Pendant des années, j’ai dit qu’on avait besoind e plus de personnages. Gillian et moi étions fatigués. Et je dirais qu’aucune autre séire dans l’histoire de la télévision n’avait le genre de planning que nous avions, parce que nous faisions des épisodes d’une heure avec des effets spéciaux toutes les semaines avec seulement deux personnes. Aucun autre acteur n’avait ce genre de charge de travail. Je pensais qu’ajouter d’auitres personnages, ou augmenter la présence d’autres personnages récurrents aiderait à nous décharger, Gillian et moi. Mais l’idée n’a jamais pris ». Maintenant qu’elle est mise en pratique, par obligation puisqu’il était absent plus de la moitié de la saison, Duchovny n’y trouvait pas son compte autant qu’espéré. « Quand je suis revenu à la fin de cette année – et c’était mon choix de ne plus participer à la série à plein temps – d’autres histoires et d’autres idées avaient pris la place au centre. Je me sentais un peu périphérique. L’histoire de Mulder faisait partie de trois ou quatre autres histoires en cours, et cela ne me semblait plus être la même série ».

« Il nous a parlé de sa déception à ce moment-là, » admet Frank Spotnitz. « Mais ce qui est arrivé était inévitable. Il avait fallu continuerà raconter des histoires sans lui. Il avait fallu redéfinir ce qu’était la série. Cela ne pouvait plus redevenir le ‘Mulder et Scully show’ au moment où il est revenu. Je pense qu’il réagissait au fait qu’auparavant, il était la force motrice de toutes les histoires. Et cela n’était plus possible désormais, compte-tenu de ce que la série était devenu et de la direction qu’elle prenait ».

 

Continuité

Pour retrouver d’où a été passé l’appel qu’il a reçu de Scully, Doggett fait appel à Danny, un agent du FBI invisible que Mulder et Scully appellent constamment pour ce genre d’aide technique, depuis aussi loin que la première saison. Cela faisait cependant longtemps que Danny, jamais vu ni entendu, n’avait pas été l’objet d’une mention puisque la dernière datait de l’épisode « Christmas Carol », en début de saison 5.

 

Production

« C’est la première fois que je fais de la télévision, en dehors de mon arc sur les Sopranos, » confiait Robert Patrick sur le tournage de la huitième saison. « Une des questions qu’on se pose en tant qu’acteur, c’est : si je fais ça toutes les semaines, est-ce que je vais m’ennuyer ? Mais je ne vois pas comment c’est possible vu la manière dont ils écrivent. Chaque semaine je fais : wow ! » [Agent John Doggett revealed, vidéo Deadalive, 20th Century Fox Home Video, mars 2001].

L’épisode de cette semaine émane de la volonté du scénariste Vince Gilligan de revenir aux raciness de la série. « Je voulais juste faire un épisode de X-Files super inquiétant, effrayant, le genre qui s’infiltre sous votre peau, au sens figuré ou au sens littéral » [The truth about season 8, coffret DVD saison 8, 20th Century Fox Home Video, 2002].

« Roadrunners est en quelque sorte un hommage au film de Spencer Tracy Bad Day at Black Rock, » explique Gilligan. « C’est un film formidable, dans lequel Spencer Tracy visite une petite ville dans le désert, et se rend compt rapidement que personne ne veut de lui là-bas. Il finit par découvrir un sombre secret, même si ça n’a rien à voir avec une limace messianique géante. Si vous ne conaissez pas ce film, allez le louer. Je ne vous spoilerai pas la fin » [Fox Chat with Vince Gilligan, The X-Files Official Site, 30 novembre 2000]

En plus de revenir à l’ambition originelle de la série, faire peur, « Roadrunners » s’inscrit parfaitement dans la tradition thématique de la série, cette exploration d’une small town america souvent fantasmée mais en réalité tellement abandonnée que les pires choses peuvent s’y passer sans que personne ne soit jamais au courant.

C’est ce qu’on appelle une opération rustique

Le récit concocté par Gilligan et tellement effrayant, et tellement gore, que les premiers à qui il a donné des frissons se trouvaient sur le plateau. « Il a fallu filmer les plans dans lesquels Doggett enfonce un couteau sous la peau de Scully pour extraire la limace, » raconte le producteur Paul Rabwin. « Un des caméramen a failli faire un malaise » [The truth about season 8, coffret DVD saison 8, 20th Century Fox Home Video, 2002].

« C’était une limace qui pouvait effectuer des mouvements par le truchement d’un système animatronique, » explique Cheri Montesanto-Medcalf, la responsable des maquillages à l’origine de cette création aussi dégoûtante que très réussie [The truth about season 8, coffret DVD saison 8, 20th Century Fox Home Video, 2002].

« Roadrunners » fut – très bien – mis en scène par un nouveau venu dans l’équipe, le réalisateur australien Rod Hardy qui réaliserait deux autres épisodes cette saison-là.

« The X-Files, c’est la première série que j’ai faite aux Etats-Unis. J’y avais emménagé pour faire des téléfilms et des miniséries. J’avais fait des épisodes de série en Australie, mais jamais ici. J’ai tourné un remake de High Noon, le western classique, pour TBS, et quelqu’un de chez X-Files l’a vu et on m’a invité à diriger quelques épisodes. C’était une formidable opportunité de travailler sur une série aussi imposante que celle-là. L’attitude de tous ceux qui y travaillaient, après huit saisons, était absolument professionnelle. Je pense que c’est ce qui se voit à l’écran, le professionnalisme de tous ces gens qui essayent d’accomplir le meilleur. Vous savez, un épisode était tourné pour à peu près la même somme avec laquelle on faisait un long-métrage en Australie. La série était faite avec une phase de pré-production de sept jours, et puis neuf jours de tournage de l’équipe principale plus deux jours de seconde équipe. Certains épisodes prenaient plus longtemps à cause de leur niveau ed complexité. Il faut beaucoup d’efforts pour abattre autant de travail en onze jours. La journée de travail était de 13 à 14 heures, alors on commençait très tôt le matin pour finir tard le soir. Parfois, le lieu de tournage était à une heure et demie de route, alors cela voulait dire s’absenter de chez soit pour seize heures. L’équipe qui travaillait tout le temps sur la série, je ne sais pas comment ils faisaient pour tenir, mais ils le faisaient avec un sourire sur le visage » [Commentaire audio de l’épisode Vienen, coffret The X-Files Mythology vol. 4 Super Soldiers, 20th Century Fox, 2005].

La cavalerie arrive, mais Scully est déjà sauvée

Dans ces premiers épisodes de la saison, toute l’équipe participe à définir et enrichir le personnage de Doggett. Dans « Roadrunners », l’agent sort ainsi de sa poche un couteau, ce qui donne davantage de travail au responsable des accessoires Tom Day que ce que vous imaginez.

« C’est un processus continu pour nous sur ces premiers épisodes, parce qu’il se retrouve dans différentes circonstances, et c’est alors qu’un accessoire particulier sera utilisé, que ce soit son portefeuille, ou son porte-revolver ou une photo qui dit quelque chose de lui. C’est amusant de développer ces nuances. Beaucoup de choses vont dans le choix d’un couteau que quelqu’un porte sur lui. Nous sommes cinq dans mon département, et nous avons tous un couteau différent. Alors on ne donne pas le premier couteau venu à Doggett. Non, c’est quelque chose dont nous avons parlé avec les producteurs exécutifs. Que souhaitent-ils ? Que veulent-ils dire ? Une fois que c’est décidé, on va choisir un couteau et en fabriquer plusieurs. Certains en caoutchouc, d’autres avec des lames de sécurité. A la fin, on aura établi cet accessoire pour lui, qui dira quelque chose de lui » [Brand New Day, par Chandra Palermo, The X-Files Magazine, octobre 2000].

Les autres départements, comme celui de la responsable des costumes Enid Harris, passent par des étapes similaires qui témoignent de l’attention aux détails, à tous les niveaux de la chaîne. « J’ai déjà commencé à constituer son placard. On veut lui garder un coté conservateur, comme s’habillerait un ancien marine ou policier. Alors, basiquement, il faut que ce soit à un costume à deux boutons. Mais les costumes à deux boutons viennent toujours avec des pantalons plissés, ce qui n’est pas super. Alors on a du refaire tous les pantalons pour qu’ils aient le devant plat » [Brand New Day, par Chandra Palermo, The X-Files Magazine, octobre 2000].

« Doggett est ancien policier, alors on lui a choisi une maison très intéressante, » explique pour sa part la production designer Corey Kaplan. « C’est un voisinage un peu grungy dans lequel tout le monde a des barrières et des chiens qui aboient. Les maisons sont toutes anciennes et retapées. Ce choix en lui-même est assez cool. C’esty un ancien policier et il est prpet à vivre dans un endroit douteux parce qu’il ne craint pas pour lui. Nous développerons cette maison et les choses qu’on met sur les murs au fur et à mesure que les scénaristes écriront sur lui » [Brand New Day, par Chandra Palermo, The X-Files Magazine, octobre 2000]

 

Le bilan : « Roadrunners est l’épisode le plus flippant et le plus gore que la série avait produit depuis des lustres. La séquence finale est quasiment insoutenable, le genre qu’il est impossible de diffuser avant 23 heures en France (heureusement pour M6, The X-Files avait été basculée en deuxième partie de soirée). Le scénario de Vince Gillian fait monter la tension et l’angoisse avec une vraie expertise.

 

X-Files en 20 épisodes

Volet 1: Pilot (Nous ne sommes pas seuls) [1×00]

Volet 2: Ice (Projet Arctique) [1×07]

Volet 3: The Erlenmeyer Flask (Les Hybrides) [1×23]

Volet 4: Sleepless (Insomnies) [2×04]

Volet 5: One Breath (Coma) [2×08]

Volet 6: Humbug (Faux-frères Siamois) [2×20]

Volet 7: D.P.O. (Coup de foudre) [3×03]

Volet 8: Paper Hearts (Cœurs de Tissu) [4×10]

Volet 9: Never Again (Jamais Plus) [4×13]

Volet 10: Kill Switch (Clic Mortel) [5×11]

Volet 11: The Pine Bluff Variant (Les Nouveaux Spartiates) [5×18]

Volet 12: Triangle [6×03]

Volet 13: Milagro (A Cœur Perdu) [6×18]

Volet 14: The Unnatural (Le Grand Jour) [6×19]

Volet 15: The Sixth Extinction II: Amor Fati (La Sixième Extinction 2) [7×02]

Volet 16: all things (Existences) [7×17]

Volet 17: Within (Chasse à l’Homme 1) [8×01]

Volet 18: Roadrunners (Un Coin Perdu) [8×04]

Volet 19: Audrey Pauley [9×11]

Volet 20: Release (Clairvoyance) [9×17]

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