Dans ton PIFFF 2 : Carpenter et Revenge

Dans ton PIFFF 2 : Carpenter et Revenge

Ça bouge au PIFFF avec la reprise d’un Carpenter ultra-excitant et Revenge, un rape and revenge movie, tourné par une jeune réalisatrice française.

 

Les mecs du PIFFF ont du goût. De fait, ils programment tous les ans un Carpenter vintage, pour le plus grand plaisir des fans. L’année dernière, c’était l’un de ses films les plus flippants, Prince of Darkness (1987), une histoire de diables et de possédés, tournée en 30 jours pour un budget de misère. Cette année encore, le PIFFF nous gâte avec la projection en copie restaurée de Jack Burton dans les griffes du mandarin (Big Trouble in Little China, 1986). À l’époque, Big John est un wonder boy qui enchaîne les réussites, notamment Assaut, Halloween, New York 1997, The Thing… Chouchou des studios, il se voit octroyer, malgré l’échec de The Thing, un gros chèque pour son projet suivant, un hommage zinzin au cinéma qu’il aime : le serial du temps du muet, le western, le film de la Shaw Brothers et le chambara japonais. Le studio pense un temps à Clint Eastwood pour incarner Jack Burton, mais Carpenter va retrouver son comédien fétiche, Kurt Russell. Néanmoins, il ne parviendra pas à imposer Jackie Chan, dont l’anglais n’était pas assez bon, et les producteurs lui préféreront le fadouille Dennis Dun. Si vous ne connaissez pas l’histoire de Big Trouble in Little China (je vous envie !), il est question d’un camionneur macho et grande gueule, Jack Burton, pris au milieu d’une guerre des gangs à Chinatown, et qui se retrouve à affronter des sorciers immortels, des guerriers aux pouvoirs surnaturels, des monstres poilus et griffus…

Au sommet de son talent, Carpenter mixe baston, fantastique, SFX déments de Richard Edlund, et comédie imparable (les scènes entre Russell et Kim Cattrall évoquent les screwball comedies d’Howard Hawks). C’est échevelé, puissant, drôle, avec un Jack Burton un poil beauf qui traverse toutes les épreuves en prenant un tas de trucs sur la tronche et en ne comprenant rien à ce qui se passe, et des personnages chinois qui sont les véritables héros du film. Trop en avance sur son temps, John Carpenter va boire la tasse au box office, mais au fil des années, son Jack Burton deviendra une œuvre 200% culte (on parle toujours d’un remake avec… The Rock !). Une bonne nouvelle pour finir, le film ressortira dans sa sublime copie restaurée début 2018.

 

Un des films les plus attendus de cette édition 2017 était Revenge, le premier long métrage de Coralie Fargeat. C’est un rape and revenge movie, sous sous-genre la plupart du temps glauque et franchement dégueulasse. L’action de Revenge se déroule dans le désert. Trois riches chefs d’entreprise, mariés et bons pères de famille, se retrouvent pour leur partie de chasse annuelle. Le très bogoss Richard est venu avec sa jeune maîtresse, Jen, Lolita uber sexy. Quand un des trois compères viole la fiancée de son pote, Richard décide de se débarrasser de Jen et la laisse pour morte au fond d’un canyon. Mais la jeune fille n’a pas dit son dernier mot et elle va éliminer ses tortionnaires, dans un torrent d’hémoglobine.

Derrière la caméra, Coralie Fargeat pousse tous les curseurs à fond. Dans cet exercice de style façon Tarantino, il s’agit de faire pisser le sang (50 litres utilisés sur le plateau), d’ouvrir les corps, de faire sortir la viande. L’amateur de gore sera servi car à deux reprises, Coralie Fargeat s’offre des scènes ultra-dérangeantes où des personnages ouvrent leurs plaies, entrent les doigts dans la chair, pour des moments hautement éprouvants. De temps à autre, Fargeat tente des échappatoires humoristiques assez bienvenues, histoire de faire baisser la tension. Mais quand la jeune cinéaste affirme qu’elle a réalisé un film féministe et qu’elle le dédie, sur la scène de Max Linder, à « Asia Argento, Ashley Judd et ces femmes qui ont libéré la parole », on se marre doucement. Comment ce film pourrait-il être féministe, alors que Matilda Lutz, sa belle héroïne, passe une moitié du film en petite culotte, l’autre en maillot de bain Simone Perele, maculé de sang ? Féministe et racoleur, alors ?

On en reparle lors de la sortie en salles le 7 février prochain.

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