MOVIE MINI REVIEW : critique de Hacker

MOVIE MINI REVIEW : critique de Hacker

Note de l'auteur

HACKER

 

 

 

L’immense Michael Mann s’est perdu, depuis son chef d’œuvre RÉVÉLATIONS, dans les limbes de l’autocontemplation et de l’autocélébration. Au détriment de ses œuvres. Et HACKER surgit, après les tristes COLLATERAL, MIAMI VICE et PUBLIC ENEMIES, comme une tentative désespérée de revenir aux sources de son cinéma…
Décalque moderne et fanatique (en apparence seulement) de son premier film, l’envoûtant et bancal LE SOLITAIRE (qui vient de sortir en Blu-ray), HACKER en reprend la trame… L’histoire d’un mystérieux solitaire perdu dans les méandres d’une intrigue épurée à l’extrême issue du cinéma de genre. Ici le technothriller cybernético-bidule. Une errance mentale aux frontières de l’expérimental. Mais Mann le man filme son sujet brûlant (la toute puissance de l’informatique, à la fois talon d’Achille et épée de Damoclès de notre société moderne si fragile) avec les idées d’un vieux monsieur qui vient de découvrir le monde merveilleux et déshumanisant du Minitel. Attention les enfants! C’est dangereux! Dangereux!!!
Résultat, question modernité, HACKER fait plutôt dans l’actioner décérébré blindé d’incohérences dégueulasses made in 80’s. Entre la version cybernétique du buddy movie décérébré DOUBLE DÉTENTE et les pires James Bonderies invraisemblables. En fait Mann se fout complètement de son intrigue. Et là, ça se voit! Ça se voit beaucoup trop bordel! Tout ce qui l’intéresse, ce sont ses plans fulgurants (mais pas loin non plus de l’image bank interchangeable) de notre civilisation, assimilée aux réseaux informatiques et au système neuronal du cerveau de la tête. HACKER, film de genre expérimental, comme d’habitude. Cousin du cinéma de Terrence Malick. Mais si Malick a abandonné toute forme de narration classique pour s’adonner à l’onirisme panthéiste pure, Mann a quant à lui besoin d’utiliser les codes du cinéma de genre (principalement le polar) pour ses expérimentations formelles.
Et avec HACKER, c’est la catastrophe. Cette histoire de hacker-beau-gosse-super-héros pas du tout caricatural (Chris ‘THOR’ Hemsworth et son charisme de poulpe lymphatique, la plus mauvaise idée du siècle!) affrontant une némésis quasi chimérique ravage tout sur son passage. Pathétique à en devenir grotesque, cette accumulation d’incohérences crasses ronge le formalisme débridé d’HACKER comme un cancer… Ne reste qu’un sentiment d’hébétude devant tant d’inepties frisant le foutage de gueule filmées divinement. Oublié le nihilisme Melvillien et la profonde mélancolie du SOLITAIRE où du SIXIÈME SENS. Place à la glorification imbécile du mâle alpha 2.0 multifonction invincible, nouvelle divinité numérique… HACKER rejoint les purges MISSION IMPOSSIBLE 3 et SKYFALL au cimetière des baudruches prétentieuses et des réalisateurs s’imaginant plus importants que leurs propres films…
Le formalisme est un cancer qui ronge insidieusement le génie. C’est triste…

En salles depuis le 18 mars
2014. USA. Réalisé par Michael Mann. Avec Chris Hemsworth, Leehom Wang, Wei Tang…

 

La critique tout plein d’amour à Mika c’est par là…

La critique du Blu-ray du SOLITAIRE par Plissken le grand c’est par ici…

 

 


Hacker, Bande Annonce VOST par DailyMars

 

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