Critique : The Smell of Us de Larry Clark

Critique : The Smell of Us de Larry Clark

Note de l'auteur



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Larry Clark a toujours été ce cinéaste dérangeant,
posant les questions que personne n’ose poser, avec ce regard cynico-poétique qu’on lui connait bien. Il récidive dans l’exercice avec son dernier film, The Smell of Us qui, pour l’occasion, se passe dans la capitale de notre beau pays.

Math, Marie, Pacman, JP, Guillaume et Toff se retrouvent tous les jours derrière le Palais de Tokyo. C’est là où ils font du skate, s’amusent et se défoncent, à deux pas du monde confiné des arts qu’ils côtoient sans connaître. Certains sont inséparables,
liés par des vies de famille compliquées. Ils vivent l’instant, c’est l’attrait de l’argent facile, la drague anonyme sur Internet, les soirées trash « youth, sex, drugs & rock’n’roll ».  Toff, lui, filme tout et tout le temps…

Le réalisateur continue donc son portrait de l’âge troublé qu’est la fin de l’adolescence, et le passage à l’âge adulte. Période qu’il avait déjà traité dans à peu près toute sa filmo, et qui lui avait permis de sortir les excellents Kids en
1995 et Ken Park en 2002. Même thématique, mais traitement différent, qui voit maintenant l’avènement des téléphones portables, du partage et des réseaux sociaux comme jonction dramatique et objets de toutes les tensions. À l’âge de toutes les
questions, Larry Clark fait prendre à son sujet une tournure contemporaine, qu’il tente de traiter justement, mais dont il ne sait visiblement pas quoi faire.


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Pour exemple, le fil rouge du film, Toff filmant tout et n’importe quoi, n’aboutis pas vraiment. Pire, le cinéaste ne semble jamais savoir quoi raconter, se perdant dans des personnages sans ampleur, aux histoires creuses et sans horizons.
Là où Ken Park proposait de parler des questions de religion, de famille, de responsabilités, The Smell of Us semble un portrait certes toujours grinçant, certes toujours aussi poétique, mais résolument creux.

Le réalisateur en vient même à se parodier lui même, singeant des séquences déjà vues, pour visiblement le seul plaisir de choquer. Certes, le film continue à étonner, à la manière toute particulière de Larry Clark, mais il apparaît souvent
que lecinéaste semble avoir fait le tour de la question, ou en tout cas de ce qu’il souhaite raconter. À force de ressasser les mêmes motifs, il s’y perd un peu, et nous avec lui, s’efforçant de combler un propos chétif par des images choquantes.

Il a sans doute oublier que sans discours, sans force, un doigt levé n’est que vulgaire, et n’impressionne guère. Rematez vous Kids et Ken Park, c’est nettement mieux.

The Smell of Us de Larry Clark avec Lucas Ionesco, Diane Rouxel, Théo Cholbi… Sortie le 14 Janvier 2014

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