Strikers, un Nouveau Football (en direct de Séries Mania)

Strikers, un Nouveau Football (en direct de Séries Mania)

Note de l'auteur

Diapo-STRIKERS02Deux frères rêvent de devenir footballeurs professionnels. Quand l’un des deux est sélectionné dans un grand club, leur vie change…

La série, c’est peut-être l’art de capter le temps. De poser un regard sur le présent et de le retranscrire avec un léger filtre, comme une distorsion. C’est aussi suivre l’actualité et développer une réponse, sans beaucoup de recul, pour attraper la tension du moment, sa force brute, son énergie. Et quand il s’agit d’investir le football belge, c’est participer à son explosion, être synchronisé avec une génération prometteuse, capable de faire rêver un pays, de devenir une inspiration, un modèle (Hazard, De Bruyne, Witsel, Courtois…). La série décide alors de plonger dans une jeunesse pleine d’espoir.

Une œuvre doit parfois confronter ses pairs. Et quand on doit observer le portrait de deux jeunes frères, en fin d’adolescence, investis par le football au point d’occuper tout l’espace familial, difficile de ne pas penser à Friday Night Lights. Et la série ne semble pas l’oublier quand elle emploie la musique de Explosions in the Sky à deux reprises durant ses deux premiers épisodes. Seulement prétendre à l’acte vidimé, avec un modèle aussi fort et évident, peut vite se transformer en piège (comme Wayward Pines, récemment). Et à ce jeu, Strikers n’en sort pas toujours indemne.

Diapo-STRIKERS01Une différence de hauteur. Pas assez aérienne quand il s’agit de suivre les corps de ces jeunes adultes dans la poursuite d’un idéal, dans l’opposition de deux trajectoires ; trop soumis à une pesanteur qui ne trouve pas (encore ?) de justifications dans un terreau social. Comme s’ils devaient avancer avec des poids aux chevilles, se frayer un chemin en jouant des coudes, de façon un peu besogneuse. Ces deux épisodes parviennent à capter l’idéologie des deux frères, comme elle manque par moment d’évanescence dans sa retranscription. Elle pèche, surtout dans le premier, d’un trop-plein ; phénomène d’engorgement qui vient à boucher toute respiration, toute pause un peu poétique où l’on aurait pu s’évader, laisser aux deux frères un espace fugitif.

Dans la représentation du foot, la série observe un découpage intéressant. Une représentation des corps par morceau pour magnifier le geste. Evidemment, la pelouse devient, pour un temps éphémère, l’exutoire d’émotions sans frein, relâché dans ces excès. Et se découvre un potentiel encore en cage mais qui pourrait tutoyer les belles envolées de Friday Night Lights.

Créé par : Kristof Hoefkens et Gijs Polspoel
Ecrit par : Bart Vaessen, Steve De Wilde, Michel Sabbe, Kristof Hoefkens
Réalisé par : Jeroen Dumoulein, Gijs Polspoel
Avec : Oscar Willems, Joren Seldeslachts, Louis Talpe, Vin Van Dingenen

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