On a fait le tri n°56

On a fait le tri n°56

Note de l'auteur

Parce qu’on n’a malheureusement pas le temps de vous parler en détail de tous les bouquins qui sont passés entre nos mains, « On a fait le tri » revient sur les sorties de la planète BD.

NOBODY SAISON 2 – ÉPISODE 2/3 – LES LOUPS

C’est une claque. Comme d’habitude avec Christian de Metter. Cela a beau être le sixième rendez-vous, le second de la saison 2, on est toujours aussi agréablement surpris d’une telle densité, d’une telle force de scénario et d’un tel intense suspense. Avec toujours un mister Nobody qui tire des ficelles dans l’ombre, on se croit dans feu l’excellent Rendez-vous avec X de Patrick Pesnot qui fit notre bonheur pendant des années sur Inter le samedi en début d’après-midi.

Attention cette bande dessinée est hyper addictive. C’est un polar historique qui prend ses quartiers dans la Rome des « années de plomb ». Avec de l’enlèvement d’une jeune et riche héritière et des Giallorossi qui voient double en Série A de football. C’est méchamment bien construit et très prenant. Un petit bijou.

Écrit et dessiné par Christian de Metter
Édité par Soleil.

DONJON ZÉNITH – T.8 : EN SA MÉMOIRE

Bon, rien ne va plus dans le Donjon. Comme à l’accoutumée me direz-vous et vous n’aurez diablement pas tort. En l’espèce, Herbert de Vaucanson est chargé d’aller annoncer à la mère de Marvin les fiançailles du fillot avec Pirzuine. Souci, la daronne a été assassinée. Notre héros plumé va donc enquêter pour éviter un carnage si Marvin, le saurien, venait à l’apprendre…

Les ingrédients qui font le succès de la série ne sont pas oubliés dans ce huitième opus. Des quiproquos, de l’humour décalé, de l’absurde et des combats incroyables et improbables. Les fans du genre n’ont probablement pas manqué cette sortie, les novices seraient inspirés de tout reprendre à zéro même si En sa mémoire se comprend tout seul. Vu la qualité du plateau d’auteurs, vous pouvez y aller les yeux fermés.

Écrit par Joann Sfar et Lewis Trondheim
Dessiné par Boulet
Édité par Delcourt

CHÂTEAUX BORDEAUX – T.10 : LE GROUPE

Tiens, un château du Bordelais qui se tourne vers l’export et plus directement vers la Chine pour écouler sa marchandise et, de ce fait, faire grimper les prix… Alexandra Baudricourt-Noiret n’échappe pas à la règle dans ce dixième numéro de cette série œnophile et vinophile. Malheureusement, pour la repreneuse du domaine du Chêne courbe, elle tombe de Charybde en Scylla.

Châteaux Bordeaux est extrêmement bien documenté, au point que certains aficionados ont longtemps cru que le domaine, dont il est question dans cette BD, était bel et bien réel. Les amoureux du vin s’y retrouvent, ceux des intrigues et des retournements de situation, itou. C’est à la foi décontractant et instructif. Ce 10e rendez-vous marque le début de la saison 2. Les scénaristes vont-ils réussir à se renouveler et à garder tout le monde dans cette série ? C’est l’enjeu des prochains épisodes.

Écrit par Corbeyran
Dessiné par Espé
Édité par Glénat

EKHO MONDE MIROIR – T.10 : UN FANTÔME A PÉKIN

Road-trip en Chine pour Fourmille, Yuri et Sigisbert, le Preshaun, dans le monde miroir d’Ekho, qui est très proche du nôtre et aussi très éloigné sur pas mal d’aspects. C’est un peu Pékin express en format loufoque et fantastique. L’idée pour ces trois complices est d’aller visiter l’Empire du milieu pour dénicher des artistes de cirque. Sauf que ces derniers, les plus doués, sont retirés au Tibet dans un monastère de Shaolin. Bonjour, le périple. Surtout que des ninjas tentent à tout prix de les en empêcher.

Les rapports entre les personnages évoluent dans ce 10e acte. Yuri Podrov s’éprend des siestes crapuleuses avec la sublime Petit-serpent-tombé-du-nid, ce qui a le don de rendre jalouse Fourmille Gratule. Le rapport de force se renverse. Et cette dernière, régulièrement habitée par des personnalités mortes, est quasi tranquille de ce côté-là, si ce n’est la présence d’un étrange fantôme.

Sans prise de tête, propre et efficace.

Écrit par Christophe Arleston
Dessiné par Alessandro Barbucci
Édité par Soleil

L’ÉPERVIER – T. 10 : LA PRINCESSE INDIENNE

On retrouve ce drôle d’oiseau de Yann de Kermeur du côté de la nouvelle France. Sauf que le capitaine de la Méduse n’a pas que des amis dans les rangs des colons. Mais peut compter sur la princesse Mali pour aromatiser un peu le plat qui ne manquait pourtant pas d’épices avec le charme de cette magnifique indienne. Le missi dominici du roi Louis le quinzième a donc fort à faire pour mener sa mission spéciale qui devient de plus en plus périlleuse.

En traversant l’Atlantique, Patrice Pellerin poursuit la métaphore filée de son intrigue. Son épervier doit lutter contre vents et marées, son rôle de rebelle, défenseur des causes nobles se renforce sensiblement dans ce dixième acte. Dans ce récit au long cours, on ne sent pas pour le moment de lassitude et c’est déjà un véritable exploit.

Écrit et dessiné par Patrice Pellerin
Édité par Quadrants

LES REINES DE SANG : JEANNE – T.3 : LA MÂLE REINE

Fin du triptyque consacrée à celle que l’on surnommait la « trop mâle reine boiteuse, puissante et périlleuse ». Ce qui fait beaucoup pour une seule femme, fut-elle reine de France. Encore que pour le devenir, il lui fallut un incroyable concours de circonstances avec la mort successive de quatre rois… Au moment où débute cette conclusion, Jeanne de Bourgogne accède au trône en 1328 par le biais de son mari, Philippe VI de Valois. Elle assurera même la régence quand celui-ci ira guerroyer.

C’est une sacrée leçon d’Histoire de France que l’on prend dans les mirettes avec un biais fort intéressant, le prisme des femmes. Le grand récit national étant jusque-là plutôt écrit et narré par les hommes. Eh oui, la soif de pouvoir n’appartient pas qu’à la gent masculine même si en l’espèce, il peu probable que le règne de Jeanne de Bourgogne l’ait complètement comblée.

Écrit par France Richemond
Dessiné par Michel Suro
Édité par Delcourt

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