Re-Anime: Sword of the Stranger (de Masahiro Andō)

Re-Anime: Sword of the Stranger (de Masahiro Andō)

Note de l'auteur

19090898Aujourd’hui, un Re-Anime d’envergure puisqu’on s’attaque à l’excellent Sword of the Stranger. Au programme: des rônins, des brigands de grands chemins, des miliciens chinois, de la neige et beaucoup de sang. Bienvenue dans un Japon féodal violent où la voie du sabre est la seule manière de rester en vie.

 

A sa sortie en 2007, Sword of the Stranger fait une grosse impression aussi bien au niveau de son esthétique que de son récit passionnant. Pour sa première réalisation cinématographique, Masahiro Andô nous plonge dans une fresque médiévale de haute volée. S’étant fait la main sur des titres tels que Ghost in the Shell, Metropolis ou Patlabor 2, il intègre rapidement le studio Bones qui produira ce premier essai. Sans détour, on peut affirmer qu’il s’agit là d’un premier coup de maître tant le film est complètement maîtrisé.

 

Quelques mots sur l’histoire: Kotarô, une jeune garçon accompagné d’un chien fuit d’un temple en flamme et doit se rendre dans le pays de Shirato afin d’y être en sécurité. En chemin, il croise un rônin énigmatique appelé Nanashi («sans nom» en japonais) qui va l’escorter jusqu’à destination en échange d’une récompense financière. En parallèle, une milice venant de Chine a conclu un marché avec un seigneur local pour retrouver Kotarô, le capturer et l’offrir en sacrifice afin d’obtenir un soit-disant élixir de vie éternelle. Dans sa construction, Sword of the Stranger est assez classique, reprenant des événements basiques: une fuite, une rencontre fortuite entre deux êtres que tout oppose, des liens qui se tissent et une quête initiatique… Oui, mais Andô utilise son récit pour en faire un portrait de son pays doublé d’une petite leçon d’histoire. En filigrane, que ce soit à travers le personnage de Nanashi ou celui de Luo-Lang, un milicien blond au yeux bleus, il traduit assez bien la peur de l’étranger dont son pays a toujours été victime ou coupable, selon les points de vue. On plonge littéralement à l’époque Sengoku par le biais des magnifiques décors qu’on prendrait presque pour des estampes et le détail apporté à tout ce qui compose le quotidien de cette époque apporte une vraie plus-value dans l’immersion.

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En terme de réalisation, c’est absolument incroyable. Le découpage de même que l’animation sont d’une totale fluidité. Les mouvements sont rapides et donnent lieu à des scènes de combats parfaitement hallucinantes qui n’ont rien à envier à Kenshin, Samurai Champloo ou Afro Samurai. Ça va vite, très vite parfois mais ça parvient à rester lisible en toutes circonstances. A ce titre, la scène finale sous une neige omniprésente est vraiment épique et nous en fout plein la gueule, un pur régal. Qui dit combats au sabre, dit giclées de sang et pour ça comme pour le reste, vous en aurez pour votre argent. Sur les 1h45 que dure le film, les cadavres s’accumulent souvent de manière très graphique sans pour autant tomber dans la gratuité. De manière globale, le graphisme s’en sort très bien avec un trait assuré et un bon chara-design.

 

Masahiro Andô signe avec Sword of the Stranger l’un des meilleurs animes sortis au cinéma ces dix dernières années. Son film, qui ne manque de rien, a de l’envergure et parvient facilement à se hisser au rang des grands titres du même genre. Certes, il ne révolutionne rien mais il parvient à faire naître un frisson épique servi par une animation ambitieuse et une magnifique bande-son. Un must see!!!

 

 

 

Sword of the Stranger de Masahiro Andō (2007) – Studio Bones

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