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On a lu…  Pépin Cadavre (T.01) – Caramantran d’Olivier Milhaud et Cédric Kernel

On a lu… Pépin Cadavre (T.01) – Caramantran d’Olivier Milhaud et Cédric Kernel

Note de l'auteur

245028_cL’histoire : Sébastien Melmoth se définit lui-même comme « rebouteux, détective, chimiste ». Voyageant entre notre monde et celui, plus mystérieux et magique d’Asper. Alors quand un homme-cerf en costume-cravate vient rappeler une ancienne dette entre lui et Pépin Cadavre, l’agence de Sébastien, c’est parti pour se mettre dans le pétrin. Il lui faut en effet retrouver « Le Caramantran », le renvoyer en Asper, en évitant les sbires de Sär Grizovianemi et les militaires qui s’en mêlent.

Mon avis : Publié dans la collection « Tchô ! L’aventure… », ce tome 1 est une petite perle pour les ados, un agréable moment pour les adultes. En effet, nous ne sommes pas devant une histoire de grande originalité, avec ce détective de l’étrange et du fantastique. Parmi les influences citées, Glénat nous parle ainsi de Miyazaki et certes, il y a de cela dans les créatures dessinées, dans l’anthropomorphisme, la poésie de certaines images, et un certain train. Mais le personnage du Caramantran et le grotesque de certains monstres relèvent aussi d’une influence « Hellboy », version Guillermo Del Toro.

Mais cela reste une BD originale, parce qu’elle ne prend pas son lectorat pour des « jeunes » au sens « niais ». Certains des monstres ne sont pas conventionnels, avec un taureau humanoïde dont le crâne se fend pour laisser s’échapper des liens rouge sang reliés à son cerveau (ou à moins qu’il ne s’agisse de son cerveau ?). Des innocents meurent. Et tout n’est pas expliqué dès la fin de ce premier volume. Nous ne savons pas qui est Sébastien Melmoth ou Sär Grizovianemi, à quoi ressemble Asper, quels sont les rôles exacts tenus par les chats de Pépin Cadavre (à part manger du Ragouminou) ou la teneur de la dette qui lie notre héros à Jupiter Escariotte.

14357Les personnages secondaires semblent riches et même le rôle de la « jeune fille en détresse »,  ici la militaire Heidi Nicolodi, semble cacher plus d’une carte dans sa manche ; et cache une face assez terrible et peut sembler cruelle, n’hésitant pas à tuer. L’histoire est rehaussée par le dessin de Cédric Kernel (Les Autres Gens ; Prunelle, fille du cyclope), qui met en place une atmosphère mystérieuse, de couleurs mates, avec des arrière-plans parfois non-encrés, des paysages dont les contours se perdent d’un arbre à l’autre. Seul le premier plan reste donc très défini. Un dessin faussement enfantin et naïf, certaines cases relevant parfois de l’esthétique du comics avec, par exemple, le dessin du bruit d’un hélicoptère cachant tout un paysage.

Bref, une jolie découverte, qui certes ne brille pas par un scénario 100% original, mais joue avec les influences, tout en acceptant une part d’ombre, toujours salutaire dans un ouvrage axé jeunesse/ado.

Si vous aimez : Indiana Jones au pays de Chihiro.

En accompagnement : un lait menthe dans une tasse en forme de crâne.

5514Autour du livre : Le « Caramantran » est à la base une tradition du carnaval, surtout présente en Ardèche. Il s’agit d’un mannequin bariolé, que l’on fait défiler en tête lors du carnaval du mercredi des cendres. A la fin de celui-ci, un procès lui est intenté et il est alors condamné à mort et brûlé en place public, signifiant la fin de l’hiver et le début du carême (carême-entrant). D’autres noms de personnages font références à des éléments culturels, comme Jupiter Iscariote : Jupiter/Zeus dieu des dieux et Iscariote rappelle peut-être le nom de « Judas l’Iscariote », celui qui trahit Jésus.

Extrait : « – Tiens donc… Et que nous vaut l’honneur ?
– Le Caramantran…
– Tu es sérieux ?
– Au risque de passer pour un inculte, j’aimerais que l’on m’explique ce qu’est ce Caramantran.
– C’est un esprit divin, un göttlichen geist. Il est le lien entre l’hiver et le printemps. Plutôt sympathique et bienveillant, mais s’il est… disons « allumé », il devient force primitive, chaos, renaissance brute par la désolation.
– Ah oui, quand même. »

Sortie : 24 juin 2015, éditions Glénat BD, 66 pages.

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