GÉRARDMER CONTRE LE DR NO : La sélection officielle

GÉRARDMER CONTRE LE DR NO : La sélection officielle

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Voilà, Gérardmer 2015 c’est terminé pour les derniers neurones valides du Docteur No. Avant de partir se régénérer les céllules dans une obscure clinique suisse à grand coup de thérapie mongolo-génique à base de sang de vierge monté en neige et de purée de bébé parfumée à la truffe, le Dr vous offre, dans un dernier râle mental, ses reviews de tous les films en compétition cette année. 

 

IT-FOLLOWSGRAND PRIX et PRIX DE LA CRITIQUE
IT FOLLOWS (USA) de David Robert Mitchell. Avec Maika Monroe, Lili Sepe, Keir Gilchrist…
En salles depuis le 4 février
Bravo la jeunesse dépravée! À force de se tripoter les zones érogènes avec frénésie à l’arrière des bagnoles on finit avec une méchante MST, une Malédiction Sexuellement Transmissible… Jay, teenager délurée en fait la cruelle expérience. Elle se retrouve poursuivi par un truc mystérieux qu’on saura même jamais c’est quoi… Une entité qui vous suit lentement en prenant forme humaine… Une poursuite molle, étouffante et fatale! Jay (la mimi Maika Monroe, aperçue dans THE BLING RING et clone d’Amber Heard période ALL THE BOYS LOVE MANDY LANE) et ses amis vont tenter de combattre ce démon implacable qui rend fou et continuer à rien branler de leurs journées et à parler dans le vide comme tout bon adolescent qui se respecte!
Avec ses teenagers arty/branchouilles et son boogeyman multiforme incestueux, David Robert Mitchell expérimente un mariage détonant! Une union cinématographique entre l’ambiance éthérée de Sofia Coppola et l’horreur vintage sourde d’un Lucio Fulci du début des 80’s (genre FRAYEURS ou L’AU-DELÀ). Entre ses spectaculaires séquences langoureuses et iconiques (coucou John Carpenter et HALLOWEEN, cité à chaque plan) et les frivolités teenage, tout ça situé dans une mégapole de Détroit en plein décadence, IT FOLLOWS désarçonne méchamment. C’est que la vie désespérément futile de ce troupeau d’acnéiques en chaleur est d’un ennui atomique, à peine stimulée par les passages horrifiques aussi dépouillés qu’impressionnants… En fait David Robert Mitchell se semble pas trop savoir quoi faire de sa putain d’idée géniale. Il se perd entre affèteries indés éculées (la Sofia Coppola est déjà passé par là en beaucoup mieux) et fantastique minimaliste (proche de l’abstraction, coucou DONNIE DARKO) traité un peu par dessus la jambe. Mais l’atmosphère suffocante et malsaine qui imprègne IT FOLLOWS du début (quelle intro fantastique) à la fin le sauve du foutage de gueule prétentieux de petit malin tête à claque. Un bien drôle de film, léger et malsain… Une allégorie un peu lourdingue sur l’adolescence, sa découverte de la sexualité et la petite mort que représente le passage à l’âge adulte. Une expérience sensorielle déroutante…
Le trailer c’est par là…

 

 

GOODNIGHT-POSTERPRIX DU JURY JEUNES et PRIX SYFY
GOODNIGHT MOMMY
(Autriche) de Severin Fiala & Veronika Franz. Avec Susanne Wuest, Elias Schwarz, Lukas Schwarz…
En salles courant 2015
C’est toujours la fête de la joie dans la tête des cinéastes autrichiens! L’ultra-réalisme trash associé au gore clinique continue gentiment de sévir dans les productions tyroliennes (vives les clichés). Depuis le séminal et terrifiant SCHIZOPHRENIA au début des 80’s jusqu’aux films tétanisants de Michael Hanneke (coucou LE RUBAN BLANC) et d’Ulrich Seidl (coucou DOG DAYS et qui produit, quelle surprise, ce film réalisé par sa femme et son neveu!). Sans oublier les récents AUTUMN BLOOD et THE DARK VALLEY (les reviews ici).
Cette fois, le duo Severin Fiala & Veronika Franz (venus issus du documentaire) s’amuse avec le génial THE OTHER de Robert Mulligan et le FUNNY GAMES à Hanneke version pas funny du tout. Dans une maison d’architecte froide comme la mort paumée dans une campagne aussi luxuriante qu’angoissante Elias et Lukas deux jumeaux turbulents développent une relation hautement conflictuelle avec leur mère au visage bandé après une opération de chirurgie esthétique. Mais est-ce seulement leur vrai mère qui est revenue de la clinique? Cette sorcière névrosée qui les harcèle mentalement et qui ne s’adresse qu’à un seul des jumeaux. Et ces deux étranges garnements, que fomentent-ils?
Faites des gosses qu’on vous dit! Ouais c’est ça, ouais! GOODNIGHT MOMMY ressemble plus à une campagne hardcore de stérilisation qu’à l’apologie mielleuse de la famille. Comme tout bon film autrichien déviant qui se respecte, tout va partir en vrille dans ce conte taré. Et le torture porn tétanisant de froideur va montrer le bout de son nez et coller à la super glue la bouche et les yeux de l’héroïne. Les réalisateurs manipulent un spectateur avide de twist facile. Ils transcendent littéralement leur propos en nous plongeant dans l’horreur pure et séminale, l’horreur innocente de l’enfance poussée à son paroxysme. GOODNIGHT MOMMY est un cauchemar sublime, proprement insoutenable où l’amour filial et fraternel engendre la mort et le sang. On sort pas indemne d’un film comme ça bordel!
Le trailer c’est par là…

 

 

VOICES-POSTERPRIX DU PUBLIC et PRIX DU JURY ex-aequo
THE VOICES (USA/Allemagne) de Marjane Satrapi. Avec Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick…
En salles le 11 mars
Bienvenue dans le monde merveilleux du dedans de la tête à Jerry, gentil sociopathe, quoique létal, qui voit la vie littéralement en rose comme dans un film d’Elvis des 50’s où explosent de mille feux pastel une Americana de carte postal et un bonheur obligatoire spectaculairement oppressant. Sinon Jerry discute en permanence du sens de sa vie avec Bosco son gros chien à l’accent anglais et M. Moustache, matou rouquin tentateur à fort accent écossais. Et Jerry, qui lutte à sa manière contre ses pulsions meurtrit!ères va très vite perdre les pédales et va commencer, dans la joie et la bonne humeur et un tsunami de couleurs et un humour irrésistible à trucider un casting féminin improbable (Gemma Arterton et Anna Kendrick, deux créatures plutôt abonnées aux purges Hollywoodiennes) et à entasser les têtes étêtées dans son frigo rutilant. Des têtes volubiles. Bref Jerry (l’incroyable Ryan Reynolds, bien loin de ses navets habituels) c’est le nouveau Norman Bates, mais en mode mignon!
Marjane Satrapi abandonne les romans graphiques et transcende totalement son high concept furieusement méta-post-moderne machin et casse gueule (genre fusionner HENRY PORTRAIT OF A SERIAL KILLER avec le cinéma sucré et artificiel de Jacques Demy saupoudré d’une méga-dose de folie bollywoodienne) pour s’abandonner à la comédie horrifique délirante et romantique. C’est qu’elle l’aime d’amour son psychokiller à la recherche désespérée de l’amour et de l’intégration dans la société.
Marjan manie l’humour noir à la perfection. Elle prend à bras le corps ce sous-genre horrifique tellement codifié pour le métamorphosé en rom-com tarée et acidulée, sans oublier le réalisme cradingue, élément indispensable pour faire tenir un si fragile édifice. THE VOICES est un savoureux vent de fraicheur qui revigore un genre horriblement sclérosé et calibré, jalousement gardé par une horde d’ayatollahs… Sympathique quoi!
Le trailer c’est par là…

 

 

MACHINA-POSTER-02PRIX DU JURY ex-aequo
EX MACHINA (USA/Grande Bretagne) d’Alex Garland. Avec Alicia Vikander, Domhnall Gleeson, Oscar Isaac…
En salles le 27 mai
L’intelligence artificielle… Sujet aussi passionnant qu’éculé. Depuis les délires mystico-psychotiques de Hal (coucou 2001), la chasse aux répliquants de BLADE RUNNER, le hacking humain du terrifiant puppet master (coucou GHOST IN THE SHELL), l’OS qui découvre la conscience (coucou HER) jusqu’aux prédictions apocalyptiques exprimées par Stephen Hawkins en personne qui se croit dans un prequel de TERMINATOR, les transistors font peur!
Caleb, jeune programmeur d’un mastodonte du net clone de Google gagne un séjour d’une semaine dans la maison de son boss/gourou Nathan, ermite barbu (clin d’œil d’une subtilité pachtyermique) reclus dans un paradis aussi époustouflant qu’oppressant. Ce que Nathan ne sait pas c’est qu’il va se transformer en rat de laboratoire. Il va devoir «tester» Ava, androïde d’une humanité spectaculaire. Et transcender le fameux test de Turing (ouais, celui d’IMITATION GAME) sensé démontrer l’intelligence de la machine en trompant un être humain. Le truc c’est qu’Ava a un look ultra-robotique délirant et d’une beauté ensorcelante (déclinaison des inoubliables robots du clip de Bjork, ALL IS FULL OF LOVE et de l’inquiétant robot femelle du METROPLOLIS de Fritz Lang). Caleb va discuter avec elle sous le regard d’un Nathan trop poli pour être honnête. Et une relation perverse à trois va s’installer dans ce bunker isolé. Qui manipule qui? Qui étudie qui dans cette anti-chambre de l’apocalypse robotique à venir (coucou la référence à la bombe atomique)?
Alex Garland, scénariste de Danny Boyle sur 28 JOURS PLUS TARD et SUNSHINE, est victime à la fois du complexe de dieu et du complexe de Kubrick, ce qui revient à peu près au même. Alors Alex multiplie les plans langoureux et somptueux. Mais aussi soporifiques. C’est qu’il ne dit rien de vraiment nouveau là, Alex, même s’il en est persuadé. Dans ce hui clos d’une perversité ensorcelante, c’est carrément l’avenir de l’humanité qui se joue. On se retrouve au jardin d’Éden le jour où dieu fait se rencontrer Adam et Eve. Pour un destin aussi pure que funeste. Cette parabole (un peu lourdingue) sauve (deus) EX MACHINA de la prétention carabinée. N’est pas Kubrick qui veut Alex.
Le trailer c’est par là…

 

 

FINAL-POSTERPRIX DE LA MEILLEURE MUSIQUE
Cornel Wilczek pour THESE FINAL HOURS (Australie) de Zak Hilditch. Avec Nathan Phillips, Angourie Rice, Jessica De Gouw…
Bon alors! Comment voulez-vous déguster votre apocalypse? Froide et névrosée à la mode scandinave (MELANCHOLIA) ou bien caniculaire et orgiaque australienne façon hystérie collective?
Voici THESE FINAL HOURS ou les 12 dernières heures de la vie d’un buffle bodybuildé ossie perdu entre sa maîtresse nunuche, sa copine officielle hystéro et l’envie de fuir la mort en se défonçant la tronche n’importe comment avec ses potes. Mais un grain de sable blond aux grands yeux bleus va faire partir en vrille ce plan infaillible. Rose (la fatigante gamine Angourie Rice), ange sauvée par James (l’étonnant Nathan Phillips) des griffes et des appétits répugnants de deux abrutis… Le gentil veau aux hormones James va aussi faire un bilan de sa pauvre vie de loser en pleine folie suicidaire hystérique et mélancolique.
Trop et pas assez… Trop de promesse et pas assez de folie…
Avec cette intrigue passionnante, le nouveau venu Zak Hilditch avait de l’or entre les main. Et aussi du plomb dans le cerveau! THESE FINAL HOURS ne transcende jamais son sujet éculé et hautement clichetonneux. Tout est beaucoup trop linéaire et prévisible en fait. Malgré quelques instants surprenants (la mort omniprésente, perdue entre pudeur et furie ou l’orgie désespérée profondément humaine dans son inhumanité) Zak Hilditch enfile les scènes convenues et attendues et lacrymales. Irradié d’une image jaunasse indé/arty/bidule qui rappelle le détonnant BELLFLOWER, THESE FINAL HOURS se traine gentiment et péniblement jusqu’à son final aussi touchant qu’éculé (coucou DEEP END et encore MELANCHOLIA). Sympathique. Sans plus… Mais une putain de frustration vu son potentiel de dingo…
La trailer c’est par là…

 

 

SIGNAL-POSTERTHE SIGNAL (USA) de William Eubank. Avec Brenton Thwaites, Olivia Cooke, Beau Knapp…
En DVD/Blu-ray depuis le 4 février. Éditeur : Wild Side Vidéo
THE SIGNAL ou quand le ciné indé US hardcore/branchouille plonge dans le thriller S-F super vénère… Un trio de teenagers nerds en cavale se balade en bagnole dans une Amérique de carte postale toute filtrée de partout façon Sundance. Ils poursuivent un hacker mystérieux qu’ils veulent dénoncer et révéler à la face du monde qu’on sait pas trop comment… Les trois ados s’embrouillent, normal c’est des ados… Paumés au milieu de nulle part en pleine nuit, le trio va vaguement jouer au remake indé (et un peu trop kubrickien, vivent les travelings centraux) du sympathique CHRONICLE mâtiné du matriciel X-FILES et de l’étrange MYSTÈRE ANDROMÈDE (voire carrément du taré THE ISLAND à Michael Bay, quel cocktail détonnant!)… C’est qu’ils auraient pitêtre rencontrer des extra-terrestres de l’espace les acnéens en chaleur…
William Eubank (auteur du très remarqué LOVE) nous propulse dans un mystère mystérieux clinique et cérébral. Sa mise en scène ultra classique et ultra énigmatique est un pure enchantement! Devenus d’authentiques rats de laboratoires, les teenagers tentent de s’échapper d’un bunker impénétrable. William Eubank maintient en permanence un suspens étonnant… On ne sait jamais ce qui va se passer dans ce truc angoissant et anxiogène. Où se situe la réalité? William se noie un peu dans la cérébralitude décalée et gratuite. THE SIGNAL tourne en rond, irrémédiablement perdu entre fantasme et réalité (et références écrasantes, coucou les super-héros, Toriyama et Otomo et la TWILIGHT ZONE).
Juste c’est quoi le sens de ce truc??? Ok les plans iconiques s’enchainent mais pourquoi? Trop de branchitude tue la branchitude… Mais qu’est-ce que c’est beau bordel! Et creux… Et envoutant… Et creux… Et envoutant… Et creux… Et envoutant! Une curiosité!
Le trailer c’est par là…

 

 

JACKET-POSTER-02THE MAN IN THE ORANGE JACKET (Lettonie/Estonie) de Aik Karapetian. Avec Anta Aizupe, Maxim Lazarev, Aris Rozentals…
Un ouvrier se doit toujours d’avoir sa caisse à outils bien remplie. Du marteau, idéal pour fracasser la tête d’un immonde oligarque capitaliste, au tournevis, parfait pour transpercer une bimbo balte sans oublier le burin, hautement recommandé pour fracasser la moelle épinière d’une pute de luxe à frange. Et le héros mutique à mulet et à chasuble orange fluo de THE MAN IN THE ORANGE JACKET est un ouvrier consciencieux comme on en trouve en Lettonie.
C’est la crise. Après la fermeture d’un port paumé, les ouvriers ses retrouvent à la rue. Un jeune docker mystérieux nous refait le coup de la lutte des classes à grand coup d’outils dans la gueule à son ex-patron reclus dans son immense datcha. L’assassin au marteau (et presque à la faussille, RED IS DEAD n’était pas loin) s’installe dans l’immense baraque pour vivre une vie de milliardaire. Seulement, la solitude va lui faire gentiment et très très très lentement griller les neurones et Aik Karapetian va nous embarquer dans une errances mentale labyrinthique horrifique, furieusement hermétique et totalement éculée. C’est qu’on comprend assez vite ce qui se passe là.
THE MAN IN THE ORANGE JACKET devient un délire mental délirant (à base d’home invasion perverti, métamorphosé en auto-home invasion cérébral et de plan claustrophobies magnifiques) où ni le héros ni le spectateur ne comprennent ce qu’il se passe. Et il se passe pas grand chose. Même rien. Juste un pétale de plomb prolétarien. Ces contes horrifiques arty cérébraux machin autorisants ne tiennent que sur l’atmosphère délétère et le rythme. Et là Aik (j’adore ce prénom!) ne transcende jamais son postulat (tout juste digne d’un court métrage). Bref c’est l’ennui poli, voire la gène qui s’installe par moment. Ce conte prétentieux de la folie (pas si) extraordinnaire, qui pourrait aussi bien durer trois heures, se conclut dans une pirouette impossible et sanguinaire.
Sinon vous reprendrez bien un peu de nécrophilie… Y en a aussi…
Le trailer c’est par la…

 

 

 

CUB-POSTER

CUB (Belgique) de Jonas Govaerts. Avec Stef Aerts, Evelien Bosmans, Titus De Voogdt…
Nostalgie nous voici! Encore!!! Jonas Govaerts, bercé trop près du mur en crépis du slasher 80’s des années 80, a décidé (quelle idée originale!) de rendre hommage au cinéma de genre avec lequel il a grandi. Un soupçon de GOONIES, un zest de VENDREDI 13 et beaucoup de DÉTOUR MORTEL (c’est pas très 80’s ça Jonas). Et tout ça, avec des scouts!
Voici donc CUB. Une meute de scouts flamands se ballade dans le forêt qui fallait pas y aller dedans (comme dans à peu près tous les films quoi). Ils vont se faire harceler par un troglodyte croquemitaine facétieux et son fiston qui se prend pour une divinité païenne.
Bon Jonas? C’est c’est sympa tout ça de rendre hommage aux grands classiques horrifiques. Mais ton CUB, qui se balade sur les chemins convenus et paresseux du post-modernisme cool se plante gentiment en croyant pervertir les codes du genre. Cette perversion n’existe pas vraiment voire pas du tout. Son jeune héros, clone hallucinant du River Phoenix de STAND BY ME) assiste à des morts gagesques über-convenues, et au manque cruelle d’imagination et d’audace de son réalisateur. Mais le plus frustrant dans CUB c’est bien le manque total de subversion. La troupe des louveteau disparait du film n’importe comment. Jonas n’ose pas montrer l’immontrable alors que les gamins sont sensé être le cœur de son film. CUB tombe dans la facilité, le routage de gueule (moins spectaculaire que la purge AUX YEUX DES VIVANTS mais pas loin) et une certaine forme de lâcheté. Ne reste qu’une nostalgie frelatée blindée de clins d’œil cyniques..
Le trailer c’est par là…

 

 

JAMIES-POSTER JAMIE MARKS IS DEAD (USA) de Carter Smith. Avec Liv Tyler, Judy Greer, Cameron Monaghan…
Les teenagers morts sont des teenagers comme les autres. Avec leur acnée, leur mal être permanent, leurs hormones en folie et leur peur sépulcrale de ce putain de passage à l’âge adulte, cette première mort symbolique dans le long chemin de la vie machin tout ça. JAMIE MARKS IS DEAD, tiré d’un roman culte US, renouvelle le genre éculé du teenage movie. Ici les morts et les vivants cohabitent sans le moindre problème et sont soumis aux mêmes pulsions moites et étranges.
Un collège perdu d’une ville quelconque en déliquescence. Jamie Marks, (Noah Silver, en mode clone spectaculaire d’Harry Potter et d’Aaron Taylor-Johnson) souffre douleur à lunette, est retrouvé mort au bord d’une rivière. Gracie, qui l’a découvert et Cameron, seules personnes marquées par sa disparition commencent à voir son spectre se balader. Un spectre envahissant qui tourne langoureusement et amoureusement autour de Cameron. Et qui l’entraine dans le monde des morts. Un purgatoire où la souffrance est omniprésente. Une souffrance qui emprisonne ces âmes égarées sur Terre pour revivre indéfiniment leur mal de vivre (vive la mort, encore pire que la vie!!!). JAMIE MARKS IS DEAD lorgne gentiment du côté de DONNY DARKO dans son approche suave et minimaliste du fantastique. Pas d’effet délirants. Juste un spleen permanent. Une atmosphère mortifère. Où l’on ne sait plus, à un moment, différencier les morts des vivants. Et la recherche désespérée de soi.
Le romantisme irradie. L’ennui poli aussi. C’est que Carter Smith (réal du sympathiques THE RUINS) se perd très vite dans ces zémois zamoureux interminables. Le trio déprimant déprime pendant des plombes. L’homosexualité, latente entre les deux garçons, est traitée avec une finesse d’éléphant défoncé au crystal meth’. C’est dommage parce que Carter Smith parvient à capturer cette essence adolescente. Cette fragilité et cette souffrance intime. Mais JAMIE MARKS IS DEAD se perd dans des volutes éthérées de la vacuité.
Le trailer c’est par là…

 

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HONEYMOON (USA) de Leigh Janiak. Avec Rose Leslie, Harry Treadaway, Ben Huber…

Il s’en passent de belles dans la forêt canadienne. C’est carrément pas le genre d’endroit pour passer une lune de miel tranquille. Bea et Paul vont l’apprendre à leur dépend. Alors que tout se passe merveilleusement bien (ça baisouille et ça se fait des mamours out le temps quoi) Bea change subitement de personnalité après une nuit de somnambulisme forestier. Paul ne la reconnait plus et un huis clos oppressant et malsain va commencer. HONEYMOON, à l’instar de THE SIGNAL, est une petite machine à twist. Un twist viscéral et bien crado. Mais juste un tout pitit twist quoi…
Bon le gros problème ici c’est que Leigh Janiak ne sait absolument pas diriger ses acteurs. Rose Leslie (vue dans GAME OF THRONES) et Harry Treadaway (vu dans PENNY DREADFULL) ne sont jamais crédibles une seule putain de seconde en couple de jeunes mariés. Et ça flingue tout. Aussi malsain soit-il HONEYMOON (et il l’est franchement par moments) ne s’extirpe jamais de l’océan de DTV cradingues et interchangeables fabriqués à la chaine dans le monde entier. Cette rencontre entre rite démoniaque (coucou ROSEMARY’S BABY) et mythes extraterrestres (coucou L’INVASION DES PROFANATEURS DE SÉPULTURES) se traine laborieusement jusqu’à un climax réceptif et tellement attendu. Dommage…
Le trailer c’est par là…

 

 

Des zillions de remerciements à l’organisation du festival de Gerardmer de nous avoir accueilli et à CanalSat pour nous avoir invité à participer au jury SyFy

 

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