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On a lu…Justice League of America – Tome 0 : Année Un de Mark Waid et Barry Kitson

On a lu…Justice League of America – Tome 0 : Année Un de Mark Waid et Barry Kitson

Note de l'auteur

81QHn3hoU0LEt de cinq ! Après Batman, Green Arrow, Robin et Batgirl, c’est au tour de la Justice League of America de connaître les honneurs d’une mini-série contant la première année de l’équipe. Mais si ces aventures sont confiées à un tandem de talent, il est évident qu’à force d’être utilisée, la formule commence à s’user.

 

1998. Un an après que Grant Morrison a lancé avec succès une nouvelle mouture de la ligue de justice à travers le blockbuster JLA, son compère Mark Waid se voit proposer d’établir une mini-série racontant les débuts de l’équipe qui s’inscrira dans l’univers post-Crisis on Infinite Earths. S’appuyant sur la première aventure de l’équipe telle que racontée par Gardner Fox dans Justice League of America #9¹, le scénariste de Daredevil va procéder à quelques changements et composer une histoire faisant brillamment le lien entre le silver age et la fin des années 90.

 

La Ligue de Justice est devenue au fil des ans, la principale force de frappe rassemblant les plus grands héros de la Terre. Mais au départ, ils n’étaient que cinq. Cinq héros novices et encore hésitants : Aquaman, Green Lantern, Black Canary, Flash et le Limier Martien, qui durent apprendre à faire équipe et se faire confiance mutuellement, alors qu’une organisation secrète planifiait l’asservissement de l’humanité.

 

JLAyo4pg4Au-delà de leurs natures de premier récit (autant dans l’histoire que pour un nouveau lecteur), les Year One dépassent la simple illustration des origines des héros pour devenir des récits initiatiques basés sur une idée forte. En amputant la ligue de justice de ses membres les plus illustres (Superman, Batman et Wonder Woman), Mark Waid s’assure donc un impact plus important de l’histoire et du thème qui lui tient à cœur : la conciliation entre la vie super-héroïque et la vie privée. Comment vivre sereinement quand on ment en permanence à ses proches ?

 

Cette question sera personnifiée par la nature même du personnage du Limier Martien dont les différents pouvoirs (force exceptionnelle, capacité de voler, intangibilité, métamorphe et télépathe) seront révélés peu à peu à des coéquipiers qui n’accepteront pas forcément ceux-ci avec enthousiasme. D’autant plus que le Limier joue un trouble jeu à travers une initiative que Waid réutilisera quelques temps plus tard lors de son run sur JLA avec des conséquences désastreuses quant au pacte de confiance du groupe².

 

En plus du héros martien, le récit s’attarde également sur la difficulté d’adaptation à la vie terrestre d’un Aquaman qui ne se considère aucunement comme un être exceptionnel (excellente idée d’ailleurs que celle qui consiste à le faire parler doucement compte tenu de la différence de transmission du son dans l’eau et sur terre), des problèmes sentimentaux des compères Green Lantern et Flash et de la relation conflictuelle entre Black Canary et sa mère. Avoir fait de ce personnage un membre fondateur de la ligue de justice permet en outre à Mark Waid de poser un lien direct et très fort entre celle-ci et la Société de Justice, la première équipe de super-héros de DC Comics.

 

JLA_Year_One_3L’une des forces de l’univers de DC Comics étant sa capacité, à l’époque, à assumer le vieillissement de ses figures super-héroïques et à établir plusieurs générations de héros, Justice League of America – Année Un s’inscrit donc dans cette optique et joue sur les différences entre les équipes avec une Dinah Lance faisant office de passerelle entre les deux. Fin connaisseur de l’histoire de la firme, Mark Waid va également utiliser la continuité au mieux afin de construire l’équipe et son nouvel environnement. Il fait revenir et actualise nombre de personnages avec une aisance évidente qui réjouit le vieux lecteur et ne fait jamais perdre le fil aux nouveaux.

 

Le scénariste de Kingdom Come sait que la continuité est une boîte à outils précieuse pour celui qui sait s’en servir et qui permet d’enrichir et de moderniser nombre d’histoires et de personnages. Toutefois, à vouloir trop bien faire, la série commet certaines erreurs dont la plus importante est son nombre important d’épisodes. Ceci a pour conséquence un étalement des intrigues et des situations devenant de moins en moins intéressantes à force de répétition. Clairement, l’histoire aurait gagnée à être plus condensée sur un nombre d’épisodes plus restreint à l’image de Flash & Green Lantern: The Brave and the Bold de la même équipe.

 

S’il ne fait pas partie des meilleurs travaux de son auteur, Justice League of America – Année Un n’en reste pas moins une histoire plaisante qui fait à la fois office de récit fondateur mais également de préquelle bien faite. En effet, ce tome préfigure une future collection Justice League qui proposera tous les épisodes de Grant Morrison puis de Mark Waid sur la série. Autant vous dire qu’on attend cela avec une certaine impatience.

 

 

 

Justice League of America – Tome 0 : Année Un (DC Classiques, Urban Comics, DC Comics) comprend les épisodes US de JLA – Year One #1 à #12 et Secret Origins (V2) #46.

Écrit par Mark Waid, Bryan Augustin et Grant Morrison (Secret Origins #46)

Dessiné par Barry Kiston et Curt Swan (Secret Origins #46)

Prix : 28 €

 

 

 

¹ Qu’on peut lire dans la DC Comics Anthologie

² Dans Justice League – La Tour de Babel

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