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X-Files en 20 épisodes : The Pine Bluff Variant (Les Nouveaux Spartiates) [5×18]

X-Files en 20 épisodes : The Pine Bluff Variant (Les Nouveaux Spartiates) [5×18]

Note de l'auteur

Lancée le 10 septembre 1993, The X-Files fêtera ses vingt ans à la rentrée. A l’approche de cet événement le Daily Mars va passer tout l’été avec la série culte créée par Chris Carter, qui rassembla les fans de fantastique, d’horreur et de science-fiction tout au long des années 90, au fil de ses quelques 202 épisodes. Nous vous proposons de vous raconter l’histoire de The X-Files en vingt épisodes. Avec ce onzième volet, focus sur un thriller tendu et réaliste, signé du souvent décrié John Shiban.

Les derniers instants de Mulder. A moins que celui qui le vise soit un agent double.

Scully et Mulder participent à une opération pour appréhender un groupe de terroristes qui disposent d’une arme bactériologique particulièrement virulente. Mais Scully constate que Mulder laisse volontairement s’échapper l’un d’eux. Elle est forcée de se demander si son partenaire pourrait s’être allié avec ce groupuscule conspirationniste qui lutte contre le gouvernement…

Scénario: John Shiban. Réalisation : Rob Bowman. Première diffusion Fox : 3 mai 1998 ; première diffusion M6 : 5 novembre 1998. Guests : Mitch Pileggi (Skinner).

 

Les adieux

« Je n’avais jamais imaginé que la série irait jusqu’à la cinquième saison, » confie David Duchovny. « A un moment pendant le tournage de la troisième saison, Chris et moi nous nous sommes retrouvés à nous plaindre l’un à l’autre de notre état de fatigue. On se disait : ‘OK, on va faire cinq saisons. On s’en ira à cinq’. Mais la cinquième saison est arrivée et il était clair que personne ne s’en irait nulle part » [The Complete X-Files, par Matt Hurwitz et Chris Knowles, Insight éditions, 2008].

De fait, cela fait plusieurs années que Duchovny commence à trouver le temps long. Il le déclarait dès la fin de la quatrième saison. « Il y a des jours où [l’idée de vivre au moins cinq ans à Vancouver pour tourner] est une perspective terrible pour moi. Je ne m’étais jamais imaginé faire une série, je me voyais aller d’un film glorieux à un autre. Quand on a signé les contrats pour le Pilote, mon agent m’a dit qu’il fallait que je pense à ce à quoi je m’engageais. J’ai répondu que j’y avais réfléchi, mais ce n’est pas le cas du tout. Parce que je ne savais pas à quel point cela serait dur » [Par Deborah Starr Seibel, TV Guide, 3 novembre 1995].

Ces propos sont le début d’une campagne très réfléchie. Le studio a commencé à approcher le trio de tête de The X-Files, Duchovny mais aussi Chris Carter et Gillian Anderson, pour qu’ils prolongent leur engagement de deux saisons supplémentaires à l’issue de leur contrat initial de cinq ans. Duchovny veut imposer une condition : que le tournage de la série soit relocalisé à Los Angeles. En décidant de tourner le film Fight the Future là-bas, pour offrir un plus grand contraste avec les images habituelles, Carter lui a donné des arguments. Il a démontré que l’univers d’X-Files pouvait s’accommoder des paysages désertiques et du soleil.

Nous sommes à l’époque du sommet du succès médiatique de la série. La presse, dans l’anticipation du film, couvre chaque micro-événement. La demande médiatique de David Duchovny ne passe pas exactement inaperçu. De fait, il est accusé d’être une diva qui fait un caprice – pour quelqu’un qui endure des journées de tournage de quinze heures, cinq jours par semaine, neuf mois par an, dans l’humidité de Vancouver, c’est probablement dur à encaisser. Il est sommé de s’expliquer. Dans ce contexte, l’acteur fit une blague malheureuse, alors qu’il était invité dans le talk-show Late Night Whith Conan O’Brian, expliquant qu’il pleuvait 10 mètres (400 pouces) d’eau par jour à Vancouver, ce qui déclencha carrément des protestations d’habitants de la ville ! Dans l’épisode « Schyzogony » [5.09], c’est Scully qui évoque l’hypothèse de 10 mètres de pluie en une journée, ce à quoi Mulder répond : « cela semble assez exagéré, tu ne crois pas ? ».

Gillian Anderson, tout en soutenant globalement son partenaire, se tient à l’écart de la polémique, poussant son propre agenda : obtenir enfin un salaire par épisode égal à celui de Duchovny, ce qu’elle obtiendra en s’engageant pour trois ans supplémentaires au lieu de deux.

Duchovny est inflexible. Il vient d’épouser l’actrice Téa Leoni, qui tourne à Los Angeles la sitcom The Naked Truth. Il veut mettre fin à son « exil » forcé. Après tout au départ, seul le Pilote devait être tourné à Vancouver. Ce n’est qu’après qu’il avait été décidé de produire toute la série là-bas. David Duchovny signe un contrat pour deux saisons supplémentaires très particulier. Il indique que si The X-Files est tournée à Los Angeles, il s’engage à plein temps, pour 22 épisodes par saison. En revanche, si la production reste à Vancouver, le contrat stipule que Duchovny ne participera qu’à un maximum de douze épisodes par an.

Pour Chris Carter, le studio 20th Television, et la chaîne Fox, la situation présente un dilemme difficile. Car la demande de David Duchovny ne sera pas sans conséquences. Ce n’est pas seulement que Vancouver, sa lumière, sa pluie et sa brume offrait de l’atmosphère gratuite. C’est surtout que déménager signifiait se séparer de l’équipe technique, patiemment formée, et qui réalisait de véritables prouesses chaque semaine. Chris Carter avait le sentiment qu’il s’agissait de disperser une équipe championne du monde. « Ils étaient vraiment très fiers de ce qu’ils faisaient, » commente Frank Spotnitz. « Ils n’en croyaient pas leurs yeux, de ce qu’ils arrivaient à faire dans un planning de télévision. Ils n’avaient jamais rien fait de similaire avant. Beaucoup d’entre eux ne le referont plus jamais, parce que c’était une série si invraisemblablement ambitieuse pour la télévision. Alors vous pouvez imaginer à quel point cela nous brisait le cœur de devoir partir, parce que nous avions vraiment le sentiment que tous ces techniciens étaient nos partenaires dans le succès de la série » [The Complete X-Files, par Matt Hurwitz et Chris Knowles, Insight éditions, 2008].

Jeffrey Spender, le remplaçant qui n’aura personne à remplacer…

Il faudra longtemps pour parvenir à une décision. Un plan B est même mis en place. L’épisode « Patient X » [5×13] introduit un nouveau personnage, Jeffrey Spender. Un autre agent du FBI, fils de l’Homme à la Cigarette. Le rôle est confié à Chris Owens, qui avait déjà interprêté le Fumeur jeune dans deux épisodes (« Musings of a Cigarette-Smoking-Man » [4×07] et « Demons » [4×23]) ainsi que le monstre de l’épisode en noir et blanc « Post-Modern Prometheus » [5×05]. On propose à Owens de signer un contrat qui l’engage pour douze épisodes de la sixième saison. Si jamais Mulder n’apparaît plus qu’à mi-temps, c’est lui qui assurera l’intérim.

Le plateau de la série bruissait de rumeurs et de spéculations. D’inquiétude, aussi. Si la série déménageait, les quelques deux-cents membres de l’équipe devraient chercher un nouveau boulot.

Le 28 mars 1998, pendant le tournage de « The Pine Bluff Variant », Chris Carter se rendit à Vancouver et rencontra séparément chaque chef de département, pour les informer qu’il avait espéré qu’il y aurait une alternative, mais que le tournage de The X-Files serait relocalisé à Los Angeles à partir de la sixième saison. Après cela, il se rendit sur le plateau, et rassembla toute l’équipe et les acteurs lors d’une pause du tournage, pour leur lire un texte qu’il avait préparé qui explicitait les raisons logistiques et économiques pour lesquelles le tournage quitterait Vancouver. Il commença à adresser ses remerciements mais, avant d’avoir pu finir, fut stoppé par l’émotion. « C’est une chose très difficile à faire. C’était très émouvant. Beaucoup de ces gens étaient devenu mes amis, les amis de tout le monde. Ce n’était pas juste d’une certaine façon, parce qu’ils nous avaient beaucoup aidé à sortir de la masse » [The Complete X-Files, par Matt Hurwitz et Chris Knowles, Insight éditions, 2008].

Au final, Chris Owens, qui avait déménagé avec sa femme à Los Angeles, ne tournera que cinq épisodes de la saison 6 avant que son personnage soit éliminé. Un peu bêtement puisqu’à peine plus d’un an plus tard, il faudrait concevoir un nouveau remplaçant pour Mulder.

Le season finale, « The End » [5.20], fut le 117e et dernier épisode tourné à Vancouver. En guise de clin d’œil, la séquence prégénérique est d’ailleurs située dans un stade de Vancouver, dans la réalité comme à l’écran – même si c’est une tricherie narrative, puisque la ville canadienne n’est pas dans la juridiction du FBI. Le jour du tournage de cette scène, les fans habitant Vancouver étaient conviés à venir assister au tournage, et à faire office de figurants. « On espérait qu’avec de la chance, 5.000 personnes viendraient, » se souvient le producteur Joseph Patrick Finn. « Le compte final s’est établi à 12.000, et nous en avons refusé 2 ou 3.000 autres pour des raisons de sécurité ». Entre les prises, l’ambiance était festive : David Duchovny et Gillian Anderson prirent le micro pour répondre à des questions de la salle, et des concours furent organisés. « C’était une grande fête d’adieu pour nous tous, » complète Finn [Resist or Serve: The Official Guide to the X-Files 4, par Andy Meisler, éditions Harper Prism, 1998].

Pour pouvoir travailler une dernière fois de près avec cette équipe, Chris Carter réalisa les scènes confiées à la seconde équipe. Le dernier jour de tournage de X-Files à Vancouver eut lieu le 29 avril 1998 (soit 18 jours avant la diffusion de l’épisode, ce qui donne une bonne idée des délais incroyablement serrés des séries américaines).

 

John Shiban : la malédiction

Demandez à un fan ce qu’il pense du scénariste John Shiban, et il y a fort à parier que vous n’entendiez pas que des compliments. Voire que vous n’entendiez pas de compliments du tout. Pourtant, au milieu des dizaines de scénaristes virés parce que leur travail n’était pas satisfaisant aux yeux de Chris Carter, lui est resté de la troisième jusqu’à la dernière saison, sur laquelle il recevait le plus haut crédit possible, producteur exécutif. C’est sûrement que son apport créatif n’est pas évalué à sa juste valeur.

Scully inspecte les reliques indiennes de Teso Dos Bichos

Shiban est resté associé à « Teso Dos Bichos » [3.18]. On oublie d’ailleurs souvent que son premier épisode, « The Walk » [3.07], sa première expérience à la télévision, était très honnête, et remplie de moments visuels marquants. Mais le deuxième scénario de John Shiban fut une expérience difficile de bout en bout, pour un résultat effectivement catastrophique.

A partir du moment où un scénario a été distribué à l’équipe de production, chaque changement est signalé par l’addition de pages de couleurs. Les révisions furent si nombreuses que la couleur saumon fut répétée deux fois : « Teso Dos Bichos » fut surnommé par le réalisateur Kim Manner ‘‘Second Saumon’’. Mais tous ces problèmes n’étaient pas forcément la faute de Shiban. « Teso Dos Bichos » connu aussi les chutes de neige en plein tournage d’une scène censée se passer en Amazonie. Surtout, la séquence finale confrontait les agents à des hordes de chats, qui devaient les attaquer. Or, le chat est un animal qui ne peut pas être dressé, et le réalisateur se retrouva chargé de rendre effrayant des dizaines de minous miaulant et somnolant ! Pire : Gillian Anderson étant allergique aux chats, il fallut fabriquer une marionnette ridicule, avec des poils synthétiques, pour la scène où elle est attaquée. Catastrophé, Kim Manners fit imprimer pour l’équipe des t-shirts « j’ai survécu à Teso Dos Bichos ».

C’est par l’entremise de Frank Spotnitz que John Shiban a rejoint l’équipe. « J’ai étudié au conservatoire de l’American Film Institute. C’est là que j’ai rencontré Frank Spotnitz et que nous sommes devenus amis. Après l’école, j’ai continué à écrire des films. Je ne pensais pas à écrire pour la télévision à cette époque. Frank a eu le boulot sur The X-Files, et j’allais lui pitcher des idées. Il m’a dit : ‘pourquoi tu n’envoies pas le scénario d’un de tes films. Je sais que ça intéresse Chris, de recruter quelqu’un sans expérience de la télévision’. Alors je leur ai montré un de mes specs et puis j’ai attendu, et attendu encore. J’ai reçu un coup de fil la veille de leur départ en hiatus [à la fin de la deuxième saison] me demandant de venir et de rencontrer Chris. On a eu un super rendez-vous, et le lendemain, j’étais engagé dans l’équipe. D’un jour à l’autre. Enfin, ça a eu l’air d’être d’un jour à l’autre même si c’était le résultat d’années à tenter de percer » [Interview pour Maelee McBee, TV Now, mai 2002].

Si John Shiban s’est imposé dans l’équipe, c’est d’abord parce que son travail remplissait deux conditions auxquelles Chris Carter tenait particulièrement, et qui ne se trouvaient pas si facilement chez d’autres scénaristes. D’abord une écriture qui repose sur des moments visuels plutôt que sur des dialogues. A cet égard, le fait que Shiban soit davantage un homme de cinéma que de télévision l’a aidé. Ensuite, le fait qu’il écrivait toujours à propos de quelque chose, et qu’il apportait des réponses convaincantes à une question que Carter ne cessait de poser à ses scénaristes : pourquoi racontons-nous cette histoire ?

Même quand les épisodes de Shiban ne marchaient pas vraiment, ils avaient un sujet, et du sous-texte. C’est notamment le cas de « El Mundo Gira » [4.11], pour lequel il fit appel à son expérience professionnelle précédent son intégration à l’équipe de The X-Files. Shiban travaillait comme programmeur pour une société d’informatique au nord de Los Angeles. « En regardant par me fenêtre, je voyais les longues lignes de travailleurs immigrés dans les champs de framboises le long de l’autoroute, » se souvient-il. « C’est une honte, mais pratiquement tout le monde, moi y compris, leur passions devant sur le chemin du bureau, sans les voir ». Cet aspect, la manière dont nous rendons ces gens presque invisibles, devint l’un des thèmes principaux de l’épisode. Chris Carter était aussi intéressé par les aspects du scénario rappelant les télénovellas. Pour éviter à cet épisode de se prendre trop au sérieux, ce qui avait contribué à l’échec de « Teso Dos Bichos », il fut décidé d’accentuer ce parallèle. Pour cette raison Carter rejeta intégralement le premier score composé par Mark Snow, jugé trop sérieux et premier degré.

John Shiban était aussi un véritable fournisseur de point de départ d’épisodes, là où cela s’avérait souvent une torture pour d’autres scénaristes. « J’ai toujours été fan de cinéma et étudié les films et l’histoire du cinéma, depuis que je suis très jeune, alors une des choses que j’ai amené, c’est une bibliothèque d’histoires, d’idées et d’images que nous pourrions utiliser comme inspiration » [Underneath The X-Files, par Joe Narrazo, The X-Files official Magazine, avril 2002].

Agitateur d’idées, c’est par exemple lui qui est crédité pour avoir, au début de l’écriture de la quatrième saison, énoncé l’idée qu’il fallait que Scully découvre qu’elle avait un Cancer, que c’était la suite logique des éléments déjà introduits. Certains autres scénaristes s’y opposèrent à l’époque, mais la position de Shiban finit par l’emporter.

« L’autre chose que j’ai apportée, j’espère que les autres scénaristes producteurs seraient d’accord, c’est que produire 20 et quelques épisodes implique beaucoup de stress. J’ai le sentiment qu’une de mes qualités, c’est d’être calme dans la tempête. C’est quelque chose que je tiens de ma mère, ce sens que ça va passer et qu’il vaut mieux trouver un moyen de régler les problèmes plutôt que de devenir fou. Je crois que j’ai été utile dans beaucoup de ces moments difficiles, pour s’assurer qu’on ait un épisode à montrer, et que cela constitue une partie de ma contribution » [Underneath The X-Files, par Joe Narrazo, The X-Files official Magazine, avril 2002].

Et puis on oublie souvent de créditer John Shiban pour ses plus grandes réussites. Des épisodes écrits à plusieurs mains comme « Monday » [6.14] et « Field Trip » [6.21], mais aussi ses réussites en solo : « Elegy » [4.22], « S.R. 819 » [6.09] et ce formidable « Pine Bluff Variant », implacable thriller conspirationniste et politique.

Scully examine quelques cadavres décomposés dont la série avait le secret

 

Continuité

La cinquième saison est celle d’une inversion de croyance poussive entre Mulder et Scully. Dans « Patient X » [5.13], Mulder participait à une conférence publique au cours de laquelle il avait affirmé que les extraterrestres étaient un rideau de fumée inventé par le gouvernement pour dissimuler ses recherches sur de nouvelles armes. Après ces déclarations, Mulder a donc été approché par un groupe anarchiste terroriste qu’il a infiltré pour le compte du FBI. Un exemple rare, mais bien trouvé, de continuité forte entre une intrigue mythologique et un épisode indépendant.

 

 

Production

« Ce qu’il y a de formidable avec X-Files, » explique le scénariste John Shiban, « c’est qu’elle pouvait s’adapter à beaucoup de genres différents. Nous avons fait de la comédie, de l’horreur, du drame – le paradigme pouvait prendre beaucoup de formes. Et je voulais faire un thriller, dans l’esprit de L’Espion Qui Venait du Froid (Martin Ritt, 1965, basé sur le roman de John Le Carré). Mulder sous couverture, dans une situation où il aurait à mentir pour que ceux avec qui il se trouve ne connaissent pas sa véritable allégeance, et que nous en venions à ne plus le savoir non-plus » [Commentaire audio du coffret DVD saison 5, 20th Century Fox Home Video, 2002]. Une tâche dont il s’acquitte parfaitement dans cet épisode tendu et passionnant.

Un épisode qui pose à Mulder la question des méthodes avec lesquelles lutter contre le gouvernement.

« Il me semblait que cela marchait particulièrement bien dans cette saison, puisque nous avions joué avec les questions de qui est réellement Mulder et de ce en quoi il croit vraiment » [Resist or Serve: The Official Guide to the X-Files 4, par Andy Meisler, éditions Harper Prism, 1998]. La réalisation de Rob Bowman, notamment pour le teaser, s’inspire du film Heat, de Michael Mann (1995). Pour le scénariste, « les images de surveillance en longue focale, mélangées à des plans de Steadycam, mélangés à des gros plans traditionnels apportaient quelque chose de différent et d’excitant à la série » [Commentaire audio du coffret DVD saison 5, 20th Century Fox Home Video, 2002].

Il existait réellement un laboratoire à Pine Bluff, dans l’Arkansas, officiellement fermé par Nixon à la fin des années 60, dans lequel étaient menées des recherches sur les armes bactériologiques. « Après la diffusion de l’épisode, beaucoup de gens m’ont dit qu’ils l’avaient trouvé très effrayant parce que cela semblait vrai, » raconte Shiban. « Quelques-uns m’ont demandé si je pensais que les Etats-Unis avaient stoppé toutes leurs recherches sur des armes biologiques et chimiques, comme l’Etat le prétend. Personnellement, je n’y crois pas » [Resist or Serve: The Official Guide to the X-Files 4, par Andy Meisler, éditions Harper Prism, 1998]. L’épisode s’aventure sur ces terrains qui pousseront certains à questionner les orientations politiques de la série. « Je ne dis pas de renverser l’autorité, » conteste Chris Carter face à ces accusations, et certaines récupérations, notamment en France par le Front National. « Je dis qu’il faut la questionner. Nous ne suggérons rien de révolutionnaire » [Chris Carter Interview, par John Casimir, Sydney Morning Herald, janvier 1996]. « Certains disent que la série est forcément Républicaine, puisqu’elle dit que le gouvernement est mauvais. Mais je crois que les Républicains disent : ‘faites-nous confiance’, alors que moi je dis : ‘ne faites confiance à personne’ » [Subject : Chris Carter, par David Wild, Rolling Stone, 16 mai 1996].

La musique de la série était intégralement composée sur des synthétiseurs par Mark Snow. Mais, pour la bande-originale du film Fight the Future, il avait pu bénéficier d’un orchestre symphonique. Certains sons enregistrés à cette occasion, et samplés, commencent à apparaître à partir de cet épisode.

 

Le Bilan : Très peu de paranormal, mais un thriller où les mensonges s’empilent sur des mensonges, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus savoir quelle est la véritable allégeance de la plupart des personnages. Le scénario est tendu, les personnages sont poussés à bout, et la réalisation de Rob Bowman est épatante. Une grande réussite signée John Shiban.

 

X-Files en 20 épisodes

Volet 1: Pilot (Nous ne sommes pas seuls) [1×00]

Volet 2: Ice (Projet Arctique) [1×07]

Volet 3: The Erlenmeyer Flask (Les Hybrides) [1×23]

Volet 4: Sleepless (Insomnies) [2×04]

Volet 5: One Breath (Coma) [2×08]

Volet 6: Humbug (Faux-frères Siamois) [2×20]

Volet 7: D.P.O. (Coup de foudre) [3×03]

Volet 8: Paper Hearts (Cœurs de Tissu) [4×10]

Volet 9: Never Again (Jamais Plus) [4×13]

Volet 10: Kill Switch (Clic Mortel) [5×11]

Volet 11: The Pine Bluff Variant (Les Nouveaux Spartiates) [5×18]

Volet 12: Triangle [6×03]

Volet 13: Milagro (A Cœur Perdu) [6×18]

Volet 14: The Unnatural (Le Grand Jour) [6×19]

Volet 15: The Sixth Extinction II: Amor Fati (La Sixième Extinction 2) [7×02]

Volet 16: all things (Existences) [7×17]

Volet 17: Within (Chasse à l’Homme 1) [8×01]

Volet 18: Roadrunners (Un Coin Perdu) [8×04]

Volet 19: Audrey Pauley [9×11]

Volet 20: Release (Clairvoyance) [9×17]

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