« Cinquante nuisances d’Earl Grey » : Parodie pipi

« Cinquante nuisances d’Earl Grey » : Parodie pipi

Note de l'auteur

cinquante-nuisances-d-earl-grey-540810L’histoire : Anna, belle étudiante vierge qui adore se curer le nez, doit interviewer le richissime Earl Grey à la place de sa coloc, qui a la gueule de bois. Elle tombe alors (sa culotte heu… pardon) sous le charme du mystérieux jeune homme qui porte des strings argentés et lui fait remplir des tests cosmo.

Mon avis : L’art de la parodie est un exercice compliqué. Encore plus quand il s’agit d’un livre inspiré par un livre, Cinquante nuances de Grey, lui-même inspiré par un livre, Twilight. On en oublierait presque quel personnage est moqué, s’il s’agit d’Edward (Anna appelle Earl Grey parfois « Cullen ») ou de Christian Grey, de Bella ou d’Anastasia.

Il s’agit de faire rire, non seulement sur des personnages mais aussi sur des situations, à savoir le BDSM (ici : Bardes, Dragons, Sorcellerie et Magie). Le problème c’est que les situations érotiques ne sont même pas un peu sexy. Sauf si vous aimez les images crues, le langage ordurier, l’absence de métaphores intéressantes, et aucune mise en situation ou montée progressive. C’est cash, c’est franc, c’est quand même mou du genou en ce qui concerne le BDSM (spoiler alerte : à part la fessée, il n’y a rien). Quand à l’humour lui-même, c’est bien gras comme il faut, peu de blagues un brin recherchée, enfin, cela peu faire sourire dans la deuxième montée de l’ouvrage avec du comique de situation à l’absurde.

371396.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxAprès, concernant l’aspect parodique, le personnage d’Anna est particulièrement bien caricaturée, belle, soumise, pleurant et s’énervant pour des détails, ingénue à l’extrême : elle montera pour la première fois dans un ascenseur grâce à Earl Grey. Ce dernier est gentiment chambré, moins attaqué qu’Anna mais parfaitement ridicule aussi. Dommage que les situation ne soient pas un peu plus amusantes, mais il y a des limites au nombre de tours en hélicos que l’on peut faire.

Mais de façon surprenante, cela se lit assez facilement et rapidement. On se demande ce qu’osera encore écrire Fanny Merkin au fur et à mesure que l’on tourne les pages.

Si vous aimez : Lord of the ringards, Barry Trotter et la parodie éhontée, vous moquez de Fifty shades of Grey. L’humour Pipi caca en somme.

Autour du livre : Parodie donc de Cinquante nuances de Grey (dont le film sort le 11 février)

Extrait : « Ce truc va tenir dans ma bouche ? me demandé-je en le contemplant. J’ai une horrible réminiscence de ce qui m’est arrivé plus tôt dans la journée, quand je me suis étouffée avec sa brosse à dents – à deux reprises. Et son membre n’a rien d’une brosse à dent.
Earl se met à califourchon sur moi et dirige son bonhomme d’acier vers ma bouche. En découvrant de si près l’anatomie de Grey, je songe que la blague de Kathleen fonctionnerait mieux si le prénom Cinquentcent existait.
– N’aie pas peur, dit-il. Tu peux le faire. C’est comme avaler un sabre.
Gasp.
– Je n’ai encore jamais avalé de sabre, avoué-je en contemplant le canon de son calibre d’amour.
-Comme c’est étrange ! Dans ce cas, je vais t’apprendre.
– À avaler des sabres ?
-Oui, à avaler des sabres. Habille-toi.
De retour dans le salon, Earl m’initie à l’art ancestral de l’avalage de sabre. L’astuce, m’explique-t-il, consiste à contrôler les muscles de sa gorge et le processus de déglutition. En réalité, on n’avale pas littéralement le sabre. À ma grande tristesse, il préfère m’enseigner à l’aide d’un katana que de sa pompe à jus. »

Sortie : 23 janvier 2015, Milady, 242 pages, 9,90 euros.

 

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