Top des fins de mangas les plus ratées (Battle!)

Top des fins de mangas les plus ratées (Battle!)

Après avoir écumé les dix meilleurs fins de séries animées ainsi que les dix plus mauvaises, on continue dans la lancée avec celui des mangas, toujours avec Mathieu Poitier et moi-même dans une petite battle de circonstance pour vous trouver les conclusions les plus aberrantes que l’on puisse rencontrer lors de vos lectures japonisantes.

 

Le top de Mathieu

 

Couv_2003245 – Samurai Deeper Kyo

Samurai Deeper Kyo fait partie des premiers shônen que j’ai dévoré! Le manga d’Akimine Kamijyo s’étire sur trente-huit tomes, plus ou moins bons. Pourtant dans son ensemble, SDK possède de nombreuses qualités aussi bien graphiques que scénaristiques. Les rebondissements sont légions et les personnages sont assez colorés et charismatiques pour certains. Cependant, cela n’empêche pas énormément de redites et trop de poncifs du genre. Au fil des tomes, SDK soulève plusieurs questions et ménage son suspense mais malheureusement, la fin n’est pas à la hauteur des espoirs qu’on avait mis dedans. Très clairement, on sent une légère sensation de bâclage comme si la mangaka en avait marre de son titre et voulait en finir au plus vite. Résultat: le combat contre le Roi Rouge est une déception et bon nombre de questions restent sans réponse… Notamment en ce qui concerne le passé de Kyo, qui s’avère être le dernier Mibu. Bref, une déception… Dommage!

 

x_double_014 – X-1999

Place un peu particulière que celle du manga de Clamp dans ce top et pour cause, il n’a pas de fin et n’en aura probablement jamais. Constat d’autant plus navrant lorsque l’on sait que X-1999 est l’un de leurs titres fondateurs. Que l’on apprécie ou pas le style de Clamp, ce shôjo a de l’envergure et se veut épique, la sauce monte et BOUM au tome 18, on ferme les vannes. Se murmure alors qu’un conflit oppose les auteurs et la maison d’édition mais quoiqu’il en soit, il n’y a pas de suite alors même qu’il ne restait que deux ou trois tomes à paraître. Voilà la raison pour laquelle X-1999 a toute sa place dans ce top car on bien obligé de prendre ce dernier tome comme une fin en soi et c’est complètement naze, forcément… Heureusement, on pourra se consoler avec deux fins différentes pour l’anime et le film. Mais quand même…!

 

yu-gi-oh-tome-34---celui-qui-domine-les-tenebres-113513 – Yu-Gi-Oh!

Les chiens ne font pas des chats et les titres médiocres n’accouchent pas de grandes fins. Dans les quelques premiers tomes de Yu-Gi-Oh!, des petites idées sympathiquement tordues apparaissent ici et là et on est légèrement intrigués. Puis très vite, le manga devient une licence à cash qui se répète ad nauseam afin de vendre un max de cartes aux bambins du monde entier. Mais comme il faut malgré tout donner un semblant de ligne directrice à tout ça, on nous ressort le trip malédiction égyptienne pour un final aussi épique que nawesque. Parce que en fait, quand on y pense, cette pompe à fric, c’est juste des gamins qui jouent aux cartes page après page, dans le seul but de vendre plus de cartes…

 

 

 

doubt-volume-12 – Doubt

Autant l’éditeur Ki-oon nous a offert d’excellents titres ces dernières années, autant les quelques slasher adolescent auxquels ont eu droit, n’ont franchement pas brillé. Parmi eux, comment ne pas citer Doubt, croisement grossier et bâtard entre Saw et Cube…?! Les séries en trois ou quatre tomes souffre souvent du même mal, une fin expédiée et/ou bâclée et Doubt ne fait pas exception. Ultra-convenue, la fin est complètement balisée depuis le début et ça semble invraisemblable que le récit soit autant cousu de fil blanc. Le style graphique et les choix esthétiques ont beau être inspirés, notamment les masques de lapin, le titre se dirige mollement et inexorablement vers ce final tout pourri. OK, je veux bien être indulgent mais il ne faut pas non plus insulter mon intelligence.

 

yuyu-hakusho-tome-4-66121 – Yu Yu Hakusho

Yu Yu Hakusho rentre dans la catégorie «fin hors-sujet», à moins que ce ne soit dans la catégorie «foutage de gueule»… Bon, alors certes, de base, le titre ne brille pas franchement que ce soit niveau dessin ou niveau histoire mais pour le coup, la fin parvient à l’achever. Alors que l’on assiste au combat ultime, celui qui déterminera du sort de notre belle planète, l’auteur interrompt tout et nous balance une ellipse de quelques années. Maladroit, invraisemblable et parfaitement injustifié, le procédé laisse tout le monde sur le cul d’autant qu’il abouti à deux chapitres qui clôturent le titre et qui n’aboutissent nulle part. Pourquoi? Comment? Personne ne le sait mais ce qui est sûr, c’est que cette fin de Yu Yu Hakusho est certainement l’une des fins de manga les plus détestées sur la toile et à juste titre.

 

 

 

 

 

 

Le top de Pierre-Alexandre

 

5 – Hikaru Nohikaru_go_01 Go

Quelle déception mais quelle déception ! A ne rien y comprendre car Hikaru no Go avait tout pour lui! Que Hikaru perde face à La Corée, rien de bien grave mais aucune des attentes promises passés 23 tomes ne seront tenues : Aucun retour de Saï, absence du coup divin, pas de réelle confrontation déterminante entre Hikaru et Akira…  Le chemin parcouru par Hikaru et ses pairs, même si il a été passionnant, ne méritait certainement pas de se conclure sur une note aussi amère et aussi frustrante. Un beau gâchis pour un manga possédant de nombreuses qualités et qui méritait un traitement à sa juste et réelle valeur!

20thCentBoys

 

 

 

 

 

4 – 20th Century Boys

Naoki Urasawa est un formidable conteur certes, l’un des meilleurs dans le genre mais un piètre finisseur. Et 20th Century Boys ne fait pas exception à la règle. Après douze tomes absolument merveilleux, raconté de main de maître, il faut croire que l’auteur n’a pas su s’arrêter à temps en déployant une intrigue supplémentaire dont honnêtement, nous n’avions cure. En effet, l’identité d’AMI étant révélée, que pouvait raconter de plus le récit? Un nouveau segment démarre donc, dont le bénéfice du doute est largement accordé au vu de l’exercice de haute volée qui nous a été relaté durant sa première partie (Forcément, c’est Urasawa après tout).

 

Mais la suite, d’une moindre tenue et ô combien moins passionnante, ne laisse plus planer un quelconque espoir : Chaque nouveau volume plonge Urasawa à disperser son mojo scénaristique, faisant des détours incongrus et absurdes : Kenji est vivant ( ?!), il est devenu super cool depuis que la fin du monde a eu lieu (?!!) et en plus, c’est un messie musical ( ?!!!). Sans compter que l’auteur use et abuse de ficelles paresseuses (Ami-land ou la machine virtuelle super pratique pour tout expliquer), et ne manifeste véritablement pas grand intérêt à rendre l’ensemble crédible… Mais la vacuité de son histoire finit par être décidément atteinte lorsqu’on apprend l’identité d’AMI. Car si 20th Century Boys se nivelait par le bas au fur et à mesure de son apogée scénaristique, elle atteint alors les tréfonds du grand n’importe quoi dans sa conclusion et se révèle véritablement une magnifique fumisterie. Dont acte.

AMI, le pire terroriste que la terre, connu en son sein pour avoir déclenché une apocalypse totale, va perdre dès lors de sa superbe grâce au non-volontarisme de son auteur. Quand sa véritable identité est dévoilée (son nom est Katsumata), le patronyme laisse le lecteur coi car à peine évoqué durant toute l’histoire. On comprend alors qu’en définitive, tout ceci n’est qu’un prétexte pour nous emmener dans une direction pseudo-mystérieuse et ouverte qui ne mènera à rien. Un nom balancé comme une insulte au lecteur, une gifle même, à quatre misérables pages de son ultime volume, comme s’il se sentait obligé de livrer en pâture une pauvre carotte à ces lecteurs affamés. AMI, ce fameux AMI dont, comble de l’ironie, nous ne verrons en plus, jamais le visage. Jamais! C’est qu’il est toujours masqué le bougre, c’est normal, même quand il était enfant! Comme si il n’était pas possible de pas voir le visage d’un enfant sans son masque, en classe, quand il joue et ne parlonLets_be_friends.jpegs même pas des photos de classe! Sans compter qu’il n’est jamais reconnu ou aperçu par les autres personnages, qui ont une mémoire déficiente et/ou sélective le concernant.

Mais pire que le manque d’explication ou les absences de réponses, il y a, dans cette démarche, un plan proche de l’escroquerie à vous faire côtoyer durant sept (longues) années une écriture de grande qualité mais menant à une finalité confinant au néant. C’est peut être ça le pire en fin de compte. Naoki Urasawa nous mène à croire en lui avec des tours de passe-passe narratifs dont il maîtrise les moindres ficelles (AMI c’est lui en fait) mais il s’avère n’être qu’un piètre magicien de petite envergure, car même si nous avons eu une splendide promesse (L’idée de départ) et un tour malgré tout de bonne qualité (L’histoire), son prestige (La fin) a été catastrophique. De ce fait, on laisse l’imagination du lecteur terminer le travail, bien obligé de passé outre une telle bassesse intellectuelle et de pardonner (ou pas) à l’auteur pour justifier son pécunier et longuet investissement.

20th Century Boys, c’est une arnaque dramaturgique de grande ampleur, dont l’auteur de ses lignes s’est vu revendre toute sa collection après ce coup de Jarnac incroyable et le laisser encore furieusement amer malgré les années passées.

 

3 – Tokko

Torû Fujisawa est un auteur culte pour GTO et ses autres itérations. Mais quand est-il du reste de ses autres oeuvres? Car le bâs blesse quand on dresse la bibliographie du monsieur. Après nous avoir donc navré avec plusieurs de ses titres qui  furent mauvais (Moimoider), très mindexoyen (Kamen teacher) ou jamais terminés (Reverend D / Rose Hip Rose/ Rose hip rose zero), Fujisawa arrive alors avec un concept beaucoup plus violent et efficace en la personne de Tokko… Et nous pond son titre le plus misérable, littéralement mort né puisque l’histoire principale se conclue au bout de deux tomes sur trois! Mais et le troisième me direz vous? En fait, Fujisawa, sacré petit coquinou qui s’ennuie déjà, n’a rien eu de mieux comme idée que nous pondre un nouvel arc, le précédent n’étant pas même conclu! Et quel arc! Un superbe pétard mouillé fourre-tout introduisant des nouveaux personnages avec encore une fois, aucune conclusion! Deux fins ratés en seulement trois tomes, c’est du grand art! On ne s’étonne pas de voir l’auteur retourner une fois encore à GTO, c’est sûr. C’est plus simple, moins risqué et moins fatiguant que de créer des nouveaux concepts pour les laisser pourrir dans un fond de tiroir…

2 – King’s game

Ça commence par une idée moisie, un peu fourre-tout avec une classe de d’jeuns un peu neuneus qui s’amusent à un truc super drôle appelé Jeu du Roi, concept nawak et niaiseux intimant que si l’on reçoit un sms vous ordonnant une action, vous devez l’exécuter ou subir les foudres du roi en question, roi dont personne ne soupçonne évidemment l’identité. Alors ça commence par des bisous obligatoires, un peu de soumission, une obligation de coucher ensemble parce que c’est amusant tout ça et là, zou, blam : Premier refus, première mort, suivie bientôt par de nombreuses autres, toutes plus violentes, cra-cra et bien cruelles comme il se doit. Mais bon Dieu alors, qui est le roi et surtout, pourquoi est-il si méchant?

N’y allons donc pas par quatre chemins, il faut savoir que King’s Game, c’est le roller coaster de la bêtise humaine et de la narration diminuée, et cela, d’un tel « no brain » pachydermique qu’on le croirait le digne rejeton sorti de la cuisse de Uwe Boll et de Paul Anderson réunis!

Déjà, que trente-deux imbéciles s’amusent à un tel jeu sans jamais se poser des questions (ou tout du moins les bonnes), soitKings-Game-1-ki-oon. Que tous les parents et professeurs soient évincés du récit par Dieu sait quelle malédiction scénaristique improbable, passons. Que la police soit présente en tout et pour tout durant quatre pages malgré le nombre de morts qui s’entassent, oui ok, là, on a compris l’évident prétexte fallacieux que l’auteur ne voulait pas s’encombrer de trop personnages adultes qui pourraient nuire au « récit ». C’est entendu donc : King’s Game ne cherche pas être crédible dans son contexte.

Mais bon, le monde des neuneus ca va deux secondes. L’acceptation de grosses ficelles (et accessoirement, d’être pris pour des cons) va donc aller loin, très loin durant ces cinq volumes, dans un jeu de massacre aberrant et gratuit dont les décès des personnages ne seront que prétexte à nous amener l’identité du grand méchant Roi. Au programme et à vitesse grand V : Pendaison, tripes éclatées, tête qui tourne toute seule (Oui, pas besoin que le meurtrier soit là, zoup, comme ça, en pilotage automatique), Auto-guillotinage naturel (Oui oui naturel !), immolation, arrêt cardiaque, asphyxie, noyade… Bref, un splendide carrefour barbare où chaque chemin mènera à l’abattoir du méchant boucher psychopathico-pervers qu’est le Roi. Mais comment expliquer ces morts non naturels que je viens de vous citer? Sans qu’aucune fois, le roi ne se dévoile ? Ca ne peut être l’œuvre d’un humain. Ah j’en vois dans le fond qui se disent que ca pourrait être un extra-terrestre ? Ou bien un fantôme alors? Pourquoi pas? Ah, j’en ai un deuxième qui me dit que toute l’histoire n’était qu’un rêve!

Eh bien non et encore non. La triste réalité du twist final est encore un niveau au dessus.

 

Roulements de tambours… Le Roi est…

 

 

Une intelligence artificielle.

 

 

Qui se trouve dans les portables. Boum, là, comme je vous le dit.

 

 

Ah comment elle tue ? Ben, par suggestion hypnotique ma bonne dame! C’est Skynet le truc en fait. Ca explique les tripes qui sortent du bide, les décapitations et tout le toutim… C’est super logique en fait! La force de l’esprit quand on l’oblige, c’est dingue quand même! Ah et pourquoi elle tue? Hmmm… Pas bête ça? Pourquoi?… Houlà, il ne faut pas trop en demander non plus! Et ce n’est pas King’s game extreme, sa suite du même et stupide acabit, qui saura vous aider. Vous l’avez compris, King’s game n’est qu’une aberration crasse et abject, dont les neurones du lecteur sortent salies et vous implorent de ne pas continuer plus loin le massacre…

 

1 – Judge

Le scénariste crétin qui prend les gens pour des buses est de retour! Avec sa manière phagocytante de nous pondre des thrillers abscons bardé de têtes de lapins psychopathes, voilà qu’il remet le couvert en faisant EXACTEMENT la même chose. Sauf qu’entretemps, le pseudo-mangaka a découvert des reportages animaliers et a rajouté des têtes de renard, de chevaux, etc, etc le tout orchestré sur une idée de vengeance déjà piqué de sa première engeance nauséeuse qu’était Doubt, insignifiant teenage-slasher infect et suranné. Mais le bonhomme a fait pire cette fois ci, en nous pondant son nouvel étron faisandé intitulé Judge, infâme composé de nullité décérébré dans le pompage éhonté du 7even de Fincher, trouvant son apothéose nullissime dans sa conclusion tartignolesque. ujudge_ch_016_cover_001

 

Mais pour bien me faire comprendre, il est nécessaire de faire un petit résumé. Le protagoniste, au tout du début de l’histoire, menotté, enfermé dans une pièce sordide et revêtu d’une…tête de lapin (sic!), est découvert dans un état de peur, de panique totale et d’incompréhension. Il se demande alors ce qu’il fait là, il parle tout seul à plusieurs reprises, se demande ce qu’il lui arrive (toujours en parlant tout seul, c’est un point important), pour découvrir  que huit autres personnes partagent alors le même sort que lui.

Et donc, après six tomes ultra convenus où les clichés s’assemblent et se ressemblent, où l’on ne préfère pas savoir comment logistiquement tous ces enlèvements ont pu être mis en place (un peu plus de quinze après moults révélations insipides), le lecteur, simple pantin à son tour, est alors pris à parti du drame ubuesque et insensé qui s’expose alors sous ses rétines encore sanguinolentes de surprise : C’est le personnage principal le coupable! Oui, oui, le même qui se parlait à lui-même, qui se demandait ce qu’il faisait la, qui ne comprenait pas ce qu’il lui arrive alors qu’il n’y a personne pour en être témoin! En résumé, le coupable joue donc la comédie, seul, dans une pièce noire… Mais pour qui? Il n’y a personne! Absolument personne!

A moins que… A moins que l’auteur, ne sachant comment dissimuler l’identité de son coupable au lecteur, est utilisé cette roublardise pour lui faire comprendre que son héros ne peut être le responsable de tout ça et ainsi l’envoyer vers une fausse piste?

C’est malheureusement la seule explication envisageable qui est en soi un véritable tabassage à l’intellect du lecteur (qui déjà ne demandait pas grand chose en lisant Judge).  Car se servir du lecteur en tant que tel en lui mentant sciemment sans utiliser des éléments de son propre récit pour mettre en place son subterfuge, on atteint totalement le comble de la nullité narrative et absolue! Merci Mr Tonagaï pour ce beau moment de nanardise ultime! Il fallait oser, vous l’avez fait! Merci!

 

Dans quinze jours, on compensera nos méchantes exactions avec des fins de mangas qu’on adore. Stay Tuned !

 

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