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#27 – Le coin des mangavores : Dragon Metropolis (T. 1) / Shibuya Hell (T. 1 & 2)

#27 – Le coin des mangavores : Dragon Metropolis (T. 1) / Shibuya Hell (T. 1 & 2)

Comme nos journées ne font que 24 heures et qu’il m’en faudrait 45 pour pouvoir lire et critiquer toutes les sorties manga que nous proposent les différents éditeurs français, ce coin des mangavores vous permettra d’avoir une vue d’ensemble sur les dernières parutions et de ne rien louper de vos titres préférés. C’est parti, suivez le guide !

Dragon Metropolis (T.1)

La dynastie des dragons, un pays ancien avec une longue et profonde histoire, devient de plus en plus prospère grâce à l’invention de la machine à mouvement perpétuel. À l’instar d’une locomotive, la machine Never-Ending guide la ville dans sa quête de changement et d’innovation. L’histoire est centrée sur un héros nommé Long Zhengyi, qui a subi de graves pertes de mémoire. Après s’être réveillé dans une ville inconnue, il découvre peu à peu la vérité cachée du pays à travers les notes qu’il avait écrites auparavant : Dragon Metropolis n’est rien d’autre qu’un gros gâteau divisé par les grandes puissances. L’obscurité pourrie sous la surface est la dévastation provoquée par la machine à mouvement perpétuel. En outre, ce qu’il découvre dans les notes l’avertit de quitter la ville mourante le plus tôt possible.

Mon avis: Avec son personnage principal amnésique et sa direction artistique steampunk, Dragon Metropolis n’est pas sans rappeler la série des Final Fantasy. Sans aucun souvenir de son passé ou identité, le héros nommé Long Zhengyi possède un corps augmenté façon Deus Ex et se retrouve donc dans une ville inconnue avec pour seul indice un énigmatique carnet de notes, un portefeuille et une clé. L’auteur taïwanais Barz Jr pose ici les bases de son univers fortement inspiré de la Chine du XIXème siècle à la sauce steampunk et invite le lecteur à découvrir pour la première fois Dragon Metropolis. Cité dangereuse et minée par des profondes inégalités sociales, elle est également sous la domination de grandes puissances étrangères grâce à leur écrasantes supériorités technologiques. Dans une critique marxiste de la société à peine déguisée, l’auteur s’est aussi clairement inspiré des Guerres de l’Opium en tant que fond géopolitique. Cet aspect est pour le moment un peu en retrait mais promet des choses intéressantes pour le futur de la série.

On sent que l’auteur aime son univers, et cela se voit dans ses dessins qui nous montrent une attention toute particulière aux petits détails, que ça soit dans les environnements ou les personnages. Les scènes d’actions sont également lisibles et fluides, seul petit bémol la narration est un peu hachée et légèrement confuse du moins au début. L’histoire demande un petit effort de concentration mais cela vaut largement le coup pour apprécier ce manhua (manga chinois) au fort potentiel. 

Titre: Dragon Metropolis
Auteur: Barz Jr
Genre: Shonen
Tome: 1 (série en cours)
Editeur: Chattochatto

 

 

Shibuya Hell (T.1 & 2)

Shibuya, quartier ultra branché de Tokyo. 14h50. J’ai toujours espéré qu’un événement bousculerait un jour mon quotidien de lycéen un peu morne. Le genre de rebondissement que le cinéaste amateur que je suis peut voir dans ses films préférés… Mais pas ce genre-là. J’ai vu des passants se faire dévorer par ces… Poissons géants, qui sont apparus tout à coup, flottant partout dans le quartier… Ces créatures sont réelles. Ce ne sont ni des effets spéciaux ni des trucages. Et elles ont faim de chair humaine. Moi et d’autres survivants tentons de leur échapper, mais tout porte à croire que nous sommes bel et bien coincés dans cet enfer…

Mon avis: Imaginé par Hiroumi Aoi et publié au Japon dans le magazine Monthly Gagan Joker, Shibuya Hell est un seinen survival horror qui assume complètement son délire de série Z et… On adore ! Quel plaisir de retourner à Shibuya après Persona 5. Le quartier branché de Tokyo est l’un des plus visités et peuplés de la capitale nippone. Envahi par une horde de géants poissons rouges volants qui dévorent avec appétit les humains, Shibuya devient le lieu d’un véritable massacre et déluge d’hémoglobine. Encerclé par une paroi en verre gigantesque (vous aurez compris la métaphore à peine subtil du bocal à poisson), les secours peinent à venir en aide à la population.

Rien que le pitch de base est absolument loufoque et jouissif, mais pour réussir un manga survival sur le long terme, il faut surtout des personnages intéressants. Dans le premier tome, on retrouve Hajime Tsukiyoda, un lycéen cinéphile et cinéaste amateur, qui voit sa petite vie tranquille disparaitre brutalement devant sa caméra. Héros un peu cliché et naïf, il reste néanmoins intéressant par son côté « ordinaire ». Loin d’être un combattant ceinture noire, Hajime lutte pour sa survie et sa volonté de vivre un jour ses rêves lui donne une force insoupçonnée. Le deuxième tome laisse la place à un anti-héros à la limite de la folie, le « Furet de Shibuya » est un SDF à la réputation dangereuse, à juste titre.

Les deux premiers tomes se déroulent en parallèle, on suit deux groupes de survivants et deux façons de survivre à une catastrophe : la première en s’entraidant et la seconde en étant parfaitement égoïste. Faites votre choix ! On voit déjà se dessiner deux personnages principaux aux antipodes pour un futur mélange explosif. Hiroumi Aoi aborde les thèmes classiques du survival apocalyptique : quand la catastrophe frappe, les masques de l’hypocrisie tombent et l’instinct de survie prend le dessus. La narration est certes simple mais très bien rythmée, on s’ennuie jamais et les nombreux retournements de situations gardent le lecteur en haleine. En même temps original et classique, Shibuya Hell est pour le moment un petit coup de cœur. A voir maintenant si l’histoire peut garder ce rythme sur plusieurs tomes sans devenir lassante.  

Titre: Shibuya Hell
Auteur: Hiroumi Aoi
Genre: Survival Horror
Tome: 2 (5 au Japon/série en cours)
Editeur: Pika Edition

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