Agent Carter, le retour d’une héroïne au petit écran

Agent Carter, le retour d’une héroïne au petit écran

Ce soir, Agent Carter débarque sur le petit écran américain. Ce qui est marrant au final, c’est que dans les sorties en trombes des super-héros ces dernières années, de Flash à Arrow, en passant par l’arrivée sur Netflix en 2015 de Daredevil, c’est finalement une héroïne (et pas une « super » héroïne) qui va avoir l’honneur d’être sérialisée.

LOGOAlors, déjà, cela faisait longtemps que les séries d’action grand public n’avait pas eu de femme forte en tant que tête d’affiche. Dans la trilogie du samedi soir, dans les années 90, deux personnages avaient marqués le petit écran en étant du sexe faible et en même temps des expertes en arts martiaux : Buffy et Max. Deux femmes, l’une lycéenne, l’autre habillée de cuir, à qui il ne fallait pas trop en raconter. Elles se battaient bien, assumaient ou apprenaient à assumer leur sensualité et sexualité. Et elles n’avaient de compte à rendre à personne. Une image, plus ou moins, de bad girl qui cherchait à sauver l’humanité et de passage à l’âge adulte pour Buffy.

xena2De leur côté, les soeurs Halliwell combattaient des démons et invoquaient le pouvoir des trois. La sœur sage, la grande soeur et la rebelle, le trio parfait. En vadrouille, Sydney Fox était une Indiana Jones qui défendait le droit aux objets d’être dans un musée, de façon musclée s’il le faut, alors que Xena et Gabrielle affrontaient monstres mythologiques et hommes d’un même lancer de Chakram ou de coups de bâton. Ici non plus, pas de compte à rendre, mais une volonté d’être libre, de se racheter dans le cas de Xena des fautes passées. Début des années 2000, Jennifer Garner nous offre cinq saisons de femme-qui-déboite-tout grâce à Alias. Action, enquête, artefacts « magiques » et romance. Tout comme Nikita, elle voudra démanteler une « agence » pourrie de l’intérieur qui l’a utilisée.

Sydney-alias-34621_1024_768Alors, en gros, c’est quoi une héroïne? Si on regarde ses prédécesseurs  : elle est seule, forte, sexy et sauve le monde. Ok. Au passage, elle peut ou pas se trouver un mari (ou une copine), tuer son ex, faire de la magie et être super-forte en déguisement. Mais depuis Sydney Bristow, difficile de trouver une femme de ce type à la tête de sa propre série télé.  Une (super)nana qui utilise ses poings, sa magie, son flingue pour sauver le monde, à la Sarah Connor aussi, tiens, dont la série s’est terminée en 2009. Elles existent, en bande ou en second rôle, dans NCIS ou même dans The librarians. Depuis les 90’s, il n’y a plus un grand nombre de séries qui présente une femme en quête, une femme d’action.

Dominic-Cooper-as-Howard-StarkAgent Carter vient donc relancer la donne des femmes en tête d’affiche avec un petit twist déjà : elle obéit à des supérieurs. Membre du SSR (Strategic Scientific Reserve), elle effectue aussi des missions secrètes pour Howard Stark. Une nana en talon et jupe conforme au code vestimentaire de l’époque qui sait donner des coups de poings (et de mallette), tout en répondant à un patron. Et si on se souvient du film Captain America et de Agents of S.H.I.E.LD, qui sait aussi utiliser des armes à feu entre deux clins d’œil. Difficile pourtant, avant de voir le pilote, de savoir dans quelle lignée va se placer Peggy. Va-t-elle obéir à sa hiérarchie ? Devenir un loup solitaire ? Sera-t-elle une Max, qui n’en fait qu’à sa tête ? Préférera-t-elle réconforter son coeur brisé après la disparition de Steve Roger ou bastonner le premier qui ose la réduire à sa condition de faible femme des années 40 (je penche pour la seconde hypothèse) ?

agent-Peggy-CarterDeux étoiles brillent en tout cas sur son berceau. Tout d’abord, son rôle de pionnière. Il n’y a presque pas actuellement de femme d’action sur le petit écran dans un rôle-titre. La place est libre pour l’agent Carter. Depuis Wonder Woman, il n’y avait pas eu non plus d’adaptation de premier rôle féminin issu de comics à la télé dans un rôle majeur. Elle peut redéfinir l’héroïne des années 2015 sans grosse compétition, tout en prenant place dans les années 40 (oh, la belle ironie!). Deuxième étoile : elle s’inscrit dans une lignée de films à succès, qui sont les Captain America, et en parallèle d’Agents of S.H.I.E.LD, qui après quelques mésaventures, parvient enfin à stabiliser son histoire.  

Agent Carter c’est pour ce soir, c’est très attendu par le Daily Mars et ce sera, pourquoi pas, la passerelle vers un nouveau retour des (super)héroïnes qui cassent l’écran. Peggy, c’est à vous de jouer !

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