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On a lu… The Heroic Legend of Arslân (T. 1) de Hiromu Arakawa et Yoshiki Tanaka

On a lu… The Heroic Legend of Arslân (T. 1) de Hiromu Arakawa et Yoshiki Tanaka

Note de l'auteur

heroic-legende-arslan-1-kurokawaHiromu Arakawa est de retour chez son éditeur de toujours, Kurokawa! Après les publications de l’immense Fullmetal Alchemist, de Hero Tales et de Silver Spoon, l’éditeur français offre une nouvelle vitrine à la grande Hiromu Arakawa et revient avec The Heroic Legend of Arslân, un shônen politique et chevaleresque dans lequel la guerre fait rage. Avec ce premier tome, la mangaka prend le temps d’installer le contexte de son récit et de nous présenter les personnages d’un titre qui s’annonce ambitieux. Un début très prometteur qui annonce un récit d’envergure.

 

Le Royaume de Parse, enclavé entre l’orient et l’occident, est tenu d’une main de fer par le roi Andragoras. Son fils, le prince Arslân est bien plus frêle et chétif et peine à revendiquer son statut d’héritier au trône. Délaissé par un père sur le front et une mère froide comme la glace, Arslân essaye quand-même de faire la fierté de ses parents, en s’entraînant au combat à l’épée. Lorsque l’armée de son père se met en route pour affronter l’envahisseur lusitanien dans la plaine d’Atropathènes, il se retrouve en première ligne afin de prouver sa bravoure. Malgré les avertissements d’un de ses généraux, le dévoué Daryûn, qui sent venir le guet-apens, Andragoras lance la charge. Bien trop fier pour sonner la retraite, il lance ses troupes à travers l’épaisse brume, vers une mort certaine. Cette journée sanglante fera basculer à jamais le destin d’Arslân ainsi que celui du royaume de Parse.

 

the-heroic-legend-of-arslan-arakawa-hiromu-4284919Adapté d’une saga littéraire de fantasy écrite par Yoshiki Tanaka et qui a débuté en 1986, The Heroic Legend of Arslân est un événement en soi puisqu’il signe le grand retour de Hiromu Arakawa. Avec son nouveau titre, elle s’aventure dans une fresque épique et cette première incursion dans ce monde impitoyable et violent est réussie. Dès les toutes premières pages, l’auteur annonce la couleur avec la charge de centaines de cavaliers. Cette courte entrée en matière guerrière nous permet de rentrer immédiatement dans le récit et dès lors, on sait que Arakawa va encore faire des merveilles. Dans un premier temps, elle nous fait découvrir le royaume de Parse et plus précisément sa capital, Ecbatâna. Afin de situer le contexte géopolitique et économique, la mangaka prend des libertés avec le bouquin d’origine. Marchands, prisonniers de guerre et esclaves transitent par la cité qui rayonne jusque dans les autres royaumes alentours. Le jeune prince, naïf et un peu candide ne voit d’ailleurs rien à redire à ce système qui fonctionne sur l’esclavagisme puisque il en vient à le justifier auprès d’un jeune garçon, prisonnier de guerre. Sans tomber dans le manichéisme primaire, il explique que l’esclavage permet aux vaincus d’avoir une vie décente. Ce qu’il lui reste à comprendre, c’est que les hommes sont prêts à mettre leur vie en jeu pour préserver leur liberté.

 

Mais LA surprise de ce premier tome, c’est le triste écho qu’il a avec l’actualité. Alors, je sais, à première vue, ce n’est pas évident d’imaginer une passerelle entre notre monde réel et celui d’un royaume imaginaire, inspiré de la Perse antique et pourtant… Cette première partie permet d’exposer les raisons du conflit qui oppose le royaume de Parse à celui de Lusitania et elles sont assez simples. Alors que les lusitaniens croit au dieu unique «Yaldobaoth», Parse se veut un royaume polythéiste et par conséquent, est considéré comme une terre d’infidèles. Du coup, quoi de mieux que de prétendre agir au nom de son dieu et se mettre sur la gueule…?! Vous la voyez la résonance, là…?! Dans ce monde en proie à l’obscurantisme et au fanatisme religieux, les libres-penseurs qui défient la pensée commune sont bannis, à l’instar du mystérieux personnage rencontré en fin de tome. C’est donc sur ces thématiques solides que Arakawa construit son récit et nous lance dans une première bataille très bien menée.

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Andragoras, véritable main de fer dans un gant de fer, s’impose comme souverain fière et inflexible. Daryûn, quand à lui, apparaît comme un soldat dévoué malgré l’accueil qui lui est réservé lorsqu’il tente de mettre son souverain en garde. A partir du moment où l’assaut est lancé, le récit s’emballe et les planches d’Arakawa font des merveilles. Le dessin est d’une incroyable clarté, le trait est vif et appuyé et le découpage amène fluidité et lisibilité. On se retrouve véritablement happé par la mise en scène, certains d’assister à un massacre annoncé. La violence, sans être outrancière, n’en est pas moins présente. Fatalement, un coup de masse moyenâgeuse dans la tronche, ça laisse des traces… Non contente de nous entraîner sur le front, les auteurs nous offrent un premiers twist en fin de tome et confirme tout le bien qu’on pense déjà de The Heroic Legend of Arslân. C’est vaste, dense et bien raconté, bref de grandes attentes pour la suite mais bizarrement, je ne suis pas trop inquiet.

 

The Heroic Legend of Arslân de Hiromu Arakawa et Yoshiki Tanaka aux éditions Kurokawa

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