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Blue Eyes (Blå Ögon), les promesses du nord (en direct de Séries Mania)

Blue Eyes (Blå Ögon), les promesses du nord (en direct de Séries Mania)

Note de l'auteur

Elin Johnson est engagée pour remplacer la directrice de cabinet du ministre de la justice. Si ses collègues pensent qu’elle est en congé maladie, celle-ci semble en réalité avoir disparu. Elin décide de mener l’enquête. Au même moment, alors que la Suède se préparer à de nouvelles élections, les menaces à l’encontre d’Annika Nilson, candidate sur une liste d’extrême droite, s’intensifient. (Source : Séries Mania).

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© SVT

Dans une Suède au contexte politique familier, fait de frustration sociale et de colère grondante, différentes intrigues se croisent. La disparition d’une chef de cabinet du gouvernement en place et l’arrivée de sa remplaçante, qui va enquêter sur la brutale évaporation de cette dernière, la formation d’un groupuscule hyper-violent, l’hésitation d’une mère de famille à représenter le parti d’extrême droite « parti de la sécurité » aux futures élections, et l’angoisse du gouvernement en place face à différents obstacles. Dès le premier épisode, cette forme polyphonique annonce une série riche, dont les personnages, d’abord silencieux, vont se révéler progressivement et faire exploser le nombre d’intrigues. Si différents arcs narratifs sont bâtis en exposition, tous convergent vers les mêmes thématiques. Celles de l’inquiétude d’une part (face à la montée des extrémismes politiques, ou face à des menaces dont les auteurs restent inconnus) et celle de la politique, et son impuissance face à ses propres fractures : parti de gauche au pouvoir, parti d’extrême droite conquérant et groupuscule radical. Ces différentes forces politiques apparaissent comme des fantômes, prêts à la fois à nourrir la narration, à ancrer le récit dans un réalisme offrant de nombreux rebondissements, et à dévorer les personnages.

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© SVT

 « Tout est politisé », entend-on plusieurs fois dans le pilote. C’est l’un des sujets principaux de Blue Eyes : comment la vie politique dirige la société, à tel point qu’aucun citoyen ne saurait échapper à cette identification politique : ni les enfants d’une candidate, ni le ministre de la justice, ni un pédophile sortant de prison. Le générique de la série l’illustre parfaitement, en alternant extraits de programmes télévisés montrant des manifestations extrémistes ou présentateurs de JT et plans fixes de scènes naturelles : comme pour signifier que les médias, et les extrémismes, étaient toujours là, prêt à tout dévaster sur leur passage. De ce point de vue, Blue Eyes s’annonce excellente, car très juste dans sa manière de dépeindre le contexte politique et social actuel et les conséquences, à différentes échelles, de la montée du racisme et de l’extrême-droite.

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© SVT

Pour autant, elle n’en oublie pas d’installer les ingrédients d’une bonne série, ingrédients qui d’ailleurs commencent à devenir classiques pour les séries scandinaves : des personnages forts (les femmes surtout), des intrigues aux ramifications profondes, et une mise en scène acérée. Quant aux intrigues intimes, qui souvent ont tendance à passer à la trappe dans ce genre de thriller politique, elles ne disparaissent pas pour autant, mais restent une trame de fond. Le risque peut-être, c’est qu’à force d’être aussi concentrée en thématiques sociales, aussi denses narrativement, la série n’en devienne quelque peu étouffante. Il faudra donc voir davantage d’épisodes pour en avoir le cœur net, mais passer à côté serait bien dommage.

Blue Eyes (Blå Ögon, Suède, SVT1).

Créé par : Zoula Pitsiava, Mia Sohlman

Ecrit par : Mia Sohlman

Avec : Louise Peterhoff, Sven Nordin, Daniel Larsson, Marie Richardson

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