EDITO : Thank you, J.K. !

EDITO : Thank you, J.K. !

J.K. Simmons venu chercher son Oscar du meilleur second rôle masculin pour Whiplash, remis par l'actrice Lupita Nyong'o.

J.K. Simmons venu chercher son Oscar du meilleur second rôle masculin pour Whiplash, remis par l’actrice Lupita Nyong’o.

N’ayant pas vu Birdman (ce sera en salles, comme tout le monde allez !), je ne puis m’extasier ou me lamenter sur la razzia du film aux Oscars cette nuit. Tout juste pourrai-je ajouter qu’entre Alejandro Innaritu, Guillermo del Toro et Alfonso Cuaron, le Mexique peut se vanter d’avoir enfanté trois des magiciens de l’image les plus influents à Hollywood, quoi qu’on pense de leurs films respectifs. On aimerait tellement pouvoir en dire autant de la France (ok ce troll était facile…). Je ne puis donc saluer ou regretter le triomphe de Birdman, en revanche je peux laisser éclater ma joie concernant le sacre de J.K. Simmons pour son interprétation dans Whiplash. Je sais bien qu’on vous a déjà pas mal hurlé dans les oreilles à quel point on aimait, au Daily Mars, le formidable thriller psychologique de Damien Chazelle (ok, à part le Dr No, il a le droit hein !). Mais on ne dira jamais assez à quel point J.K. Simmons méritait cet Oscar.

A 60 ans, ce comédien au timbre de baryton a patiemment tracé son sillon à coup de seconds rôles éblouissants, plus ou moins discrets, qui ont fait de lui un chéri de ces geeks au pedigree culte amplement mérité. Avec Julianne Moore, qui a aussi reçu cette nuit, à 54 ans, le tout premier Oscar de sa carrière pour Still Alice, J.K. Simmons nous prouve qu’il ne faut jamais désespérer de la reconnaissance de ses pairs. Qu’à 60 ans et certainement même plus, la vie reste une aventure totalement imprévisible capable de vous réserver de merveilleux cadeaux pour peu qu’on a décidé de ne pas baisser les bras. Ou d’éviter de se fixer une limite d’âge imprescriptible pour atteindre ses rêves. En ces temps de gloire précoce accélérée par les atroces formats de télé-réalité ou l’effet de loupe dont jouissent les jeunes loups de YouTube, il est bon de se rappeler que dans une vie, les belles choses peuvent aussi arriver tard.

Les yeux bleus inondés d’une joie sereine de Simmons étaient aussi émouvants à voir que son discours l’était à entendre, presque entièrement dédié à son épouse, dont J.K. loua la patience et les sacrifices. On devinait à travers ces mots, “patience”, “sacrifice”, que le chemin vers l’Oscar fut vraisemblablement une longue route accidentée où l’envie de cesser le combat avait dû le démanger plus d’une fois. Mais, conformément à la pudeur et l’humilité qu’on devine chez cet homme, Simmons ne s’est pas apesanti sur les galères, clôturant son speech par une amusante pirouette et nous laissant, en quittant la scène, si admiratifs pour ce robuste artisan méritant mille fois ses honneurs. Oui, dans une vie, les belles choses peuvent aussi arriver tard. Merci M. Simmons.

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