MOVIE MINI REVIEW : critique de Blind

MOVIE MINI REVIEW : critique de Blind

Note de l'auteur

BLIND

 

 

 

Comment s’adapter à sa nouvelle vie quand on devient aveugle? Comment continuer d’aimer? Comment réussir à faire l’amour? Comment vivre une vie normale quoi bordel? Ingrid dépérit dans son gigantesque appartement norvégien. Et la machine à fantasmes du dedans de sa tête se met à surchauffer. Son mari ne l’espionnerait-il pas dans son intimité crépusculaire? Ou bien ne serait-il pas en train de batifoler avec une autre femme?
Eskil Vogt (scénariste du génial Oslo 31 août) nous invite à explorer le labyrinthe à fantasmes et à frustrations sexuelles de son héroïne névrosée. Et le voyage s’avère redoutable. À la fois d’une crudité phénoménale (attention aux plans XXX) et d’une épure spectaculaire. On se perd, avec Ingrid, entre rêve et réalité (un des grands thème de 2015, coucou Réalité et Le Dos rouge). Le handicap est vécu par Ingrid comme une difformité qui l’exclut du monde alors que c’est juste elle qui n’arrive pas à s’accepter. Blind joue avec la monstruosité, avec les sens (elle aveugle, lui voyeur) et avec les réalités parallèles imaginaires (coucou Oslo 31 août et L’incroyable destin de Harold Crick). Blind questionne frontalement la sexualité des handicapés (physiques ou émotionnels). Les masques tombent. La violence des relations sociales et intimes nous explosent à la gueule (toi aussi découvre l’amaurophilia). Toute cette cruauté, ce mépris et cette indifférence d’une société en pleine putréfaction. On sort perplexe et secoué de ce truc froid comme la mort et incroyablement sexuel. D’une mélancolie et d’une cruauté ensorcelante. Un cauchemar dérangeant comme seuls les Scandinaves savent le faire…

En salles depuis le 29 avril
2014. Norvège. Réalisé par Eskil Vogt. Avec Ellen Dorrit Petersen, Henrik Rafaelsen, Vera Vitali…

 


Bande annonce de « Blind » d’Eskil Vogt – Grand… par Essonne-fr

 

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