MOVIE MINI REVIEW : critique de Foxcatcher

MOVIE MINI REVIEW : critique de Foxcatcher

Note de l'auteur

FOXCATCHER

 

 

 

On ne le sait pas forcément en France mais la lutte gréco-romaine machin (l’anti-chambre sportive et sérieuse du catch américain), un des sports olympiques les plus vieux et les plus ridicules, est littéralement adulée aux USA. Ce sport universitaire mythique est au cœur d’un fait divers proprement incroyable et pourtant authentique (vivent les USA, le pays des fous furieux avides de reconnaissance).
1987. John Du Pont, milliardaire philanthrope aussi excentrique qu’inquiétant, crée sa propre écurie de lutteurs (quelle drôle d’idée aussi!). Avec, en vedettes, le champion olympique ’84 Mark Schultz et Dave, son frangin champion du monde. Une relation trouble et sado-masochiste va alors se nouer entre ces trois personnages improbables et plus névrotiques les uns que les autres…
Bienvenue au festival 2015 des prothèses nasales nanardes (fabriquées à partir des hectolitres de latex restant du tournage de CLOUD ATLAS, la review ici) et de l’intériorité indé pas du tout caricaturale. Bienvenue dans FOXCATCHER. Bennett Miller continue ses délires cinématographiques tirés d’histoires vraies improbables (après l’académique TRUMAN CAPOTE, celui avec Philip Seymour Hoffman et le fantastique LE STRATÈGE). Des contre-emplois à go-go (dont un Channing Tatum renfrogné et un Steve Carell méconnaissable), une mise en scène minérale et mortifère, une langueur sépulcrale soporifique consciente de sa propre grandeur… Et tout le problème est là…  Bennett Miller se contemple, en pleine pâmoison-cinématographico-auto-érotique, en train de réaliser ce qu’il pense être un chef d’œuvre pervers. Mais tous ces névrosés obsessionnels noyés dans leur intériorité artificielle font peine à voire. Entre les embrouilles fraternelles des deux lutteurs stars au visage en latex et le rapport incestueux entre John Du Pont et sa vielle maman acariâtre (la géniale Vanessa Redgrave), FOXCATCHER se perd dans un nombrilisme glacial permanent et un minimalisme grandiloquent. Ce truc n’est qu’une machine à Oscars totalement désincarnée. Froid comme la mort, hermétique et prétentieuse… Le cinéma indé US dans tout ce qu’il a de plus énervant quoi…

En salles depuis le 21 janvier
2014. USA. Réalisé par Bennett Miller. Avec Steve Carell, Channing Tatum, Mark Ruffalo…

 

La critique à Jane c’est par là…

 


Foxcatcher, Bande-annonce VOST par DailyMars

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