« Prime Time » : souriez, vous êtes filmé

« Prime Time » : souriez, vous êtes filmé

Note de l'auteur

jay-martel-prime-timeL’histoire : Et si la planète Terre, n’était qu’une immense émission de télé réalité, à mi-chemin entre le Truman Show et une cage d’expérimentation pour les souris ? Une émission, dont personne n’est conscient, à destination des aliens. Sauf que l’émission coûte cher, que les audiences baissent, alors il ne reste plus qu’une solution : faire sauter la Terre. Sauf que Perry Bunt, scénariste raté, n’est pas d’accord.

Mon avis : Entre les aliens, desquels il faut se cacher, DIEU et Satan qui se battent en coulisse, des gamins de neufs ans maîtres d’une chaîne de télé, il faut dire qu’on ne s’embête pas. Perry ne s’arrête jamais, monte un culte sans le vouloir, se cache de la CIA, embrasse la jolie fille… Ça bouge, c’est chouette, Perry est suffisamment normal pour être n’importe lequel d’entre nous… Il y a de multiples twists, des hélicoptères et des avions qui s’écrasent, sans oublier Ralph, le SDF qui les a vu aussi !

Perry est aidé dans sa lutte contre Galaxy Entertainement (ceux qui produisent les émissions tirées de la Terre) par la belle Amanda. Une extra-terrestre qui aime bien les humains. Elle l’aide, le poursuit, ne le comprend pas… En gros, voilà un roman avec de grosses ficelles, mais qui se lit facilement. Toute l’industrie du spectacle est attaquée, violemment et sans concession… En même temps, on peut bien voir aujourd’hui à la télé des gens tout nus qui se draguent sur une plage, alors en fait… Ce n’est peut-être pas un roman si éloigné de la réalité. Mais, il est vrai qu’élevée avec la quadrilogie des Bruce Coville (Mon prof est un extra-terrestre et consorts), on sait que ce genre de récit, qui dénonce les violences, les religions, la bétise humaine et le capitalisme peut être beaucoup plus fort.

Jay Martel.

Jay Martel.

Sur un très bon pitch de départ, des idées foisonnantes, Jay Martel sort un roman tiède. Si tous les travers de l’humanité sont attaqués, démontés, ridiculisé par des extra-terrestres pacifiques, heureux, apaisés, aucune réflexion n’est posée. Il s’agit d’un divertissement, et cela fonctionne assez bien même si, le lecteur peut regretter que l’auteur n’ai pas choisi de poser les bases d’un autre monde possible et d’y aller un peu plus au vitriol.

Autour du livre : Jay Martel, dont il s’agit du premier roman, est le producteur exécutif et l’auteur de l’émission Key and Peele, diffusée aux États-Unis sur Comedy Central.

Si vous aimezThe Truman Show rencontre la Trash TV.

Extrait : « Perry voyait maintenant sous un jour nouveau les traits du visage d’Amanda : ses yeux noisettes qui plissaient magnifiquement quand elle riait, ses cheveux d’un blond étincelant qui tombaient en cascade, ses taches de rousseur si parfaitement réparties. Il s’était souvent dit qu’elle était trop belle pour être réelle, et voilà qu’il venait de découvrir qu’il avait raison. Étais-ce d’ailleurs le cas ? Il se rappela la discussion qu’il avait eue avec un responsable de studio concernant les poitrines refaites. Au cours d’une fête à Hollywood Hills, le producteur en question lui avait affirmé qu’il importait peu que les seins d’une femme soient vrais ou faux, tandis que Perry ,e démordait pas de l’idée que savoir que des seins étaient faux les rendaient moins agréables à caresser. (Signe du destin : plus tard dans la soiré, Perry, totalement ivre, s’était retrouvé à embrasser une actrice et s’était empressé de lui palper les seins, qui avaient la taille et la texture de deux pastèques. Il s’était dit que l’expérience n’était pas aussi prometteuse qu’il l’avait espéré, mais ça n’avait en rien amoindri sa déception lorsque l’actrice, dégrisée, s’était dégagée de son étreinte et avait reboutonné son chemisier avant de disparaître à jamais de sa vie.) Amanda lui semblait-elle donc réellement moins attrayante à présent ? Mourait-il un peu moins d’envie de la serrer dans ses bras qu’un instant plus tôt ? Bien sûr que non. »

Sortie : le 12 mars 2015, Super 8 éditions, 473 pages,

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